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PlayStation Portable

PSP console

⏱ 7 minutes

Avec six mois de retard sur son planning et près d'un an après sa sortie japonaise, la capacité de production ne suivant pas, la PSP débarque enfin en Europe. Lassé de la qualité de fabrication souvent médiocre des produits Sony, j'ai donc sagement patienté, afin de pouvoir bénéficier d'une garantie, ainsi qu'avoir un choix de jeux nettement plus intéressant et varié qu'au lancement nippon.

Comme aux Etats-Unis, et contrairement au Japon, la PSP Européenne débarque dans un seul et unique emballage "Value Pack". Il contient toujours la console, sa batterie et son chargeur, mais aussi des écouteurs, une télécommande à la finition très plastoc, un strap en cuire blanc (les goûts et les couleurs… J'aurais préféré noir), une fourre (dont la légende urbaine veut qu'elle raye l'écran), un UMD de démos non jouables et un Memory Stick de 32 MB. Ouf ! Pleins d'accessoires offerts, mais malheureusement souvent limités, inutiles, ou d'un goût douteux. On ne crachera toutefois pas trop dessus. Sony aurait très bien pu nous vendre la console nue au même prix.

Sortie de la boîte, la console charme immédiatement. Belle en photo, sublime dans les mains, avec son plastique noir luisant qui sera un véritable cauchemar pour les allergiques aux reflets et autres marques de doigts. Mais qu'importe, Sony a effectué un travail de style tout simplement remarquable, et il faudrait être d'une grande mauvaise foi pour trouver laide la petite PlayStation de poche.

Une fois la batterie insérée sous un clapet amovible la rendant aisément remplaçable, contrairement à la DS où il faut user du tournevis, il est temps de lancer la première charge et prendre la bête en main. Si la console est large et son espace est presque intégralement dédié à la taille ahurissante de son écran (pour une console portables, entendons-nous bien), elle n'en reste pas moins agréable à utiliser. L'ergonomie rappelle fortement les pads PlayStation (logique), avec la croix séparée en quatre et les classiques quatre boutons d'actions frontaux complétés de deux sur la tranche. L'on retrouve ainsi vite ses marques. Même le bouton O, que je pensais trop au bord sur les images, se révèle agréable à utiliser. Seul petit point noir, la position du joystick analogique, ou plutôt de l'analog nub, situé droit en dessous de la croix directionnelle, endroit quelque peu inconfortable et déroutant au début. D'ailleurs, s'il remplace nettement mieux un stick analogique que l'écran tactile de la DS, il n'empêche que la sensation de jeu reste assez différente, comme si l'on glissait un jeton sur la PSP. Mais l'on s'y fait vite et sa précision reste redoutable. Les gâchettes L et R sont quant à elles très accessibles, mais semblent d'une fragilité inquiétante, surtout lorsqu'elles coincent un peu lors de certaines pressions. À manier avec délicatesse, donc.

Aux côtés des boutons d'action, l'on retrouve bien sûr un réglage du volume, un bouton Home pratique pour retourner au menu d'exploitation de la console, un pour régler la luminosité de l'écran et un autre pour régler le mixage du son lors de la lecture de MP3. Sur les côtés, un bouton-poussoir permet d'activer ou non l'interface Wi-Fi de la console, tandis que de l'autre côté un bouton similaire sert à verrouiller les touches et allumer ou éteindre la console. Il faudra faire attention, si l'on désire éteindre la console complètement, à pousser ce bouton plus de deux secondes, sans quoi elle ne fera que se mettre en veille, sans pour autant l'indiquer quelque part sur la machine. Un petit défaut certes peu gênant, mais que Sony aurait pu éviter en laissant par exemple activé pendant la veille un LED clignotant.

À l'allumage, c'est le choc. L'écran, grand, large, lumineux, impressionne et émerveille le joueur. Quelques réglages plus tard, je me lance dans l'UMD fournit avec la machine. Lors de son insertion, j'ai constaté une trappe relativement fragile, qui tranche avec l'apparente robustesse de la machine. Le système semble similaire au Mini-Disc, ce qui rassure par le fait que la technologie est éprouvée, bien que très délicate. Sur cet UMD donc, l'on retrouve quelques vidéos de jeux, quelques clips vidéos, et la bande-annonce du film Spider-Man 2. C'est cette dernière vidéo qui met une claque, en faisant une démonstration sans faille du sublime écran de la PSP. Les couleurs sont vivantes, la définition d'une finesse remarquable et la luminosité est idéale. Bref, Sony ne s'est pas moqué des consommateurs lorsqu'ils nous promettaient un écran comme on n'en aura jamais vu sur une console portable.

Malheureusement, technologie LCD oblige, il n'est pas impossible que l'on rencontre des pixels morts ou figés sur une certaine couleur. Et comme je suis sur une série noire en ce moment (GBA SP échangée à répétition, DS avec un pixel mort et un figé bleu, écran d'iMac G5 17" avec trois figés), je m'attendais presque à en avoir sur ma PSP… Et c'est effectivement le cas. Trois pixels morts (éteints donc) dans le coin inférieur droit de la console. Trois pixels qui ne se voient heureusement que lors de noirs complets à l'écran, mais dont je me serais bien passé. Et comme Sony ne semblerait pas vouloir échanger les PSP à moins de 7 pixels morts ou figés, il va falloir vivre avec. Mais c'est toujours mieux qu'un point rouge ou bleu permanent sur l'écran.

Côté technique, la console là aussi impressionne. Oubliez la 3D bancale de la DS façon PlayStation qui se prend pour une N64, et admirez plutôt des jeux dont la qualité graphique flirte fortement avec ce qui se fait sur une PS2. Oubliez par contre également les innovations, puisque la console restera très classique dans ses applications jeu, avec une line up également très proche de ce qui se fait sur PS2. Toutefois, la machine fait également office de lecteur MP3, vidéo, album photo et navigateur Internet 📶. Des petits plus intéressants, qui nécessiteront cependant l'achat d'un Memory Stick de plus grande capacité pour êtres pleinement exploités. Le son est lui aussi excellent, avec un Stéréo Surround de qualité, profitant largement du support laser. Dommage juste que l'on ne puisse pas monter un peu plus le volume maximal. Il risque d'être vite étouffé par les bruits alentour et pousse à s'isoler dans un casque. Toutefois, cet accessoire permet d'apprécier pleinement la qualité du son et donc l'un dans l'autre, il devrait vite être un accessoire lié en quasi-permanence à la PSP.

Avec une vingtaine de jeux disponibles pour le lancement, on peut dire qu'il y a du choix. Toutefois, certains genres sont beaucoup plus représentés que d'autres, en particulier les jeux de sports et de course, styles favoris d'une bonne part du public PlayStation. De même, comme dit plus haut, la line up ne fait pas trop dans l'originalité. L'on retrouve les éternels, Ridge Racer, Need for Speed, Colin McRae ou Metal Gear, accompagnés de certains revenants, comme WipeOut ou Medievil. Reste quelques jeux plus originaux, tels que Lumines ou Mercury qui ne déchaîneront sans doute pas les foules. Il y a donc du choix, même s'il faudra plutôt aimer le sport et les courses de voitures 🚙 pour ne plus savoir que prendre pour accompagner sa PSP fraîchement achetée.

On terminera sur le sujet qui fâche quelque peu, c'est-à-dire l'autonomie de la machine. Sony promet 3 à 6 heures dans la notice (jusqu'à 5h pour les UMD vidéo), ce qui n'est pas franchement énorme. Toutefois, de nouvelles batteries de plus grande capacité sont disponibles chez les tiers et il ne serait pas étonnant que Sony en propose également à terme. Il faudra juste repasser à la caisse, mais en fan de jeux vidéo 🎮, nous avons l'habitude.

Dans l'ensemble, Sony a marqué un grand coup avec sa PSP. Alors que Nintendô abusait de son monopole pour freiner l'évolution des machines portables, Sony nous fait faire un bond, en proposant la qualité de nos consoles de salon dans la poche. Certes, cela ne se fait pas sans concessions (prix de vente élevé, autonomie faible), mais le produit reste dans l'ensemble irréprochable, avec ses fonctionnalités variées. Espérons juste que le catalogue de jeu se développe bien et que mes craintes relatives à certains éléments fragiles du hardware s'avèrent infondées. En tout cas, c'est avec plaisir que j'accueille cette alternative, certes plus classique, mais tout même complètement différente et donc complémentaire, à ce que propose Nintendô. Rarement il n'aura été aussi bon de jouer sur consoles portables.

Mis à jour le 16 septembre 2015