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Revendre sa collection de jeux vidéo

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Au début des années 2000, je tenais encore un beau tableur dans lequel je listais tous mes jeux vidéo avec une précision et une assiduité sans failles. Au bout d’un moment, j’ai arrêté de remplir ce tableur. J’en étais à plusieurs centaines d’occurrences. Plusieurs centaines de putain de boîtes physiques de jeux, auxquels j’avais joué pour la plupart, ou au moins essayé. Il y avait dans cette démarche de collection la récupération des jeux de mon enfance, le stockage des titres auxquels je jouais à des moments T, et la constitution d’un ensemble de bons softs sur toutes les consoles. Je dirais que j’ai eu jusqu’à environ 600 jeux et près de 50 consoles de toutes nationalités. Je n’ose même pas quantifier les accessoires.

J’obtenais ces produits en achetant les nouveaux titres au fur et à mesure de leurs sorties, en magasin ou sur Internet. Pour le retro-gaming, j’arpentais occasionnellement les brocantes, je commandais sur Ebay et autres sites d’occase, j’en rapportais de voyages au Japon, j’achetais dans les Easy Cash Converters et autres… Une accumulation en fait. Une véritable accumulation imbécile et irréfléchie qui visait le sempiternel « qui a la plus grosse ? ». De collection, en l’occurrence. Même après avoir arrêté de lister, j’ai continué à amasser des jeux pendant quelque temps.

Petit à petit, il y a eu une perte d’intérêt pour l’objet physique, pour le matériel. Oh, rassurez-vous, je ne suis jamais tombé dans l’émulation. Ce détachement progressif du matériel ne m’est pas spécifique au JV. C’est juste qu’un jour, on se retourne dans une pièce, entouré de boîte de jeux qui hurlent des titres dans toutes les langues pour finalement se demander à quoi tout cela sert... Puis se dire qu’on n’y rejouera jamais. Et que, si tel était le cas, un petit tour sur Ebay et quelques jours d’attente suffiraient à combler une envie ponctuelle. Alors à quoi bon ?

L’objectif, le correctif, l’issue sont alors devenus limpides : il me fallait faire transformer cette collection, de quantitative à qualitative. 120 jeux Master System, pour quel intérêt ? Autant en garder seulement quelques-uns, ceux qui avaient bercé ma jeunesse. Et tous ces accessoires… Je me suis même aperçu qu’entre les étagères, les placards, les différents endroits d’où débordait ma collection, j’avais 4 NES européennes (sans compter la Famicom japonaise), 11 manettes et 3 zappers pour cette même console. En fait j’achetais sans même me souvenir que je possédais déjà l’objet. Comble du collectionneur idiot que j’étais.

Je ne vais pas vous faire un descriptif détaillé d’où et comment écouler sa collection. C’est assez facile si l’on se bouge un minimum. En se débrouillant bien, on peut même faire une plus-value intéressante sur les ventes, pour peu qu’on ne se soit pas fait arnaquer aux moments des achats. Visez donc 2xMoinsCher / PriceMinister pour les pièces, eBay / LeBonCoin pour les lots. Aujourd’hui, toute ma collection tient dans une simple étagère Billy. Ok, peut-être pas les consoles qu’il me reste. Mais un coup d’œil suffit pour balayer ma collection et, si elle ne parle certainement pas à tous les joueurs, je m’y retrouve pleinement dedans. Car elle accueille les titres qui m’ont vu évoluer avec le jeu vidéo 🎮. Ceux auxquels j’accorde une importance sentimentale et pas toujours ludique. Quelques Game & Watch de mon enfance. Une partie Fumito Ueda avec de belles pièces tirées de ses créations. Les Mario et Zelda qui m’ont le plus marqué, quelques Xeno également. Une grille Dreamcast qui doit compter le plus de jeux (quelques petites dizaines tout au plus). Je n’ai pas de pièce dont je me vante. Juste des titres qui me comblent. Et pas de jeu que je n’aie pas fait.

Il y a clairement eu un moment où je me suis senti aspiré par la collectionnite. Il fallait accumuler des titres à outrance, trouver des pièces rares au prix le plus intéressant. Mais cela reniait de plus en plus l’idée du jeu, du plaisir simple de rejouer à des vieux titres ou d’en découvrir de nouveaux. Le ludisme disparaissait derrière l’entassement. Et finalement, j’en suis venu à plaindre ceux qui, pire encore que ce que j’étais, collectionnent les produits sous blister, ou encore tous les Final Fantasy (réédités 10 fois chacun), ou encore des gars comme Bababaloo qui, s’il fait rêver quelques minutes à la lecture de son blog, m’inspire parfois le trop-plein d’accumulation, vers une perte de l’appréciation. Attention, je ne nie pas le plaisir qu’on puisse y prendre mais… que faire si sa belle collection, dans laquelle on a investi autant d’argent et de temps, part dans un incendie ou un vol ? Et donc, la collection ne prend-elle pas, irrémédiablement, le pas sur l’idée pure de jeu vidéo ?

Je ne suis pas un putain de musée du jeu vidéo. Juste un type dont l’un des loisirs (en déclin depuis plusieurs années) est le vidéoludisme. Aujourd’hui, ce ne sont plus des bibliothèques, mais simplement des étagères qui accueillent mes boîtes de jeux. Un relatif qui me comble tellement plus qu’à l’acmé de mes heures de collectionneur...

Mis à jour le 01 octobre 2017