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Me & My Katamari

Boku no Watashi no Katamari Damashii

⏱ 3 minutes

De temps en temps, il m’arrive d’avoir un peu de mal à me lancer dans l’écriture d’un article. Et ce pour plusieurs raisons : parce qu’un produit est médiocre mais pas encore assez mauvais pour que je puisse me lâcher dessus, parce que j’ai l’impression d’écrire toujours la même chose à mesure des itérations, ou tout simplement parce que l’objet critiqué est tellement exceptionnel que j’ai peur de l’écorcher. Il existe toutefois une quatrième catégorie de titres qui m’empêchent de m’atteler à la tâche : les « jeux drogue ». C’est le cas du petit dernier de la famille Katamari Damashii, que nous allons aborder.

Le principe de Katadama, si vous n’y êtes pas familier, est relativement simple à expliquer. Le prince d’une famille royale extra-terrestre farfelue doit pousser une boule aimantée pour recueillir le plus d’objets possibles dans le but de la faire grossir. Son père, le « King of all cosmos », ayant détruit les étoiles du ciel. Vous suivez ? Accompagné par ses cousins, il doit donc récupérer le plus d’objets possibles (trombones, stylos, puis chats 🐈, vélos 🚲, hippopotames, jusqu’aux buildings et ponts) afin de reconstituer les planètes. Malgré ses cinq petits centimètres, le prince pourra pousser, de plus en plus lentement, des Katamari approchant parfois le kilomètre !

Le présumé malade derrière cette idée lumineuse, c’est TAKAHASHI Keita, récompensé en 2005 par le « Games Developper’s Choice ». Sur un concept très simple, n’utilisant aucun bouton d’action mais uniquement de déplacement, Katamari s’est déjà décliné en trois versions. L’objectif est toujours le même depuis les opus PS2, à l’exception près que le format portable a imposé quelques contraintes techniques. Ainsi, les stages sont divisés en plusieurs sous niveaux, eux-mêmes découpés en séquences par taille imposant de (courts mais présents) temps de chargement. L’on peut regretter également un faible nombre de tableaux, qui se suivent souvent dans le même ordre. Malgré cela et la grande facilité du jeu, sa durée de vie avoisine probablement la dizaine d’heures, entre tous les animaux à aider et les mini-jeux proposés.

Techniquement, le jeu est presque à la hauteur de ses grands frères PS2. L’on peut noter quelques ralentissements lorsque l’écran est vraiment chargé, mais globalement le framerate suit, compte tenu du nombre d’éléments présents. Grâce au format UMD, la bande-son n’a pas perdu de sa qualité et reprend même certains des morceaux déjà entendus. Ils sont complétés par quelques nouveaux titres tout aussi délurés, accompagnant parfaitement la loufoquerie des bruitages. Je noterai juste une petite difficulté pour lire les textes, tout en katakana ou presque, ce qui n’aide pas à une bonne lecture, d’autant que les textes se zappent relativement vite. Mais c’est bien peu de chose.

L’un dans l’autre, ce Katadama portable fait aussi bien son petit effet. Malgré des ventes en demi-teinte, le jeu possède cette dimension onirique particulière de commencer Tom Pouce pour finir Gozilla. C’est tout à fait rafraîchissant. Et surtout, il offre une intéressante vision de game design en ne se prenant pas au sérieux. C’est joliment fait, et vu la (toujours aussi grande) pauvreté du catalogue PSP, le titre mérite d’être mis en avant.

Mis à jour le 06 avril 2015