Les différentes ethnies japonaises

Bien que le Japon aime à se considérer comme sang-pur, le pays est également composé de minorités, comme beaucoup de pays modernes ou en voie de développement. Si elles contribuent à sa diversité, elle restent parfois rejetées par leur pays d'adoption. Avant de devenir la nation que l'on connaît aujourd'hui, le Japon était divisé entre plusieurs ethnies. Certaines d'entre elles ont disparu ou ont été tellement assimilées qu'on ne peut plus aujourd'hui les distinguer de la population actuelle. D'autres continuent à perdurer à notre époque, présentées en tant que groupes minoritaires par rapport au peuple majoritaire, les Yamato.

Yamato

Ils représentent la population japonaise moderne. Le terme 大和, institué au IVe siècle, a vite marqué la différence sociale et culturelle vis-à-vis des autre ethnies, qui est toujours perçue depuis l'installation du peuple Yamato au Japon. Ils seraient venus de l'est de l'Asie au cours de la préhistoire. Des débats tournent autour de l'idée que le peuple Yamato, qui forme la plus grande partie de la population japonaise aujourd'hui, vient de Chine et de Corée, les Aïnous de Russie-Sibérie-Mongolie et les Ryukyu des îles polynésiennes d'Océanie. Ce qui ne plaît pas forcément aux Japonais, envers qui il faut se montrer délicat lorsque l'on souhaite aborder le sujet.

Depuis que la culture chinoise s'est implantée au Japon, suivie de près par la culture coréenne, découle cette idée que la culture japonaise d'aujourd'hui ne soit pas uniquement originaire de l'archipel. On retrouve ainsi :

  • de fortes inspirations dans la langue japonaise (écriture chinoise, grammaire coréenne...) ;
  • la spiritualité bouddhique, complètement intégrée ;
  • ou encore le modèle dynastique.

Le terme Yamato désigne aussi bien le Japon que la langue parlée alors dans le pays ; il permet de distinguer les Japonais majoritaires des autres groupes. Installés en premier lieu dans l'actuelle Nara, les Yamato ont connu une expansion remarquable et n'ont eu de cesse de repousser les Aïnous de plus en plus au nord de l'archipel, pour les acculer jusqu'aux portes de Hokkaido où ils résident encore.

Aujourd'hui, parce que le terme Yamato possède une connotation raciale très péjorative, on préfère utiliser le fameux 和 wa auquel on accole le suffixe de population 人 jin quand on souhaite distinguer les Japonais-Japonais des Japonais-Aïnou ou Japonais-Ryukyu.

Aïnous

Les アイヌ Aïnous étaient présents sur l'archipel avant que les Yamato n'arrivent par le sud-ouest. En effet, ils sont venus par le nord de l'Asie, de Russie, Sibérie et Mongolie. Ce peuple s'installe d'abord dans presque tout le Japon actuel. Il s'appellent alors Emishi (rappelés dans Princesse Mononoké) avant que divers groupes ne se créent et ne se dispersent. Malgré l'entente qui s'était créée au premier abord, les Emishi ont été éradiqués par les Yamato car ils refusaient de plier face à l'empire qui était alors en train de se créer.

Leur origine et parenté avec d'autres peuples est difficile à définir. Ils possèdent divers marqueurs génétiques qui leur donnent une origine différente des Japonais "purs" mais possèdent un marqueur spécifique qu'on retrouve pourtant chez tout les Japonais. Les Aïnous sont forcés dans un premier temps de ne plus vivre leur culture et parler leur langue, et on voit peu à peu ce qui faisait toutes les spécificités de cette ethnie disparaître. Même si cette répression a oblitéré beaucoup des aspects culturels et sociaux de l'ethnie, et que les Aïnous aujourd'hui cachent pour beaucoup leur origine, la culture perdure et commence à être reconnue dans le Japon moderne. Principalement agriculteurs, pêcheurs ou chasseurs, ils possédaient auparavant beaucoup de rituels de passage comme on peut en voir encore en Mongolie. Ils sont aujourd'hui moins de 30.000 individus mais ils continuent à rechercher toujours plus de reconnaissance dans un Japon qui réapprend à les connaître.

Il en est de même pour un autre groupe ethnique, les Ryukyu, à l'opposé du Japon cette fois, qui possédait son propre royaume indépendant. Eux aussi, existant toujours dans les îles du sud de l'archipel, recherchent une reconnaissance et le droit de parler un dialecte japonais presque totalement oublié.

Burakumin

Il existe enfin un autre groupe culturel majeur, plus une caste qu'un véritable bloc ethnique. Il s'agit des 部落民 Burakumin, les intouchables japonais. On considère une certaine caste de la société comme intouchable quand c'est à ce groupe qu'incombent les métiers dont personne ne veut. Cela peut être en raison de critères religieux interdisant certaines pratiques, ou parce que ces métiers sont considérés comme les plus dégradants. Ici, les Burakumin étaient intouchables car leur métier consistait à travailler avec le sang, animal ou humain, ce qu'interdisait le bouddhisme dans le passé féodal japonais.

Ils étaient alors mis à l'écart par la société et ne devaient pas interagir avec le reste de la population. Ce sujet se montre tout aussi délicat à aborder avec les Japonais. Aujourd'hui encore ils sont les parias de la société (ils représenteraient les deux tiers d'une des plus grandes familles yakuza). Une loi récente a toutefois interdit la ségrégation envers cette minorité, bien qu'elle subsiste à travers des pratiques culturelles ancrées qu'il est difficile de contrer. Ainsi, à cause de ce passé, les Burakumin subissent encore aujourd'hui des discriminations, surtout basées sur des stéréotypes, et il leur est difficile de trouver un travail ou un logement hors des ghettos dans lesquels ils vivent. Même si le gouvernement tente de les aider, le mieux pour eux actuellement est de tenter de s'assimiler à la population japonaise majoritaire et d'aider à changer les mentalités de l'intérieur.

Cette diversité, parfois mal acceptée par un Japon encore un peu timide, permet de découvrir ce qui fourmille sous la surface du pays.

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Informations pratiques

Ressources

Image de une : Wikipedia japonais

Pour aller plus loin

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