Bokuha02

Boku wa Imouto ni Koi wo Suru : Kono Koi wa Himitsu

Secret Sweethearts animé OAV

Takako a quinze ans. Tous les jours, elle prend la ligne de métro 🚇 Yamanote pour se rendre à son lycée, pas très loin de la Omotesandô-dori. Elle n’est pas franchement belle, mais de toute façon, ses parents lui mettraient la raclée de sa vie si elle se déguisait en gyaru peroxydée, avec du blanc tout autour des yeux et des lèvres, et des talons de 34 centimètres. Et en même temps, elle n’a pas non plus franchement envie de ressembler à Willy WONKA sur l’affiche de Charlie & The Chocolate Factory. Alors, pour faire jouer un semblant de rebelle attitude, elle écoute en cachette les albums de l’oto-rhino-nihiliste Ayumi.

Takako est secrètement amoureuse de Yasumasa, un senpai capitaine de l’équipe de baseball du lycée. Yasumasa n’a pas inventé le fil à couper le beurre, mais il est musclé et, contrairement à beaucoup de ses camarades, il a trois poils au menton. Mais Takako n’est jamais allé lui parler, elle est trop timide pour ça, et quelque part elle sait qu’elle se prendrait une veste. D’autant que la bande de pouffes de sa classe collent à Yasumasa comme des mouches à la merde, beuglant à tout va des « kawaiiiiii!!!! » et autres « usoooooo!!!!!! ». Il paraît même que Yasumasa a une petite amie, koibito qui n’a de koi (amour) que le nom, puisqu’elle ne lui sert plus ou moins que d’objet décoratif au karaoké du coin, et de vide-burnes au love hotel 🏩 le vendredi soir.

De toute façon, Takako commence bien à réaliser que sa vie est toute tracée. Elle va bachoter comme une asociale pour rentrer à la Tôdai, mais elle ne sera acceptée que dans une université médiocre où, comme au lycée, elle n’aura que des « amies » aussi looseuses qu’elle. Après, elle trouvera un mari obsédé et vaguement accro aux nomikai (les soirées beuveries de l’entreprise), pour qui elle fera la boniche et mettra bas à deux ou trois marmots. Elle aura tout à loisir de faire semblant d’appartenir, ensuite, à l’association des mères poules du quartier qui deviseront sur la montée de la violence au Japon à cause des étrangers.

Alors, comme pour se venger de ce destin médiocre, Takako regarde des animés débiles que le marché lui indique bien en collant dessus l’étiquette « shôjo » (filles). Cette fois, elle a déboursé 3.000Y pour une OAV de cinquante minutes sur l’inceste entre un frère et une sœur jumeaux. Elle avait bien lu le manga mais, apparemment, ça ne lui a pas suffi. Ainsi, elle rempile avec un animé plein de mecs androgynes, de fleurs, de grands yeux, et de scènes de sexe effacées.

Sauf que Takako s’est bien faite rouler. Son OAV ne vaut pas un clou, elle est chiante comme la pluie et n’a même pas de fin. En fin de compte, Boku ha Imôto ni Koi o Suru est aussi médiocre que sa vie. Mais comme la société l’empêche de réfléchir vraiment sur sa propre condition, l’OAV suffit à sa satiété romantique. Peut-être même qu’elle va se toucher en y repensant, dans son lit, avant de s’endormir en pensant encore à Yasumasa…

Màj : Consultez également l'article sur l'adaptation en film de Boku ha Imôto ni Koi o Suru.

Par Kanpai Publié en juillet 2005 - mis à jour en août 2015