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Rare, boulet pour Nintendo ?

Rareware et la qualité des jeux

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Les rumeurs se font de plus en plus nombreuses et également crédible ces derniers temps. Rare, talentueux développeur Anglais, quitterait le rang des "second party" exclusifs à Nintendô pour passer au statut de "third party" développant sur toutes les plates-formes du marché. Je ne reviendrai pas plus en détail sur toutes ces rumeurs, étant donné que de nombreux sites les ont toutes recensées et ne passerai pas non plus mon temps à me lamenter ou me réjouir de ce changement de situation. Non, ce qui me préoccupe le plus en ce moment est de savoir si Rare, sans le soutient de Nintendô, pourra continuer à maintenir la très haute qualité de leurs titres, et ce, à tous les niveaux. Car si Rare est reconnu pour son savoir faire irréprochable (il faut dire qu'ils ont été formés à "l'école Nintendô", gage de qualité), ce studio est également connu pour les nombreux retards dans le développement de leurs jeux. Or, si avec Nintendô et leur éternel soucis de perfectionnisme, ils pouvaient se permettre d'accuser certains (gros) retards, qu'en sera-t-il une fois indépendants ? Quelques mois, voire années de développement supplémentaires engendre des coûts phénoménaux. Que pourra faire Rare pour à la fois rentabiliser ses coûts et proposer des jeux à la finition poussée à l'extrême ? Pire encore, à moins qu'ils publient leurs jeux eux-mêmes, ils devront avoir recours à un éditeur, qui lui, visant principalement le profit, ne tolérera pas non plus des retards aussi immenses que ceux connus lors des développements de titres comme Perfect Dark, Banjo-Tooie, ou Starfox Adventure. Bien sûr, vous me direz que la N64 était une machine extrêmement complexe et que les machines nouvelle génération offrent un développement plus aisé. Mais tout de même ! Le développement d'un jeu PS2 n'est pas réputé pour être un jeu d'enfant, et à côté de cela, pourquoi un titre comme Starfox Adventure, prévu sur un hardware aussi simple d'accès que la NGC est sans cesse repoussé, et accuse un retard de près d'une année sur le planning d'origine ? Rare a toujours été un développeur soucieux du moindre détail, et c'est sûrement ceci qui a rendu leurs productions si proches de la perfection. Cependant, il n'est pas sûr que la même importance soit accordée à ce point dans les années à venir, afin de rentabiliser au mieux le studio. De plus, avec une politique multi-supports, aucun jeu ne sera réellement optimisé pour son hardware. Alors, Starfox Adventure dernier "vrai" jeu de Rareware ?

Une chose qui n'est également pas claire dans cette éventuelle "séparation", ce sont les raisons qui pousseraient les deux parties à rompre. Pour l'instant, de nombreuses rumeurs courent, allant de la classique échéance de contrat d'exclusivité qui ne sera pas reconduit, à des affirmations de membres de Rare estimant que la NGC sera la dernière machine de Nintendô. Bref, on voit un peu de tout, pourtant, l'histoire de l'échéance du contrat me paraît des plus crédible. Maintenant, il est tout de même surprenant de constater que ni Nintendô, ni Rare ne souhaiteraient reconduire le contrat. Encore plus surprenant, Nintendô, qui pourrait racheter l'entreprise entièrement sans problème, ne tente aucune action. A croire que c'est presque Nintendô qui ne veut plus de Rare, plutôt que l'inverse. Et en y réfléchissant bien, cette idée ne semble pas aussi farfelue qu'elle n'y paraît. Pour Nintendô, Rare est un développeur qui a été formé afin de créer des jeux susceptibles d'arriver à un niveau de qualité au moins égal aux productions internes. Cependant, si le résultat est bien là, Rare peine à le fournir dans les délais. Bien sûr Nintendô est aussi champion du retard (quoique la tendance s'est extrêmement estompée depuis quelques temps), mais force est de constater qu'une majeure partie des derniers titres de Rare sur N64 sont sortis avec parfois plus d'un an de retard. Et aujourd'hui, on constate que le scénario se répète avec Starfox Adventure sur NGC. Les coûts, engendrés par ses nombreux retards, ainsi que le manque à gagner, en terme de vente de machines sur certaines périodes de l'année dues à l'absence de leurs titres font que, pour Nintendô, la situation est plus que problématique. Et en plus des augmentations des coûts de développement, il ne faut pas oublier qu'une équipe qui passe trop de temps à peaufiner le jeu est aussi une équipe qui ne peut bosser sur un autre projet simultanément, d'où une baisse de l'offre et forcément, de mauvaises répercussions sur l'image et les ventes de Nintendô. Enfin, il ne faut pas oublier que Rare a été formé par Nintendô. Leur savoir, Nintendô le détient aussi. Une séparation n'aurait donc pas de fortes répercussions négatives sur le futur catalogue de jeu sur consoles Nintendô. Ce que Rare faisait pour Nintendô, Nintendô peut le refaire en interne. Et dans certains cas, surtout quand on repense au très décevant Donkey Kong 64, ce n'est vraiment pas plus mal… En bref, Rare est un développeur qui vend certes très bien, mais qui coûte aussi cher à Nintendô. Ainsi, je ne serais pas étonné de les voir laisser Rare se débrouiller seul, préférant se concentrer sur la bonne formation de leurs petits nouveaux, en particulier Retro Studio, qui vient d'ailleurs d'être racheté à 100% par Nintendô. Y aurait-il une ambition d'en faire le futur Rare ?

Mis à jour le 17 avril 2015