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Battle Royale 2

Requiem Revenge

⏱ 3 minutes

La réalisation de la suite à Battle Royale s'est faite dans la douleur. Non seulement celle d'avoir dû laisser, suite au décès de FUKASAKU père, le reste de la création à FUKUSAKU fils, mais aussi la douleur d'avoir réussi à blasphémer un film intéressant en cassant toutes ses subtilités.

Dans des décors carton-pâte, aussi bien en extérieur qu'en studio, NANAHARA Shuya a bien évolué. Il est, sous la plume de scénaristes fatigués, devenu un terroriste international qui déclenche des champs électromagnétiques avec trois fois rien, et détruit inexplicablement les six plus hautes tours de Tokyo d'un claquement de doigt (dans une séquence d'ailleurs copiée-collée depuis Shinseiki Evangelion).

La problématique intéressante imposée par le "pouvez-vous tuer votre meilleur ami ?", et avec elle toutes les subtilités du premier film, s'est transformée en une propagande moralisatrice contre la guerre. Au centre de cette mise en scène invraisemblable, une brochette d'élèves trop peu charismatiques, aux personnalités bien vides, et qui ont surtout beaucoup de mal à passer après leurs homologues du premier "survival program".

Et pour cause, beaucoup trop d'éléments passent comme des déjà-vus dans ce Battle Royale II. Que ce soient le professeur sadique mais finalement humain, les décomptes écrits comme parlés, ou encore les colliers et leurs zones dangereuses. Il manque clairement la fraîcheur (si l'on peut dire !) du premier film, et surtout de l'inspiration pour cette suite qui ne fait que reprendre les bases de son grand frère en les anéantissant involontairement une à une.

Le pire, c'est que les ajouts de cet épisode n'offrent pas grand' chose d'attirant. Les séquences pompées sur le débarquement de Saving Private Ryan, et tous les assauts en général, filmés caméras au poing (jusqu'à une tâche de sang sur la caméra, en fin de film) sont globalement assez clairs, malgré quelques échanges un peu rapides et confus.

Globalement, la réalisation a gagné en rythme et en efficacité, malgré quelques ralentis assez ridicules et des incohérences. Par exemple, tous les élèves meurent en déclamant une belle tirade romantique ou valeureuse, après avoir soigneusement pris le temps de discuter en plein combat (alors que toutes les balles qui fusaient se sont miraculeusement arrêtées à ce moment-là).

Au final, les 2h15 du film passent relativement lentement. Seules les premières trente minutes de BRII, comble de l'ironie, parviendront à intéresser : elle ne sont qu'un vulgaire plagiat de sa préquelle (dans le filmage, les personnalités mises en scènes, les couleurs, etc).

Décrié, à raison, par la plupart des spectateurs l'ayant vu, Battle Royale II Requiem ne laisse comme souvenir que celui d'un film de surenchère. BR comme fer de lance du nouveau cinéma nippon aurait cent fois dû rester unique ; son titre est à présent traîné dans la boue comme les piteux élèves du deuxième volet.

Mis à jour le 28 août 2015