Shadow Complex

Pour moi, Shadow Complex est un peu sorti de nulle part. Le jeu a fait les gros titres de l’actu ces derniers jours puisque sa mise en ligne correspond aux derniers jours du « Summer of Arcade » qui a vu défiler de grosses sorties sur Xbox Live. Globalement, je ne suis pas (encore ?) très axé dématérialisation : je trouve que les titres manquent de visibilité et je suis toujours attaché au physique du jeu, sa boîte, le disque, etc. Les constructeurs veulent tellement profiter de cette manne à fort retour sur investissement qu’ils peinent à différencier remakes ou rééditions des vrais titres originaux.

Shadow Complex, lui, est de ces jeux qui auraient pu sortir en boîte à bas prix. Pas plein pot car sa durée de vie ne justifie pas (plus) qu’on le range à côté de cadors, mais il est clairement inconcevable de le traiter de « petit jeu » juste parce qu’il s’échange contre des MS Points. Sa réputation le rapproche d’Epic Games (les Gears of War) mais il est en fait développé par Chair, récemment rachetés et à l’origine du peu connu Undertow. Sorti sur XLA également, il marque une filiation presque plus forte avec Shadow Complex que peut l’avoir GoW (à part les niveaux de difficulté en clin d’œil). Il suffit de voir les phases sous-marines pour s’en apercevoir.

Bref, SC prend les traits d’un jeu d’action / aventure / plate-forme, inspiré d’une nouvelle de cet homophobe notoire qu’est Orson Scott Card. Heureusement le scénario, d’une banalité absolue, a peu de poids dans le jeu et l’histoire est à peine installée dans de rares séquences cinématiques. Ce qui est plus notable, c’est la représentation du jeu en 2,5D : le monde en 3D tourne sous Unreal Engine 3, mais l’avatar se déplace en 2D seulement. Les ennemis, eux, peuvent interagir sur un axe Z et l’avatar sait les viser automatiquement.

On notera surtout le talent avec lequel sont réutilisés les mécanismes du retro-gaming, et en particulier ceux des bien-aimés (Super) Metroid. Sous certains aspects, Shadow Complex est presque une skin des aventures de Samus : fonctionnement par salles, mélange d’action et de plate-forme, utilisation de la carte, nouvelles compétences qui impliquent de revisiter des lieux et trouver des items cachés... On pensera également aux Castlevania comme Symphony of the Night. Le schéma est éculé, mais Chair l’a tellement bien dépoussiéré que le plaisir de jeu explose. C’est bien simple : à chaque partie, j’ai eu du mal à m’arrêter de jouer. Du coup, j’ai terminé le jeu en à peine 3 sessions.

Certes, on pourra lui reprocher ses environnements répétitifs, sa durée de vie finalement limitée (même à 100%), sa palette de couleurs qui peine à sortir du gris et surtout, pour les vieux joueurs, sa réutilisation presque éhontée de certains schémas de jeu. On préférera parler d’hommage, ici à ses ancêtres « MetroidVania », là au héros d’Uncharted, ailleurs à l’exosquelette de Metal Gear Solid. Je soulèverai aussi la bande-son, dont on ne parle pas suffisamment : celle-ci est très discrète mais les rares thèmes porteurs sont d’excellente composition et contribuent à l’investissement dans le jeu.

Chacun voit midi à sa porte, mais bouder son plaisir de jeu serait dommage face à une telle réussite. En plus d’être un excellent titre en tant que tel, Shadow Complex donne tout simplement de très belles lettres au jeu vidéo dématérialisé.

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