my-darling-is-a-foreigner

My Darling is a Foreigner (film)

Darling wa Gaikokujin

A l'origine, My Darling is a Foreigner est un manga de Saori Oguri initulé Darling ha Gaikokujin, dans lequel elle raconte sa vie quotidienne avec Tony, un Américain qui s'est installé au Japon. Ce manga publié au format "livre", débuté en 2002, a connu un véritable succès et continue encore à se vendre aujourd'hui : 3 millions d'exemplaires ont déjà été écoulés. L'an dernier, une adaptation sur grand écran est sortie au cinéma.

Si l'histoire rencontre un grand succès, c'est peut-être parce que le sujet n'est pas si souvent traité, que ce soit dans les manga, dramas ou films japonais. Comme beaucoup, je m'intéressais au traitement du point de vue japonais, sur ce que pouvait être une relation internationale entre une Japonaise et un étranger (cf. mon article sur le couple occidental / japonaise).

L'angle de traitement est un peu particulier dans My Darling is a Foreigner puisque Tony est déjà presque bilingue. Il est venu au Japon car il est tombé amoureux des kanji et souhaite en apprendre toujours plus sur la langue japonaise. C'est ce qui finit par fatiguer Saori, qui doit subir toutes ses questions basées sur une réflexion gaikokujin.

Il faut savoir qu'en apprenant le japonais, on devient vite accro à son fonctionnement et toutes ses charmantes particularités. Les Japonais, eux, ayant baigné là-dedans depuis tout petits, sont pour la plupart étonnés qu'on puisse y accorder autant d'attachement. C'est en partie ce qui va poser problème dans le couple Saori-Tony.

Ça, et son boulot chronophage de mangaka, et la désapprobation de son père, et l'inadéquation de Tony à certaines tâches ménagères. Bref, une vie de couple qui dépasse finalement les problèmes interculturels. Et c'est là que se pose le problème du film. Sous couvert de traiter les problèmes d'un couple qui dépasse l'international, My Darling is a Foreigner est chiant.

Chiant comme un film interminable dans lequel elle minaude, se plaint et aucun des deux ne va chercher à comprendre la source des problèmes pour les résoudre. Ils deviennent irrémédiablement des têtes à claque et quand Mao Inoue n'en rajoute pas dans le kawaii dégoulinant, elle mime son éternelle tronche plaintive. Sa grande sœur, interprétée par Kuninaka Ryoko, a l'air bien plus crédible.

Et puis, je m'attendais à une réflexion en filigrane sur le pourquoi du clivage entre les langues, les cultures, les êtres. Au lieu de ça, on nous sert les 2 ou 3 clichés habituels en début de film (le charisma-man, le décalage de rires au cinéma), avant un passage Bisounours sur fond de balade j-pop, vers l'infernale descente aux enfers. Pour couronner le tout, les acteurs jouent foutrement mal.

Résultat : My Darling is a Foreigner n'est vraiment pas très fun, et j'irai jusqu'à vous déconseiller son visionnage à mourir d'ennui. Par rapport au drama Nihonjin no Shiranai Nihongo par exemple, il ne vaut pas une cacahuète.

Dernière mise à jour le 21 juin 2014