
Drôle de jeu pour une drôle de console… À l’heure où les chiffres de vente de la PS3 affolent –dans le mauvais sens– la fin d’année, Little Big Planet peine lui aussi à s’imposer. Pourtant, comme l’expliquait avec justesse Julien dans sa chronique de la Beta, ce « jeu » est une petite merveille de créativité. De ceux que tous félicitent pour son inventivité, son originalité… pour un point de vue sur le jeu vidéo qui le sort des standards et pousse le marché à évoluer. En cela, on rangera volontiers LBP aux côtés de REZ, Passage, Second Life ou Façade. À la croisée du jeu de plate-formes, de l’espace de partage communautaire et de l’éditeur de niveaux aux possibilités énormes, aucun doute, LittleBigPlanet expose des qualités ludiques inébranlables.
Mais aussi bon soit-il sur le papier comme manette en main, le titre peine à trouver son public. Mondialement, LBP devrait finir sa carrière en touchant le million et demi d’exemplaires vendus. Un comble face à des blockbusters comme Gears of War 2 qui frise avec le double en quelques semaines à peine, et qui multipliera encore sans doute ce chiffre. Car LittleBigPlanet était censé être l’un des temps forts de cette fin d’année sur PlayStation 3 : le fer de lance d’une console au potentiel fou, qui pouvait la faire enfin décoller. Media Molecule travaille dessus depuis de longues années et le budget com’ sur ce titre est sans doute l’un des plus importants de l’année.
Alors, la faute à qui, à quoi ? Little Big Planet est-il trop abscons, à l’heure où le jeu vidéo semble se réduire au simulacre parfois abruti d’un Wii Music… Vraisemblablement. Mais il fait partie de ces races de jeu qui ne s’apprivoisent pas en quelques minutes, et dont on ne tire la véritable essence qu’après un investissement fort. Comme une attache, un lien qui s’installe entre le joueur, sa création et la communauté qui partage ces espaces. Un peu bobo, comme Facebook, certainement. Un peu geek aussi, puisqu’il faut une bonne culture du jeu vidéo pour apprivoiser ses possibilités. Mais des récompenses énormes, pour peu qu’elles ne soient pas bridées par la modération pour le moins efficace de ce LittleBigPlanet.
Les 2 questions que je me pose encore sont : quel éditeur va réussir à s’inspirer intelligemment de LBP ? et au vu de ses ventes en demi-teinte, Little Big Planet ne sera-t-il au final qu’un one-shot culte ?














