Bioshock 2 : le test

Comme tout gros succès commercial, Bioshock devait avoir sa suite. Une suite ma foi bien difficile à imaginer d’un point de vue scénaristique, mais qui la rendait alléchante par le simple fait d’inviter à retourner à Rapture. Le genre de promesse qui aura suffit à un allergique au FPS comme moi de me jeter dessus et sa superbe édition spéciale. Dans le registre “je ne me moque pas de mes clients”, Take 2 a fait les choses en grand, avec une belle boîte collector offrant un vinyle de l’OST de Bioshock, un CD façon vinyle de l’OST 2, un artbook à couverture rigide de 168 pages, bien entendu le jeu et des petits posters d’apparence anodine, mais qui pourraient bien révéler quelques secrets sous certaines conditions... Voilà qui nous change des collectors offrant 2-3 DLC ou des figurines en plastoc de 3cm toutes moisies.

Côté jeu, j’aurais envie de vous dire de vous référer à ma critique de Bioshock 1. Avantage pour certains, défaut pour d’autres, Bioshock 2 est bien la suite du premier, au sens le plus stricte du terme. Ne vous attendez pas trop à de nouveaux plasmides, ou autres grosses nouveautés dans les mécaniques de jeu. Si le fait d’incarner un Big Daddy implique bien entendu de nouvelles armes et la possibilité d’interagir avec les petites sœurs, ces ajouts sont relativement légers. Visuellement aussi, le jeu garde le même moteur et montre donc, en 2010, quelques faiblesses, heureusement compensées par une direction artistique à toute épreuve. Et c’est là peut-être que Bioshock 2 fait agir son charme. Peu d’innovations, mais un univers tellement bien foutu esthétiquement, que l’on ne peut que difficilement lâcher le pad sans avoir exploré la zone suivante. Le tout avec une ambiance sonore une fois encore quasi parfaite et une narration par comptes rendus audio ou communications radio toujours très agréable. Toutefois, la progression est cette fois totalement linéaire, sans possibilité de revenir en arrière lors des changements de zones. N’oubliez donc rien avant d’en changer.

Bioshock 2 partage donc globalement les qualités (univers, bande son, narration) et défauts (linéarité, moteur graphique vieillissant, un brin répétitif) de son ainé. Pour un numéro 2, et vu la qualité du premier, on n’est pas réellement encore au stade où ces similarités peuvent engendrer une sanction sèche. Toutefois, si le plaisir d’arpenter Rapture est bien là, les nouveautés ne sont pas toujours aussi intéressantes qu’escomptées. Les passages sous-marins ne sont que de vulgaires couloirs où l’on marche au ralenti, les missions de protection de petites sœurs sont un peu répétitives et la grande sœur fait finalement surtout de la figuration. Il est toujours intéressant de voir cette dernière nous observer de l’extérieur par moment, mais malheureusement, ses interventions, réglées comme une horloge, n’auront plus de quoi surprendre dès la trois ou quatrième rencontre.

Je le disais plus haut, Bioshock 2 est ce genre de suite difficile à imaginer scénaristiquement. Et c’est peut-être là le gros point faible du jeu. Si la direction artistique est parfaite et l’univers prenant, difficile de croire à la lutte de pouvoir opposant le Dr. Lamb et Andrew Ryan, alors que l’on en avait même pas eu vent dans le premier Bioshock. Une bonne partie des éléments de l’histoire nous donne tout simplement l’impression d’être des ajouts incohérents, sans réelle crédibilité, ni portée. Un gros problème, qui malheureusement était inévitable. Car si Rapture est un univers d’une grande richesse, Bioshock se montre plus que jamais comme un jeu écrit pour être un one shot. Mais cela ne rend pas non plus le scénario inintéressant ou confus, juste qu’il n’est pas toujours très crédible.

Bioshock 2 n’offre donc pas la petite claque que m’avait procuré son grand frère, mais malgré tout un excellent moment de promenade dans Rapture. On pourra pester sur le scénario peu crédible, la réalisation visuelle vieillissante et le manque d’innovation, toujours est-il que le jeu reste ma foi très agréable à jouer. Il y a aussi un mode multijoueurs, dont je me passerai bien de parler puisque je n’y ai tout simplement pas prêté la moindre attention. Comme un bon Metroid, un Bioshock se joue plutôt seul dans son environnement hostile. Un jeu que je recommanderai donc difficilement en lieu et place de son aîné mais, amoureux de Rapture, ce jeu est quand même fait pour vous.

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