PS4 : digne héritière de la PlayStation 2

Quand je regarde ma PS4, que je constate les conditions du lancement, avec pénurie et « débordements » relatifs, ainsi que le line-up peu engageant, je ne peux m’empêcher de penser à une autre console de Sony : la PS2. Les lignes de la machine, le choix des plastiques, la finition, le léger bruit de soufflerie, le line-up first party pauvre, la demande affolante, tout me ramène en 2000. Si le choix de titres n’est pas enthousiasmant, il ne m’a pourtant suffi que de quelques secondes avec la bête pour switcher sur un optimisme que je n’avais pas ressenti depuis fort longtemps. Alors que les premiers instants avec la Wii U suffisaient à faire pester contre les lenteurs d’un système malheureusement archaïque, sur PS4, tout se passe de manière fluide et rapide. La configuration du système ne prend pas trop de temps, la mise à jour vers le système 1.51 non plus. Pareil pour les installations obligatoires qui se font au fil du jeu, de manière quasi-imperceptible. D’une manière générale, les menus sont fluides, épurés et clairement centrés autour du jeu. C’est un choix assumé de Sony. La PS4 est une console de jeu plus un léger media center, contrairement la Xbox One qui est un media center plus une (« légère » diront certains) console de jeux. Les ambitions de domination du salon lancées sur PS3 n’ont pas survécues à ses débuts tourmentés et c’est un produit somme toute plus rationnel et pensé pour les joueurs.

Je faisais partie de ces amateurs de la X-Media Bar de Sony, un menu véloce et intuitif. Donc honnêtement, les premières images de tuiles m’ont plutôt faites froid dans le dos, surtout après la Xbox 360 dont l’expérience utilisateur n’a cessé de s’alourdir et se désolidariser du jeu au gré des mises à jour. Toutefois, ce nouveau menu PS4 fait finalement plus office de synthèse entre XMB et Dashboard 360, où tout est rapide d’accès et organisé comme il faut. A voir maintenant comment cela évoluera avec le temps. Pour l’instant, on sent que cette interface utilisateur a été pensée pour faciliter la vie du joueur et c’est tout ce que je demandais. Certains trouveront ça très léger face aux ambitions gigantesques affichées par Microsoft dans ce domaine, mais pour un utilisateur qui utilise sa console pour jouer et fait confiance à des appareils hautement plus adaptés pour le reste, l’expérience utilisateur PS4 est totalement concluante. Mention spécial au switch quasi-instantané entre le jeu et le menu via la touche PlayStation de l’excellent DualShock 4. Même si les apparences ne le montrent pas réellement, la manette a connu un changement d’ergonomie en profondeur et se fond cette fois parfaitement dans la main, avec des sticks plus précis, moins mous, des gâchettes ergonomiques et des revêtements plus doux et agréables au toucher. Une fois encore, du changement pour le confort du joueur. Dommage que l’autonomie ne soit pas vraiment au rendez-vous. Une longue après-midi de jeu suffira à vider votre manette.

Cette philosophie de console de jeu puissante et abordable peut être en inadéquation avec les exigences actuelles du marché, où l’on préférera des appareils plus onéreux, « luxueux », où le jeu est noyé parmi une masse d’autres services. Smartphones, tablettes, PC de salon ou futures Steam Machines, il existe d’autres manières de consommer du jeu vidéo aujourd’hui, toutes à la fois pertinentes et futiles, toutes prêtes à freiner la croissance du modèle traditionnel. Et c’est pour ça que la PS4, telle qu’elle a été pensée, me séduit. Une forme de retour aux sources, où le jeu vidéo est central, avec des options de partages modernes permettant de faire connaître le jeu vidéo à son entourage. Je ne doute toutefois pas qu’une fois le marché des joueurs passionnés conquis, Sony reprendra une optique plus multimédia avec sa machine, mais en attendant, elle a été pensée pour nous. C’est désuet et sans doute voué à l’échec à long terme, mais ma foi, je profite tant qu’il y en a encore.

Ne lui manque peut-être que les jeux. Killzone n’est pas le triple A annoncé et Knack, bien que sympathique pour un public de niche, n’a pas les épaules assez solides. Elle propose toutefois les meilleures versions consoles (j’insiste sur le mot « consoles », des fois que PCistes passeraient par là) des blockbusters des éditeurs tiers, ce qui est, soyons francs, déjà une belle performance. Et avec son démarrage canon, il ne fait aucun doute que, sauf achat d’exclusivités par la concurrence, elle fera tourner toutes les plus grosses productions des éditeurs tiers de ces prochaines années. Contrairement à son aînée, la PS3, et son architecture Cell ésotérique, ses composants standards et son avantage technique sur la Xbox One devraient sans trop de difficulté lui assurer des portages au pire identiques avec la concurrence.

Dans les points noirs (ou plutôt moins séduisants) du hardware, je note le démarrage arrêt de la machine quand même un peu long, même en veille. En parlant de la veille, la ligne illuminée de la machine passe en orange dans ce mode. Un orange très inesthétique, qui incite presque à ne pas activer la veille tant le résultat est laid sur la machine. Le bleu du boot ou le blanc du fonctionnement normal ressortent tellement mieux. Le choix des plastiques est également discutable. Ils sont plus légers que ceux précédemment utilisés dans la PS3 du lancement, plus proches, une fois encore, de ceux de la PS2, ce qui donne à l’ensemble, malgré un design très efficace, un sentiment de produit de grande consommation, nettement moins luxueux que les premières PS3. Le bruit du lecteur blu-ray, assez rauque à l’insertion / éjection d’un disque n’est pas des plus rassurants également. On entend un peu le déplacement de la lentille en fonctionnement, mais ce n’est pas non plus éminemment dérangeant. Enfin, on regrettera toujours le fait d’entendre un petit peu le ventilateur, même si dans mes conditions de jeu, il n’est pas suffisamment présent pour occasionner une gène. A titre de comparaison, je placerais à ce niveau-là la PS4 entre la Wii U et ma PS3 de lancement, mais plus proche de la Wii U que de la PS3. En tout cas, nous sommes à des années lumières du bruit de turbo jet des premières Xbox 360. Le prix à payer pour un design compact, avec alimentation intégrée.

Quelle que soit la génération, prendre une console au lancement est un risque. C’est faire confiance à la promesse de jeux futurs, dont on n’a pas encore vu la couleur. C’est peut-être aussi croire pouvoir faire des jeux que nous ne ferons au final jamais. Souvenez-vous de Final Fantasy Versus XIII ou The Last Guardian sur PS3. S’ils arriveront sur PS4, j’en connais plus d’un qui aura acheté sa PS3 pour faire ces jeux et finalement avoir à repasser à la caisse pour la génération suivante. Ce risque, j’ai décidé de l’assumer du côté PlayStation. Le prix, la disponibilité (je suis en Suisse, donc pas de Xbox One officiellement avant l’an prochaine, ça aide), la fiche technique plus attrayante et le potentiel de Sony en tant qu’éditeur ont suffi à me convaincre de sauter le pas. Et puis j’avais faim. 8 ans de Xbox 360, presque 7 de PS3, c’est beaucoup trop. Alors la seule promesse de faire les blockbusters de fin d’année dans leur meilleure version console m’a suffi à me convaincre. Et peu importe les arguments rationnels qui vont à l’encontre d’un changement de machine en période de lancement. On a du neuf et ça fait du bien. Que l’on investisse dans la Xbox One ou la PS4, ces deux machines sont clairement pleines de promesses. Après, je ne cache pas que le 29 novembre, j’aurai passé plus de temps sur Super Mario 3D World sur Wii U que sur ma PS4 flambant neuve. Mais ça, c’est une autre histoire.

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