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Batman Arkham Asylum

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Derrière sa carrière cinématographique, média le plus exposé au grand public, les comics Batman distillent depuis plus de 70 ans les aventures de l’homme chauve-souris. Pour ma part, au-delà de la surexposition marketing liée à la mort de Heath Ledger, j’ai trouvé The Dark Knight époustouflant. Mais les fans du super héros de Gotham sont plus difficiles et il en faut beaucoup pour les contenter. Pour cet Arkham Asylum, basé sur le DC Comic éponyme, la signature de Paul Dini en tant que scénariste (il était superviseur des animés Batman dans les 90’s) est déjà un premier pas vers la victoire.

Plus spécifiquement du côté du développement, on doit le jeu à Rocksteady. Pas le copain de Bebop, en l’occurrence, mais une petite équipe anglaise à qui l’on connaissait le médiocre Urban Chaos sur la génération précédente. J’ai l’impression qu’ils sortent un peu de nulle part, en tout cas je ne les connaissais pas, mais il faut reconnaître que le travail autour de Batman Arkham Asylum est excellent, pour un rendu final très convaincant.

L’ambiance est très fidèle à l’esprit original. Le gameplay prouve sa solidité à de maintes reprises, bien qu’on puisse lui reprocher un classicisme relatif, dans le sens où on n’évite pas une certaine répétition au fil de l’aventure malgré les évolutions de l’homme chauve-souris. Et, évidemment, tout le monde notera la valise technique haut de gamme qui, certes, doit beaucoup à l’Unreal Engine 3 (imposé par Gears of War), mais pas seulement. Les éclairages sont superbes et les animations remarquables, d’accord. Mais c’est surtout cette ambiance dark très bien rendue, confirmée par des séquences cinématiques solides et un excellent doublage, qui donne au jeu une aura de classe assez probante.

En parlant de voix : dommage que Batman ne retrouve pas son organe rauque transformé du Dark Knight. Je sais, ça fait hurler les fanboys, mais moi, j’aurais pu lui jeter ma culotte sur ses pecs saillants rien que pour l’entendre ! Joker donne évidemment un festival. Son personnage est toujours aussi creusé : l’écriture et l’interprétation sont au top pour un rôle très charismatique. Mais le jeu fait également ressortir une poignée d’autres protagonistes forts peut-être moins proches du grand public, tels que Harvey Quinn, Killer Croc, The Scarecrow, Poison Ivy et beaucoup d’autres. À ce titre, les fiches à collectionner (avec parfois même des enregistrements) sont de parfaites antisèches aux amateurs les moins proches des aventures du chevalier noir. Bref, gros travail de background bien mis en valeur, beaucoup de lignes de dialogue et un doublage à la hauteur.

Je ne trouve pas beaucoup de défauts à Batman Arkham Asylum. On pourra toujours lui reprocher une éventuelle linéarité et quelques allers-retours déguisés, ou encore le risque de tout faire en mode détective et du coup de perdre le détail graphique des décors. Mais c’est plutôt un ensemble de bonnes surprises qui prédomine dans l’expérience. Des petits détails comme la patte design de l’écran de pause, ou encore la variété très appréciable des environnements, relèvent toujours plus le plaisir de jeu. Le titre est très accrocheur pendant l’aventure, et on aimera y revenir même après l’avoir terminé, grâce à une replay value intéressante qui manquait par exemple à Mirror’s Edge. Il y a beaucoup de petites choses cachées qui débloquent des challenges au nom bien mérité. Bref, encore une fois, c’est du tout bon.

Batman Arkham Asylum est une empreinte forte dans les déclinaisons de la saga du Dark Knight, qui parlera aussi bien aux fans de la série qu’aux amateurs de bon jeu vidéo 🎮. Une belle réussite indiscutable.

Mis à jour le 10 septembre 2015