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Space Channel 5 : Ulala's Cosmic Attack

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Il faut bien l'admettre, avoir Ulala partout sur soi, au creux de sa main, est une idée plus que séduisante. Mais un jeu qui a pour piliers principaux son, image et ambiance peut-il vraiment survivre aux sacrifices qu'imposent une conversion sur un hardware aussi limité que la GBA ? Sega et THQ n'ont pas trop dû se soucier de ceci et c'est tête baissée qu'ils ont foncé et nous ont proposé cette version portable de Space Channel 5.

Malgré le sous-titre "Ulala's Cosmic Attack", ne vous attendez pas à quelque chose de neuf. Cette mouture GBA reprend en tout point le premier opus Dreamcast. En version bien sûr ultra allégée. Oubliez les cinématiques et remplacez-les par des séquences de narrations alternant images fixes et quelques animations de bas étage. Les voix digitalisées ne sont présentes que lorsqu'il s'agit de donner les directions ou indications de tire. On notera de plus que certaines voix ont bizarrement changées depuis la version DC. En dehors de ça, des textes viennent combler l'absence de dialogues parlés. Visuellement, c'est carrément désastreux. Une Ulala en 2D pixelisée déambule de manière saccadée, avec ses animations en 2 étapes, sur de simples images fixes de basse qualité. Enfin, je ne m'étendrai pas trop sur le massacre musical qu'a subi l'excellente bande son d'origine pour s'adapter aux contraintes techniques de la petite portable de Nintendô. Heureusement, le gameplay, lui est intact. On répète toujours et encore les chorégraphies dictées par les Morolians, avec la croix et deux boutons. Au moins une chose qui n'a pas bougée.

Mais sans sa musique, son charme visuel, son ambiance si attachante et les déhanchements sexy 🔞 de notre reporter adorée, on se retrouve devant un jeu trop fade et pénible à jouer. On peut dès lors s'interroger sur la raison d'être d'une telle conversion, sachant que le jeu n'aurait quoiqu'il arrive plus la même essence sur un support aussi limité. Pourquoi s'être entêté à vouloir convertir trait pour trait un jeu Dreamcast sur une GBA, qui n'a même pas le dixième de la puissance de feue la dernière console de Sega ? N'aurait-il pas été plus judicieux de reprendre personnages et univers, et créer un jeu original pensé du début à la fin pour la GBA ? Enfin, plutôt que prendre des risques, Sega et THQ ont préféré jouer la sécurité et l'argent facile, quitte à décevoir les fans. Une bien triste décision, qui se ressent tout à fait cette médiocre adaptation. On se consolera comme d'habitude en regardant les faibles ventes de ce jeu, même si cela n'arrange pas le sort de notre pauvre Ulala, qui a déjà plus que ses deux "platform shoes" dans la tombe.

Mis à jour le 28 août 2015