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Utena La Fillette Révolutionnaire

Shôjo Kakumei Utena film : Adolescence Mokushiroku

Cela faisait un bout de temps que je voulais voir Adolescence Mokushiroku. Après avoir largement apprécié l’animé il y a déjà quelques années, je me suis donc replongé dans l’univers caractéristique de la « fillette révolutionnaire ».

L’on retrouve donc cette esthétique particulière et stylée faite de traits anguleux, de longues perspectives élancées de contrastes de couleurs exceptionnels. Plus encore que dans l’animé, chaque trame du film est un petit chef-d’œuvre graphique. Ce mélange de trait façon bande dessinée franco-belge, et de grands yeux à la japonaise, lui confère toujours autant son cachet propre et immédiatement reconnaissable. L’univers d’Utena, exagéré voire surréaliste, s’offre donc beaucoup de possibilités. S’inspirant des codes shôjo, il développe un romantisme exacerbé et traite assez directement de thèmes saphiques, sans la lourdeur habituelle des Japonais concernant le yaoi.

Il est difficile de saisir le ton et la véritable essence de la légende Utena. Le film est beaucoup plus adulte qu’il ne le laisse paraître. Il développe une réflexion éminemment intéressante, quoi qu’un brin moraliste, sur l’image de la femme dans la société nipponne contemporaine. Pour cela, le scénario use de lourdes symboliques. Parmi elles, le jeu d’ombres chinoises rythme toujours aussi bien la force du côté grave des thèmes. L’un dans l’autre, le film distille cette même atmosphère tout à fait unique. Les duels surréalistes montent rapidement en intensité grâce à une mise en scène audacieuse et un accompagnement sonore impeccable.

Dans son rapport à l’animé dont il est issu, Adolescence Mokushiroku se centre sur la relation amoureuse de Shinohara et Utena. Peut-être est-il un peu moins surréaliste, dans le sens où le scénario évince Dios et la société secrète pour tout faire tourner autour des sentiments d'Utena. Il n’en reste pas moins un ensemble sinon capital, au moins majeur dans le paysage d’animation japonaise.

Par Kanpai Publié en octobre 2005 - mis à jour en juin 2015