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Manger des sushis pendant la grossesse : le point

Femme enceinte, allaitement et poisson cru (maki / chirashi / sashimi)

La question du sushi 🍣 soulève régulièrement des débats autour de l'alimentation de la femme enceinte. Ils sont en effet le cristalliseur des interrogations autour de la capacité ou non d'ingérer notamment du poisson cru pendant la grossesse et l'allaitement.

Nous recevons des demandes récurrentes d'information et d'avis sur cette problématique. Cet article va donc tenter de comprendre si manger des sushis (nigiri, maki, chirashi ou sashimi) reste une possibilité alors qu'on attend un enfant ou qu'on le nourrit avec son lait maternel, et dans quelle mesure cela peut être sécurisé.

Positions officielles et contre-indications

En France, l'INPES (Institut National de Prévention et d'Éducation pour la Santé) recommande d'éviter les sushis pour se prémunir contre la listériose. Même conseil au Québec et aux États-Unis.

En revanche, le Royaume-Uni ne partage pas cette précaution et indique :

Il est généralement sûr de manger des sushi et d'autres plats à base de poisson cru pendant la grossesse.

La raison de cette affirmation est à chercher du côté des normes sanitaires strictes en Angleterre : tout poisson cru servi doit avoir été congelé au préalable. Cependant, il ne faut pas s'arrêter à cette première phrase car les spécificités précisées sont nombreuses : limites de quantités sur le thon et les poissons gras, évitement des crustacés et fruits de mer crus même congelés au préalable, etc.

Il arrive que des médecins de toutes nationalités, voire des associations montent au créneau pour remettre également en cause les contre-indications liées au poisson cru. Selon eux la congélation, de même que le fumage ou le saumurage, tueraient les bactéries et parasites dangereux pour la femme enceinte et le fœtus. Cela vaudrait bien sûr uniquement pour les établissements à l'hygiène irréprochable. Quoi qu'il en soit, le corps médical international n'a pas d'avis ferme et tranché sur la question.

À noter, d'ailleurs, que les Japonaises ne se posent pas spécialement la question et continuent de manger des sushi pendant toute leur grossesse.

Solutions pour contourner les risques

Pour les femmes enceintes qui ne souhaitent pas prendre de risque avec le poisson cru, il existe des solutions alternatives. Pour chaque sorte, j'ai noté l'écriture et la prononciation en japonais, si besoin dans le cadre d'un séjour sur place.

D'abord, on l'oublie parfois mais les sushis végétariens existent :

  • avocat (アボカド avocado) ou concombre (河童 kappa) en particulier dans les makis, mais les légumes doivent être bien lavés avant ;
  • omelette (卵 tamago) notamment en nigiri-zushi.

Ensuite, certains sushis sont faits avec des produits cuits, bouillis ou grillés. C'est le cas de l'anguille (鰻 unagi), mais aussi de la crevette (えび ébi) généralement. On peut y ajouter également le crabe (蟹 kani), la noix de Saint-Jacques (帆立 hotaté) ou encore le saumon (焼きサーモンyaki-sâmon). De même, préparés à la maison, ils n'ont de plus de limite que votre créativité. N'en déplaise aux puristes, certaines créations peuvent faire tampon pendant neuf mois, à base de carottes, fromage et autres joyeusetés.

Pour celles d'entre vous qui, malgré tout, ne peuvent pas se passer de poisson cru dans leurs sushis, la démarche la moins risquée pour ne pas se faire développer la listeria me semble être la suivante :

  1. Se rendre chez un poissonnier réputé pour y acheter du poisson frais. Évitez le lundi car il n'y a généralement pas de pêche le dimanche. Demandez un morceau de la chambre froide et non un de ceux présents sur les étals. Bien sûr, choisissez un poisson sauvage et non d'élevage.
  2. Pour ne pas briser la chaîne du froid, l'idéal est de placer le poisson frais dans un sac isotherme avec des pains de glace. Rentrez sans perdre de temps.
  3. Placer le poisson au congélateur pour arrêter le développement des bactéries : on conseille généralement -35°C pendant 15 heures, ou -20°C pendant 48 heures minimum.
  4. Quelques heures avant le repas prévu, le faire décongeler au frigo (et non à l'air libre).
  5. Procéder à la découpe et à la préparation juste avant la dégustation.

Par acquis de conscience, il nous faut noter que la congélation n'anéantirait pas la listeria mais permettrait de diminuer significativement le risque de contamination. Bien entendu, la femme enceinte est celle qui prend ou non la décision et endosse ainsi la responsabilité dans le cas, hélas, d'une complication future. Il convient donc de respecter son choix, quel qu'il soit.

Pour préparer ses propres sushi à la maison, nous conseillons de passer par Kioko, supermarché japonais en ligne de qualité.

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Par Kanpai Publié en Mai 2014 - mis à jour en juillet 2019