kinect

Kinect : le test

⏱ 6 minutes

Il sort officiellement aujourd'hui, mais j'ai pu mettre la main dessus dès hier après-midi. Comme d'habitude, merci aux vendeurs d'une grande chaîne de magasins de jeux vidéo 🎮 que je ne citerai pas, car les ventes avant la sortie ne sont généralement pas autorisées par les constructeurs. Quoi qu'il en soit, j'ai pu tester cette version finale et commerciale de Kinect ("la manette, c'est vous") pendant quelques heures, en solo comme à plusieurs, et je peux donc vous livrer un premier verdict.

Notez qu'au préalable, j'avais déjà pu tester Kinect à 2 reprises ces derniers mois :

  • en avril à Paris, avant l'e3 de cette année, invité par la division Presse de Xbox pour essayer une version prototype de ce qui s'appelait encore Natal ;
  • en juillet à San Diego, sur une version plus avancée (finale ? bêta ?), directement dans un Microsoft Store ouvert au public.

La sortie de ce qui n'est finalement qu'un périphérique est considérée par beaucoup comme l'arrivée sur le marché d'une nouvelle console. S'il souhaite "simplement" prolonger la durée de vie de la Xbox 360 en lui offrant une nouvelle façon de jouer, sa sortie est abordée de manière beaucoup plus forte que récemment avec le PlayStation Move. Il faut dire que si elle n'est pas exempte de défauts et d'approximations de jeunesse, l'évolution proposée par Kinect est concrète, bien au-delà d'une repompe améliorée de la Wiimote.

Pour acheter Kinect, 2 solutions :

  • vous possédez déjà une Xbox 360 (Slim ou ancienne génération, peu importe) : le pack Kinect + le jeu Kinect Adventures est à 149€ en magasin, ou 143,9€ sur Amazon ;
  • vous n'avez pas encore de Xbox 360, il y a alors 2 packs : la console 4Go + Kinect + Kinect Adventures à 299€ (285€ sur Amazon, décidément !), ou la console 250Go + Kinect + Kinect Adventures à 349€.

Au niveau des jeux disponibles à la sortie, la gamme est évidemment très casual. De mon côté, j'ai simplement acheté Dance Central. C'est un titre que j'attendais depuis longtemps et j'apprécie le travail d'Harmonix (notamment sur les Rock Band). Au-delà de ça, les autres jeux ne m'intéressent pas et je m'en contenterai donc avec Kinect Adventures, en attendant Child of Eden pour poursuivre l'expérience.

Voici quelques photos du type de jeux qui sortent en même temps que Kinect :

Au démarrage, le Kinect (motorisé) vous fait sa petite courbette à la japonaise. C'est délicieux !

La première chose que je voulais tester à travers ce Kinect, c'est son implémentation dans le système Xbox 360. Et je dois avouer une petite déception à ce niveau-là. Certes, la partie du dashboard de la console consacrée à Kinect rappelle bien Minority Report, mais cette navigation à la main est impossible dans tout le reste des menus de la console. En fait, tout le menu classique de la Xbox 360 n'est jouable qu'à la manette, et il suffit de faire coucou au périphérique pour que le menu spécial Kinect apparaisse. Vivement qu'une mise à jour permette d'étendre sa capacité.

Et je n'ose même pas aborder à nouveau l'absence de contrôle à la voix dans tous les territoires du monde hors États-Unis, Japon, Royaume-Uni et Mexique. Personnellement, toutes mes consoles sont configurées en anglais et je pense être capable de prononcer "Xbox Pause", donc pourquoi le bloquer au niveau territorial ? Bref, vivement la grosse update du printemps 🌸 qui nous le débloquera. Et je pense aux (jeunes) joueurs de Kinectimals pour qui le jeu est simplement amputé de cette fonctionnalité... c'est dommage.

Deuxième chose : Kinect prend de la place, on le sait depuis un bout de temps, mais c'est aussi valable lorsque l'on joue seul. Sérieusement, c'est incomparable avec la Wii. Il vous faut de l'espace en profondeur, en largeur et en hauteur. Sur la plupart des jeux Kinect, vous bougerez plus qu'avec la Wii. Et comme personnellement, je n'ai pas prévu de déménager mon salon à chaque partie, j'oriente le capteur Kinect d'un côté et je tourne ma télé ad'hoc (elle fait partie de ces modèles qui pivotent) pour pouvoir jouer tranquillement, là où il y a de l'espace. Du coup, je ne touche ni à ma table basse ni à mon luminaire (des éléments assez courants dans un salon, contrairement aux vidéos de promo et aux pubs Kinect) et j'économise mes genoux et ma tête par la même occasion.

Après, dans l'utilisation du produit, il faut évidemment revenir sur le lag du périphérique qui a tant fait couler d'encre. Il ne faut pas se mentir : il existe un temps de latence, variable, dans l'utilisation de Kinect. Et principalement lorsque l'avatar doit reproduire vos gestes à l'écran.

  • dans le menu Kinect, ça réagit globalement assez vite ;
  • sur Dance Central, si on est en rythme (en miroir avec ce qui se passe à l'écran), aucun souci, c'est très agréable ;
  • dans Kinect Adventures, en revanche, c'est plus marqué (parfois même un peu plus d'une demie seconde) donc un peu plus gênant.

Il faut espérer que ce soit progressivement corrigé avec la maîtrise accrue des développeurs et, pourquoi pas, des mises à jour.

A niveau de la reconnaissance, il faut avouer que ça marche plutôt bien. Certes, Kinect ne reconnaît pas les doigts indépendamment, par exemple, mais pour une technologie naissante je dois dire que l'ensemble est satisfaisant. Mais dès aujourd'hui, on s'aperçoit que ce n'est pas seulement une question hardware, mais aussi très liée au software. Comme j'en faisais déjà l'expérience en avril et en juillet, il arrive toujours que Kinect Adventures vous perde. Généralement, ce n'est pas long, mais ça reste un peu pénible. Par contre, Dance Central fait preuve d'une fiabilité assez constante (peut-être une histoire de mémoire vive, puisque ce-dernier doit juste capter vos mouvements et non les reproduire ?).

Il y a aussi 2 ou 3 petits trucs d'usage auxquels il faudra se faire. La sélection a tendance à se faire un peu rapidement et on valide parfois sans le vouloir dans les menus du Kinect et de Kinect Adventures. Dance Central, qui utilise une autre méthode de validation, n'est pas concerné par ce problème. Ce dernier, par contre, peut être sujet au "parasitage" de sélection d'un ami pour rigoler. Cette reconnaissance multiple est pratique pour rejoindre quelqu'un qui est déjà dans une partie, parfois un peu moins... La reconnaissance a encore une marge de progression, mais elle reste très satisfaisante pour un début. Et le micro, qui atténue les bruits extérieurs, fonctionne très bien : j'ai pu discuter sans problème avec l'ami Jibé alors que je me tenais à quasiment 2 mètres de Kinect.

Au final, je suis plutôt positif sur Kinect, c'est très rapidement intéressant à pratiquer, passé le petit kiff sci-fi de départ. Tout le monde a envie d'essayer, et ça augure de belles choses pour la suite si c'est exploité correctement. En revanche, on sait déjà que le périphérique n'est pas adapté aux longues sessions de jeu (fatigue physique inévitable) donc l'orientation casual de la gamme Kinect est, en ce sens, très intéressante.

Pour ma part, je vais approfondir mes pas sur Dance Central pour vous fournir un test rapidement !

Allez, et on n'oubliera pas de se moquer de tous ceux qui parlent de prise en main pour Kinect ! Et ça marche encore mieux avec "hands-on" !

Mis à jour le 16 septembre 2015