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Les Noces Funèbres de Tim Burton

Corpse Bride

Il nous arrive régulièrement, à Julien comme à moi, de faire une petite entorse à notre baseline (« culture populaire japonaise ») pour traiter d’un produit qui n’a rien de bien nippon. Nous prouvons par-là même que nous ne sommes pas monomaniaques, et que le Japon n’a absolument pas le monopole en matière de qualité des jeux vidéo ou des films d’animation. C’est le cas précis de Corpse Bride qui joue, comme son mythique grand frère Nightmare Before Christmas (alias L’étrange Noël de M. Jack), dans la catégorie « stop-motion ».

Tout comme son illustre prédécesseur, Les Noces Funèbres de Tim BURTON a été réalisé d’une manière tout à fait particulière que l’on attribue également, entre autres, aux mignons Wallace & Gromit. Alors que ces derniers jouent dans la catégorie pâte à modeler, Corpse Bride met en scène de véritables figurines hautes comme trois pommes. D’où la subjugation lorsque Mike JOHNSON, le réalisateur, nous sert à plusieurs reprises des travellings et rotations impeccables, alors même que de nombreux personnages sont en mouvement. Car l’une des grandes difficultés du stop-motion est de restituer fidèlement la sensation d’écoulement du temps à travers les mouvements des figurines animées. Ce que l’équipe en charge nous prouve qu’elle maîtrise avec quelques scènes de piano fabuleusement bien senties, quoique parfois facilitées par un travelling qui court vers un contre-champ.

L’un de ces mêmes pianos porte d’ailleurs sur sa façade l’inscription « Harryhausen » en hommage à l’un des pionniers, sinon l’instigateur du stop-motion avec ses effets spéciaux dès les années trente. Corpse Bride sonne, à l’instar de Nightmare Before Christmas il y a une dizaine d’années, comme une sorte d’hymne au plaisir du travail bien fait. À ce que l’on m’a dit, pendant la projection, j’avais la tête d’un gamin de cinq ans à qui l’on passe sa fantaisie préférée. C’est ce que l’on est en droit d’attendre d’un film d’animation, et que Tim BURTON réussit encore et toujours. Ses contes fabuleux profitent de son œil qui dose toujours plus savamment des contrastes et qui semble s’amuser à vouloir révolutionner le Noir & Blanc. Certains plans sont de véritables splendeurs, des tableaux qui prennent vie grâce à ses adorables petites marionnettes.

Il y a peu de choses à rajouter si vous n’avez pas encore foncé dans la salle de cinéma la plus proche. J’ai eu la désagréable surprise de voir le film en version doublée, malgré le fait qu’il fut projeté en avant-première. Si les voix françaises et les chansons sont réussies, essayez tout de même de profiter du charisme des signatures vocales de Johnny DEPP, Helena BONHAM CARTER et Emily WATSON. Ils sont graphiquement émulés de belle manière, et leurs voix dans les bandes-annonce semblent ajouter encore plus de charme au film. Comme s’il n’était déjà pas une perle du genre... Courez-y !

Par Kanpai Publié en octobre 2005 - mis à jour en septembre 2015