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Dead or Alive 4

On les attendait pour le lancement, et pourtant les belles de Dead or Alive se seront faites désirer quelques petites semaines de plus. Retard sans doute lié au fignolage de certains détails, on connaît la Team Ninja pour son sens du perfectionnisme, bien que la version américaine débarquât quand même avec un petit bug qui ne fait "qu'effacer" vos sauvegardes si vous êtes imprudents. Plus beau, plus fort, plus rapide, plus brutal, Dead or Alive 4 est un jeu en "plus". Sans vraiment révolutionner son monde par rapport à Dead or Alive 3, il prend l'existant, l'améliore et enrobe le tout dans un très joli emballage. Bref, tout ce que l'on est en droit d'attendre au minimum d'une suite.

Comme toujours dans les "jeux de combats +1", le casting s'élargit. La famille Dead or Alive accueille ainsi avec le sourire, mais surtout les poings, Kokoro, Eliot, La Mariposa et Spartan-458. Si Kokoro et Eliot apportent un peu de jeunesse à l'ensemble, La Mariposa (dont les joueurs de Dead or Alive Extreme Beach Volleyball reconnaîtront vite la véritable identité) reste à mon goût le nouveau personnage le plus intéressant. Adepte de Lucha Libre, elle est rapide et assez imprévisible, montrant ainsi le potentiel de devenir une combattante redoutable. Quant au Spartan, ou Nicole, car tel est son petit prénom, je le qualifierai juste de bonus un peu malvenu, au même titre qu'un Heihachi dans SoulCalibur II. Certes, toute la stratégie de Microsoft semble tourner autour de Halo, mais j'aurais bien aimé que cet univers ne vienne pas polluer Dead or Alive, d'autant que le personnage s'intègre vraiment mal au style graphique du jeu.

Visuellement, la claque est là. La Team Ninja aime émerveiller les joueurs, et c'est une fois encore le cas. Je ne sais pas à quoi il ressemble en basse définition, mais en haute définition, le jeu se montre juste magnifique. Peut-être pas d'un pur point de vue technique, car on dénombre certains défauts. Par exemple, les mouvements des cheveux ou des vêtements sont toujours autant primaires que dans le troisième volet. Ils bougent de manière peu naturelle et glissent au travers du modèle 3D du personnage. Un détail que l'on aimerait bien voir un jour corrigé, surtout sur des machines de la puissance d'une Xbox 360. De même, les répercussions des éclairages sur les personnages sont assez basiques, tout comme les ombres. Des détails, certes, mais qui sont révélateurs de la précipitation avec laquelle le développement a été effectué. Les modèles 3D des personnages ne semblent pas non plus avoir énormément évolué depuis Dead or Alive Ultimate. Ou du moins, s'ils ont évolué, la différence est minime, tant ils étaient déjà excellents sur Xbox. Malgré tout ceci, le résultat à l'écran reste impressionnant, car grâce à ses couleurs chatoyantes, ses environnements détaillés et interactifs, ses animations ultra-fluides et surtout son level et character design efficace, Dead or Alive 4 dispose d'un charme rarement égalé dans un jeu de combat. Donc si d'un point de vue purement technique, on lui trouvera facilement des défauts, l'ensemble n'en reste pas moins exceptionnel d'un point de vue esthétique.

Côté gameplay, pas de grosse révolution non plus, juste quelques évolutions. Le jeu est ainsi plus rapide, et le timing des contres semble avoir été raccourci. Quelques coups spéciaux ont été changés, mais rien de bien dépaysant. On se satisfera donc à découvrir le même Dead or Alive avec de nouveaux décors, de nouveaux persos, de nouvelles histoires, le tout en mieux. Le mode scénario commence d'ailleurs à gentiment se montrer intéressant, puisque certaines histoires s'étoffent de plus en plus. Chaque scénario est clos par une cinématique, parfois en rapport, parfois en décalage total avec l'histoire du jeu. Mention spéciale à la cinématique finale tout simplement exceptionnelle. Les modes de jeux sont toujours identiques à Dead or Alive Ultimate, avec des versus, time attack, online et autres survival. Un jeu donc toujours aussi complet. Le niveau de difficulté a été revu à la hausse. Aucune difficulté inférieure à normal, et un normal qui ressemble plus à du difficile dans Ultimate. Les habitués apprécieront, les novices un peu moins.

Que dire de plus sur ce Dead or Alive si ce n'est que c'est un réel enchantement. On aura beau lui trouver des défauts techniques et un manque d'innovation, difficile de résister dès que le tout s'anime. Et bien que seul sur le créneau du jeu de combat sur Xbox 360, cela ne veut pas dire qu'il est excellent justement car il n'y a pas de concurrent sérieux. Malgré le sectarisme du milieu des adorateurs de la baston, Dead or Alive reste une référence, au même titre qu'un Virtua Fighter (plus technique) ou qu'un Tekken (plus… euh… Tekken). Et couplé à la puissance de la Xbox 360 (sans doute pas poussée à fond toutefois), il est bien la killer-app que tout le monde attendait.

Frustration dûe à la difficulté

Ajouté par Gael le 05.02.2006

Comme je le disais dans mon article sur Tekken 5, je suis mauvais à la plupart des jeux de baston. Lorsque certains passaient des heures et des heures à peaufiner leurs techniques sur les premiers KOF, je visais les 100% aux Super Donkey Kong. Ce qui ne m’empêchait pas de tâter de la Neo-Geo de temps en temps chez les copains mais, le fait est, je n’ai jamais été élevé aux heures d’entraînement sur aucun jeu de combat. C’est pourquoi, la plupart du temps, je règle les options sur « Easy » et je m’amuse tranquillement sur les titres du genre qui me passent entre les mains.

Je n’oserai pas revisiter la très juste critique de Dead or Alive 4 par Julien, à laquelle j’ai bien peu de choses à ajouter. Toutefois, la frustration que m’ont occasionnée certaines parties m’a motivé à poster un petit quelque chose sur la difficulté du jeu. Car DOA4 est clairement plus dur, voire plus pénible, que ses prédécesseurs. Tout d’abord, j’ai été relativement surpris du fait que l’on ne puisse pas choisir un mode de difficulté au-dessous de « Normal ». D’autant que la technique de l’ordinateur a été rehaussée dans ce mode. Du coup, bien qu’il y ait seulement huit combats d’affilée en « Story » (l'équivalent du mode « Arcade »), arrivé au sixième ou au septième la partie devient souvent à casse-c… Et difficile de balancer contre le mur une manette à 45€.

La plus grosse prise de nerf du mode « Story » réside tout de même dans son dernier combat (pour la plupart des personnages) : le clone de Kasumi, la détestable Alpha-152. Une saloperie ambulante qui a la fâcheuse tendance à s’évaporer lorsqu’on lui porte un coup pour réapparaître derrière vous et se lâcher. D’autant que certaines de ses prises descendent plus de la moitié de votre barre de vie et que, bien entendu, vos coups sont moins puissants contre elle. La Kasumi bleu transparent a également cette affreuse manie de vous enchaîner douze à treize coups d’affilée, sans vous laisser retomber, pour vous terminer contre un mur explosif. J'ai parfois dû recommencer le combat jusqu'à vingt fois d'affilée. Infernal.

Bien entendu, je ne suis pas contre de la difficulté dans les jeux, souvent au contraire même. J’ai le plus grand respect vis-à-vis des chevronnés qui se sont entraînés dur et qui possèdent une grande maîtrise des techniques de combat virtuel. MAIS… en « Hard », bon sang ! Ou alors en « Normal », mais on laisse un mode « Easy » pour ceux qui, comme moi, sont mauvais. Car personnellement, je m’amuse beaucoup sur les premiers rounds du mode « Story », ou à plusieurs. Mais pour le reste (la Kasumi clonée, la recherche des costumes cachés, etc.), je passe plus de temps à m’énerver contre le jeu qu’à en profiter. Pas étonnant qu’un patch soit déjà prévu pour rééquilibrer la balance entre les personnages.

Et l'on en arrive donc aux craintes qui nous animent depuis que les machines s’exportent en ligne : ces fameux patches. Je fais peut-être du mauvais esprit, mais j’ai l’impression que la Team Ninja a passé plus de temps à peaufiner les petites culottes (cf. photo ci-dessus) et tout ce qui va avec, ou encore à survoler le développement des séquences inutiles et souvent ridicules en image de synthèse, plutôt qu’à régler ce genre de détails concernant la difficulté de leur titre. Le résultat est plutôt grotesque : on lutte pour se frayer une place dans le classement mondial, alors que toutes les premières places sont prises en otage par les plus otaku des Japonais qui n’ont même pas acheté 100.000 copies du jeu. Décourageant…

S’il y en a que ça amuse de passer des heures à se faire latter, alors que le titre d’ITAGAKI ne donne même pas les médailles d’argent et de bronze lorsque l’on obtient l’or (peut-on faire plus ironique ?), tout ça pour obtenir des costumes à la con ou le Tengû de DOA2, tant mieux pour eux. Pour ma part, je retourne au mode multijoueurs.

Dernière mise à jour le 22 septembre 2015