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Assassin's Creed Revelations (test)

On quittait Assassin's Creed Brotherhood sur un twist final percutant dont, évidemment, je ne dévoilerai rien ici (lire la fin d'AC Brotherhood). Un an après, on retrouve donc Desmond et les assassins dans ce troisième et dernier épisode Ezio-centré, qui vient conclure le grand arc de l'Italien désormais plus âgé. Pour faire honneur au titre de ce quatrième opus des Assassin's Creed, Revelations éclaircit donc les mystères qui entourent Ezio, revient sur la fin de vie d'Altair (joué dans le premier volet) et ouvre encore l'intrigue au temps présent dans la méta-histoire. Je n'en dis pas plus concernant le scénario mais pour les intéressés ayant déjà terminé le jeu, vous pouvez lire cet article sur la fin d'Assassin's Creed Revelations pour comprendre tous les tenants et les aboutissants de cette série haletante.

Il y a donc plus que jamais, dans Revelations, deux (voire trois) histoires en une. C'est d'ailleurs tellement prégnant que même les trophées / succès d'ACR le verbalisent : il y a les séquences d'Ezio, mais aussi celles de Desmond. Finies les courtes escapades facultatives et vides de sens ; même si elles ne sont toujours pas obligatoires, les missions parallèles de Desmond sont plus que jamais décisives pour comprendre son passé et éclaircir la fin du jeu. Je m'étonne en revanche d'un game design et surtout d'un gameplay entre Minecraft et Portal : manette en mains, c'est au moins hiératique voire parfois douteux... Ezio, quant à lui, a finalement pris énormément d'importance dans cette saga, et l'on va enfin connaître la fin de sa vie. Pendant sa quête à Constantinople, il repart sur les traces de son ancêtre Altair, du premier AC, jouable à nouveau à travers plusieurs courtes séquences passionnantes. Côté scénario dans le passé, on avance et on clôture ; dans le présent on ouvre enfin vers Assassin's Creed 3.

Pour le reste, pas de grosse surprise à l'horizon : Assassin's Creed Revelations se joue désormais à Constantinople / Istanbul, sur une surface à peu près comparable à la Rome de Brotherhood (malgré une coupure fluviale au cœur de la carte) avec une petite carte supplémentaire en bonus. La ville de Constantinople est sans doute la plus belle qu'il nous ait été donné de voir dans toute la saga : il y a encore plus de détails dans les décors, de vie dans ses rues, et le travail sur les couleurs et les effets de lumière sont saisissants. En outre, le jeu accentue encore ses effets cinématographiques et devient très pointu dans la mise en scène dans son ensemble.

Dans son gameplay, Revelations apporte son petit lot d'innovations. Le crochet facilite, renouvelle un peu et accélère l'exploration, et ajoute des animations aux combats. Le crafting de bombes varie l'expérience d'infiltration, quant aux essais de gestion stratégique, ils s'ajoutent à l'ensemble. Son mode multijoueurs touche également une assise méritée : déjà étonnamment carré pour un premier jet dans AC Brotherhood, il s'affine encore et reste un plaisir très addictif à jouer. Même les trophées / succès de Revelations se mettent à l'unison en proposant une gamme accessible et une touche de synchronisation parfaite pour saupoudrer l'expérience.

Rien de révolutionnaire en tout cas : on reste sur les bases acquises de déplacement en parkour et d'exploration libre ponctuée de missions obligatoires. Le schéma de game design s'affine avec Assassin's Creed Revelations, c'est sûr. Le jeu s'épanche moins dans des missions annexes et gère mieux le clivage entre rush scénaristique et course au 100%. D'ailleurs, il est plus court à terminer. Mais, on évite de justesse le syndrome du quatrième opus : en dépit de sa vastitude, de sa maturité et d'un étrange et très prenant caractère mélancolique qui nous étreint sur la fin, Revelations ne peut s'empêcher de laisser une vague impression de refaire la même chose qu'avant.

Ce qui me conduit à une réflexion simple : puisque Assassin's Creed 2 a eu ces deux "sous-suites", la série va avoir besoin de laisser souffler ses joueurs. Quatre épisodes en quatre ans, dont trois sortis coup sur coup, ça commence à faire costaud. J'aimerais qu'Ubisoft profite de cette grosse charnière scénaristique qu'est la fin de Revelations pour apaiser le rythme, oublier les DLC puis repartir du bon pied sur Assassin's Creed 3 dans une expérience rafraîchie sur consoles de nouvelles génération : PS4, Xbox 3, voire Wii U si l'épisode déjà annoncé n'est pas un hors-série. En l'état, Assassin's Creed Revelations est une exceptionnelle machine toujours aussi palpitante à jouer, mais il se profile probablement comme le dernier du genre à éviter le trop-plein d'exploitation.

Par Kanpai Publié en novembre 2011 - mis à jour en septembre 2015