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Valkyrie Profile Lenneth

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Trop absorbé par Xenogears et autres grands RPG de l’époque, j'avais fait l'impasse sur Valkyrie Profile sur PlayStation. Non pas qu'il fût moins bon, tant les critiques de l'époque furent élogieuses à son égard, mais il ne m'est finalement jamais resté entre les mains. Son portage a été l'occasion de me plonger enfin dedans, autant que de nourrir une PSP chaque jour plus jalouse de ma DS. Lenneth est bien entendu le même jeu que sa version PlayStation, à ceci près qu'il se joue en format 16/9 pour coller à l'écran de la PSP. Quelques séquences en images de synthèse ont été ajoutées pour la cause et surtout pour montrer, à mon avis, que la PSP *elle est quand même trop forte en lecture vidéo et les gens sont vraiment tous des cons à ne pas acheter nos UMD*. Bref, nous sommes bien là face à un titre étendard de la génération RPG PS : en 2D, empli de mythologies et aux belles compositions de SAKURABA.

Globalement, le jeu participe de cette volonté de l'époque de "casser" doucement les codes traditionnels du genre RPG. En l'occurrence, VP ajoute une très légère touche de T-RPG et, surtout, des séquences de puzzle et plate-forme relativement nombreuses. Hormis ces passages, tout reste très traditionnel, entre la carte du monde, les donjons et les protagonistes. Ceux-ci bénéficient toutefois d'un traitement un peu particulier. En effet, le joueur dirige une base de surhumains, intégrant à tour de rôle des humains pour les purger. Une partie de l'équipe change donc à chaque nouvelle « mission ». Curieusement, cela n'entrave pas l'empathie au cours du jeu, probablement grâce au charisme fort de Lenneth.

Le titre est à première vue très abordable. Les couleurs pètent et le design des personnages ravit, malgré une pixellisation de rigueur lors des zooms trop importants. La plupart des décors restent superbes, malgré des teintes de gris trop prononcées qui rendent le jeu parfois un peu tristounet. Mais globalement, il y a un très bon travail artistique sur le jeu. Si les musiques sont très agréables pour la plupart, le doublage américain fait un peu pitié : lent et mal joué, il n'a pas grand chose pour lui. Entre chaque ligne parlée passent de lourdes secondes, appuyées par l'immobilité de l'ensemble lors des scènes de dialogue. Les jeunes joueurs seront peut-être déroutés par le charme beaucoup plus discret de ce Valkyrie face aux récents mastodontes.

Très vite pourtant, quelques défauts se font sentir. Déjà, pour un portage (encore un sur PSP…), le titre s’avère particulièrement flou. De plus, il est bourré de petits temps de chargement : entre les écrans, passe encore, mais c’est vite pénible pour accéder au menu. Plus gênant encore : les américains de chez Gamepro parlent de « steep learning curve » (« courbe d’apprentissage raide », voyez-vous) et force est de constater qu’ils ont parfaitement raison. Valkyrie Profile Lenneth risque de dérouter voire dégoûter un bon nombre de joueurs pas rompus aux codes du RPG dans son ensemble, ou frileux des sorties de sentiers battus. Donc, oui, compte tenu de sa qualité intrinsèque, VPL est à acheter sur PSP, mais clairement pas par tous !

Mis à jour le 16 septembre 2015