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Nobody Knows

Film Dare mo Shiranai (Kore Eda Hirokazu)

Après plusieurs films très appréciés de la critique, KORE-EDA Hirokazu réitère l’expérience de Distance en s’inspirant d’un célèbre fait-divers national. En l’occurrence, il s’agit de l’ « affaire des quatre enfants abandonnés de Nishi-Sugamo » qui avait remué le Japon en 1988. Il modifie et romance le drame vers l’abandon progressif de quatre gamins par une mère-enfant qui compte autant de pères qu’elle a pondu de marmots. Basant son récit sur l’enfermement de la fratrie, il confie vouloir éviter l’ « enfer de l’extérieur » au profit de la « richesse de l’intérieur ».

Et il parvient plutôt correctement à ces fins avouées, sur la base d’un découpage en saisons qui rythme la descente aux enfers des protagonistes : de l’automne 🍁 vers l’été, les déchets remplacent les billets, les cheveux poussent, les peaux se noircissent. KORE-EDA emprunte ce qu’il peut à TAKAHATA et son Hotaru no Haka, la délicatesse des sentiments comme l’horreur de la pente glissante n’atteignent pas la justesse du traitement connu en animé. Reste qu’il s’appuie à outrance, pour le meilleur, sur son jeune héros YAGIRA « Prix d’interprétation au dernier festival de Cannes » Yûya.

Malheureusement, Nobody Knows (Dare mo Shiranai) s’entiche d’une méthode de montage peu orthodoxe, qui conduit à un étirement en longueur des scènes de la vie quotidienne. Il se fourvoie par là même dans ces descriptions lancinantes et redondantes, quitte à ériger en valeur fondamentale cette absence d’explications qui fait l’attrait et le charme de la première moitié du film (personne ne sait…), jugeant à demi raison que le regard bouleversant de ses jeunes acteurs suffirait à en colmater les points noirs. Peine un poil perdue : l’on manque de s’ennuyer devant l’absence d’intrigue et l’empathie mal conduite, malgré une interprétation fabuleuse, un cadre exceptionnel et un filmage divin.

Par Kanpai Publié en avril 2005 - mis à jour en juin 2014