Twitter, chouchou des Japonais

Face à Facebook / Mixi

Twitter ne perce pas auprès du grand public, c'est un fait. Si l'écrasante majorité de notre entourage possède généralement un compte Facebook, son alter-ego aux 140 caractères semble définitivement réservé aux mentalités "web 2", aux (plus ou moins) leaders d'opinions, aux communicants de marque ou aux veilleurs concurrentiels.

C'est un fait, oui, sauf au Japon.

Le journaliste @Akky Akimoto nous apprend en effet que le Japon serait le second pays le plus utilisateur de Twitter dans le monde. Et ce, à la lumière de quelques chiffres :

  • 20% des Japonais utilisent Twitter (contre 8% aux États-Unis), soit 25 millions d'utilisateurs dans chacun de ces deux pays
  • 14% de tous les tweets mondiaux sont écrits en japonais
  • au nouvel-an 2011, le Japon envoyait près de 7.000 tweets à la seconde, soit le record de l'époque
  • la croissance de Twitter est telle au Japon que le service accueille désormais plus de visiteurs que le réseau social historique, Mixi

Des chiffres qui donnent le tournis, et qui expliquent pourquoi le japonais fut la première langue dans laquelle ses menus ont été traduits. A l'origine, dès 2007, Twitter a séduit les Japonais pour deux raisons. D'abord, sa conception ergonomique fait en sorte qu'avant même sa traduction, Twitter pouvait donner l'illusion d'être un site japonais. Si l'on ne suivait que des comptes locaux, la page était intégralement en japonais, à l'exception de textes comme "login" et "submit". Un autre point important également est la limite de caractères. 140 signes, pour des langues à alphabet c'est peu, mais pour le système d'écriture japonais, c'est beaucoup plus en volume !

Et puis il y a ce design minimaliste, nerf de la guerre dans la conception de site pour les Japonais. Séduisant pour les utilisateurs nippons, il a empêché la concurrence locale de s'engouffrer dans la brèche avec succès. Et assuré une confortable avance à Twitter en tant que concept original, là où d'autres réussites américaines ont trop tardé à se localiser (eBay, Google ou, encore une fois, Facebook).

Pas étonnant dans ces conditions, que lors des événements du 11 mars et dans les jours suivants, Twitter ait joué un rôle aussi déterminant. Alors que les réseaux téléphoniques étaient saturés et inutilisables, la 3G a tenu le coup et énormément de Japonais ont pu donner des nouvelles, se contacter, aider à retrouver des personnes grâce à Twitter. De même, le robot @earthquake_jp (qui prévient des séismes en temps réel) n'a jamais gagné autant de "followers" que depuis cet événement.

Alors que Facebook gagnait du terrain au Japon, poussé par la sortie de The Social Network au cinéma, seuls 2% de la population l'utilisaient et Twitter a pu accélérer l'écart. Dès le 11 mars, les médias japonais eux-mêmes ont encouragé la population à utiliser les réseaux sociaux (notamment Twitter) lorsque les autres moyens de communication étaient coupés. On a vu alors, encouragés par le gouvernement, des comptes s'ouvrir pour le Bureau du Premier Ministre, les Forces d'Auto-Défense ou encore l'opérateur TEPCO. (-via-)

Quant à nous, vous pouvez nous retrouver sur @KanpaiFR.

-- Note de février 2016 : Twitter annonce que sa plateforme accueille 35 millions d'utilisateurs actifs mensuels, contre 25 millions pour Facebook (mondialement, les chiffres sont respectivement de 320 millions et 1,59 milliard).

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