Le Drôle de Noël de Scrooge

A Christmas Carol (Dickens - Disney)

Début décembre. Pile le moment où notre petit cœur de pierre rabougri par le temps maussade aime à se faire cajoler par un conte de Noël. Comme tout le monde, je faiblis face à ce genre de sirènes. Mon corps est amour, l’espace de quelques semaines enneigées (ok, en ce moment, il pleut, les gens font la gueule et je viens de payer ma taxe d’habitation, mais faites un effort). D’ailleurs, l'un de mes Disney préférés reste, depuis bientôt 20 ans, le méconnu Prince et le Pauvre.

Le Drôle de Noël de Scrooge s’inscrit dans cette tradition, puisqu’il s’agit d’une énième réédition du Christmas Carol de Charles Dickens, écrit au XIXè. Même Buena Vista l'a déjà exploité à plusieurs reprises, avec Le Noël de Mickey en 1983 et le fameux Noël chez les Muppets de 1992. Pour cette version, Disney sort l'artillerie lourde avec Robert Zemeckis aux commandes, le réalisateur de Retour vers le Futur, Roger Rabbit, Forrest Gump... même si, certes, il s'est fait plus discret depuis les années 2000. Le casting « performance capture » (comprenez « motion & face ») n'est pas en reste : Jim Carrey, Gary Oldman, Colin Firth ou encore Bob Hoskins (monsieur Mario en live)...

Et en point d'orgue évidemment : la 3D et ses grosses lunettes qu’on vous facture 3€ de plus au moment de passer à la caisse. Tant mieux, ça évitera de craquer pour du pop-corn ; les repas de ces prochaines semaines apporteront suffisamment de graisse pour qu’on n’en rajoute pas dès maintenant sur nos périphériques.

De toute façon, Scrooge va vous couper l’appétit, car ce film est une belle arnaque. Une pure démo technologique, animée sur 3 décors et 4 effets spéciaux, qui se chatouille l'asticot sur sa capture de mouvements et ses rendus techniques. Chaque séquence est tirée en longueur pour rendre le film absolument interminable. C'est ce qui se passe lorsque l'on part d'un matériau prévu pour un court, voire un moyen métrage au mieux. En plus de ça, l'adaptation scénaristique se base sur une morale écrasante et lourdingue d’un autre âge, tellement altruiste et eucharistique qu'elle en devient niaise et prosélytique. à gerber... Il faut vraiment être mordu de technique pour apprécier sur la longueur la répétitivité des jeux de perspectives et de points de fuite, les déformations répétées (la 3D dicte son champ) ou les explosions de lumière. Du beau travail qui servirait à vendre un moteur, peut-être, mais certainement pas à divertir des spectateurs. N'allez encore moins servir ça à des enfants.

Vous savez ce qu'est ce Drôle de Noël de Scrooge ? Un prétexte de producteur pour vendre de la 3D plein pot au détriment du divertissement. Sur son passage, le « film » en profite pour pourrir un conte de Noël. Et ça, ce n'est ni classe ni chrétien, même (surtout) pour le grand Walt.

En bonus, le patronyme du film qui a le moins bien supporté les outrages du temps : Mr Cratshit. On a été plusieurs pendant la projection à entendre « crack-shit » et ainsi ne pas passer le test de pureté... Rires inévitables dans la salle de cinéma. C’est déjà ça de gagné.

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Commentaires

Kita59
08 Décembre 2009
13:05

La bande annonce est excellente, je voulais aller le voir. Tu ma refroidis, en plus comme c'est un film 3D c'est plus cher.

Stephen
08 Décembre 2009
13:59

un manga-animé, ça ?
Cible plus tes articles, ou renomme tes catégories, je pense que ce serait djà ça de fait...

Mais en ce qui concerne l'article, c'est vrai que t'as raison, il est inter-minable (et l'orthographe en deux mots de cet adjectif est voulu)

08 Décembre 2009
17:52

Ça reste un animé, même si effectivement pas de culture japonaise. Je m'autorise quelques écarts vers l'animation occidentale de temps en temps ;-)

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