Social-gaming au Japon

L'essor du jeu vidéo social

Les amateurs historiques de jeux vidéo connaissent sûrement les particularités du sol nippon. Au-delà d’être un important pays de production et de consommation sur le marché vidéoludique mondial, les comportements des joueurs présentent souvent des spécificités bien différents de ce que l’on connaît en Occident (Europe et Etats-Unis).

Ainsi le jeu vidéo mobile explose depuis déjà de nombreuses années ; au détriment des consoles qui doivent se réinventer et des jeux sur ordinateur qui sont régulièrement « oubliés » des éditeurs car trop peu utilisés pour être rentables au développement.

La dernière tendance dans ce domaine rejoint l’addiction des Japonais pour une certaine réalité virtuelle ; sans doute plus plaisante et excitante que le quotidien urbain d’un salary men. L’on parle bien évidemment ici du social-gaming au Japon. Étroitement lié aux smartphones, il détone ces dernières années. En effet, les firmes japonaises ont réussi un tour de maître encore envié par leurs concurrents étrangers : combiner réseau social, jeux en ligne, monde virtuel et e-commerce sur une seule et unique plateforme mobile.

Parmi les leaders du social-gaming sur mobile, on peut citer en premier Dena et son réseau Mobage puis Gree, GungHo, Konami ou encore Klab. L’aspect communautaire joue un rôle primordial dans le succès de ces environnements. La stratégie reste simple, il s’agit d’attirer un grand nombre d’inscrits grâce à une accessibilité performante, pour ensuite leur proposer un ensemble de divertissements d’abord gratuits puis payants ; sur le modèle classique du F2P -free-to-play. Ensuite, le chiffre d’affaires augmente en fonction de la bonne popularité des jeux proposés. Les joueurs les plus actifs peuvent dépenser jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de yens par mois. Une mesure nationale a d’ailleurs été prise pour les mineurs qui ne peuvent plus dépasser un certain plafond.

Au niveau des genres, on retrouve communément des jeux d’action (guerre et sport) mais aussi de nombreux RPG dérivés des animés japonais au design des personnages très reconnaissables. Des grands noms de l’animation possèdent leur(s) version(s) mobile(s), par exemple Dragon Ball, Final Fantasy et One Piece. Des jeux plus simples pour passer le temps dans les transports ont aussi le vent en poupe ; on retient forcément l’énorme succès de Puzzle and Dragons en 2015.

Malgré une croissance honorable sur le plan national, le jeu vidéo social japonais a bien du mal à s’exporter et cela pour plusieurs raisons. La barrière de langue représente un enjeu de taille et il faut ainsi trouver les fonds et le temps nécessaires pour traduire en bonne qualité les contenus ; au minimum en anglais. D’autre part, les usages en Occident diffèrent et l’accessibilité mobile n’est pas encore au niveau du Japon qui a déjà adopté le réseau 5G. Ainsi, les joueurs en ligne privilégient encore leur ordinateur Windows ou Mac dont les performances restent plus appropriées.

Ainsi pour ceux qui sont intéressés par la culture populaire nippone et qui souhaitent rejoindre une communauté plus large anglophone mais aussi francophone, il existe des plateformes spécialisées comme Nutaku, qui mettent en ligne des jeux vidéo animés pour tous les âges et tous les genres.

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