Castlevania Lords of Shadow (test)

Castlevania en 3D... Depuis la N64, chaque génération a eu droit à son essai, pas toujours franchement réalisé. Avec KCEK aux commandes, les deux titres N64 avaient vraiment peiné à convaincre. Puis la Dreamcast a eu droit à un Cancelvania avant qu’IGA se charge de deux épisodes PS2, pas totalement mauvais (je les ai même plutôt appréciés), mais clairement destiné à une niche de joueurs particulière. Alors évidemment, quand Konami annonce en 2009 qu’ils collent cette prestigieuse licence sur un jeu développé en Espagne par un obscur développeur au passé peu glorieux, il y a de quoi avoir des sueurs froides. D’autant qu’un an plus tôt, IGA nous teasait un nouveau Castlevania avec Alucard destiné à la 360 et la PS3, qui ne verra très probablement jamais le jour.

Mais au fil des previews et autres interviews, la confiance est revenue. Le jeu semblait à la hauteur techniquement et avec Castlevania IV en canevas, l’équipe de Mercurysteam avait de bonnes références pour amorcer le développement. Et puis à titre personnel, même si sais que j’aurais sans doute préféré l’approche japonaise, je ne pouvais que concéder le fait que cette série, qui tourne un peu en rond depuis Symphony of the Night, se devait d’avoir droit à un nouveau départ, pour séduire de nouveaux joueurs.

Qu’en est-il donc après avoir écumé ce Lords of Shadow ? Et bien si l’on fait abstraction de tout le passé de la franchise et que l’on prend ça comme un nouveau départ, clairement Mercurysteam a fait du bon boulot. Si au contraire on cherche un Castlevania à l’ancienne, ou un IGAvania en 3D, là, non, il y aura de quoi être déçu. Car ce Lords of Shadow tient plus, dans son gameplay, du God of the Uncharted Colossus Inferno Gaiden que de Castlevania. Un gros mixage / clonage pas toujours très inspiré, mais en substance très efficace et généreux, avec une bonne vingtaine d’heures de jeu et une réalisation tenant facilement dans le haut du panier des productions multi-support. Très jouable et muni d’une belle présentation, le jeu s’avère efficace manette en main, avec une bonne alternance d’environ 50% de combats, 30% de plate-forme, 20% d’énigmes. L’ambiance y est bonne, bien que différente de ce que l’on attend d’un Castlevania. Différente, mais en même temps familière, avec un bestiaire contenant quelques classiques, de nombreuses références ou clins d’œil et malgré l’aspect reboot, quelques liens scénaristiques évidents. Dommage juste que le dernier tiers du jeu soit un peu en deçà, le boss de fin assez insipide et que l’ambiance sonore soit aussi discrète et souvent recyclée. Avec l’absence complète de notes d’orgues dans les compositions, il y a de quoi hurler au scandale pour les fans.

Est-ce que j’ai passé du bon temps sur ce Castlevania ? Oui, assurément. Le temps entre l’annonce du titre et sa sortie m’ont bien permis d’intégrer le fait que ce jeu allait être différent et l’infâme Castlevania Judgment sorti entre deux m’a sans doute aidé à accepter de manière plus ouverte ce Castlevania espagnol. Et pour séduire un nouveau public, amener de nouvelles personnes à la franchise, je pense que Mercurysteam a fait un bon travail. Reste que le jeu n’est peut-être pas assez original pour se démarquer de la masse et que le joueur moyen aura de la peine à se laisser tenter face aux autres gros titres de cette fin d’année. Dommage pour lui, car il faut avouer que non seulement le jeu est agréable à voir et à joueur, mais en plus, il offre une durée de vie anormalement élevée pour un titre du genre, ce qui est rare, mais très appréciable. Pour le fan de Castlevania, c’est plus délicat, surtout quand on doit affronter la fin du jeu, qui à n’en pas douter fera polémique longtemps. Quoiqu’il arrive, il lui reste un bon jeu, mais peut-être le jeu qu’il attendait. Un peu comme attendre un RPG quand on achète FFXIII... Peut-être que le choix du beat them all d’inspiration God of War n’était pas le meilleur point de départ. D’ailleurs, les déclarations sur l’utilisation de Castlevania IV comme épisode de référence m’échappent encore aujourd’hui. Il aurait sans doute mieux valu partir de la plate-forme 3D et ensuite trouver un système de combat et une structure de jeu qui fonctionne avec. En tout cas, c’est comme ça que j’aborderais la chose, si les clés de la franchise m’étaient données.

Malgré tout, j’ai envie de dire que ce premier essai de Mercurysteam est réussi, pour ne pas dire très réussi et va au-delà de mes attentes. Tout n’y est pas parfait, avec pour commencer un framerate plutôt poussif (dans les 24-25fps en moyenne), ou quelques défauts de réglage dans le système de combat (des ennemis peuvent vous toucher sans vous toucher...) et une fois encore l’ambiance sonore vraiment faible pour un Castlevania. Des défauts plus ou moins négligeables selon les personnes, mais en ce qui me concerne, ne m’ont pas perturbé plus que ça dans le feu de l’action. Je vais même placer toute ma confiance en Mercurysteam pour gommer ces quelques défauts dans un deuxième volet, déjà plus ou moins prévu. Reste juste à voir où (ou plutôt quand) ils vont le placer dans leur nouvelle chronologie...

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