Gears of War 2

Gears of war a, en quelque sorte, joué le rôle d’exception qui confirme la règle. Car c’est à peu près le seul jeu de guerre qui m’ait plu dans ma vie de joueur. Allergique aux FPS et autres simulations de cojones geekantes, je suis tombé on-ne-sait-comment dans cet univers stéroïdé. GoW est construit comme un blockbuster américain : son héros, Marcus Fenix, est un repris de justice à la voix grave, marqué de cicatrices et qui a oublié comment sourire. Il est accompagné de Dominic Santiago, l’hispano, mais aussi d’un black, d’un blond, d’un colonel de guerre au cigare greffé à la bouche, ou encore d’une stratège à gros seins (notez la belle palette de cibles marketing). Ces soldats ont autant de neurones que le nombre de kilos de Whey ingurgités au petit déjeuner. Du coup, ce qui passe auprès de certains comme d’une classe extrême pourra faire pitié à d’autres. Exemple typique : quand nos héros ramassent une nouvelle arme, ils ne peuvent s’empêcher de lâcher « nice » ou « sweet » dans un râle qu’ils ne jouiraient pas mieux au lit. Pour ceux qui ont vu le premier épisode des excellents Little Britain USA, on se demande si la grosse armure de nos Gears supporte ce qu'on imagine être une bonne gaule.

Bref, revenons-en à Gears of War 2. Cliff Bleszinski, game-designer du jeu, annonce depuis de longs mois que ce second opus est « more badass ». Force est de reconnaître qu’il n’avait pas tort. Son jeu est aussi épique que la boîte qui le développe, son gameplay encore mieux calibré et les enchaînements de la trame, toujours aussi fluides. Une chose est sûre, les petits gars responsables du soft sont des designers de génie dans leur genre, et ils savent toucher un public allant du néophyte au vétéran. Leur talent le plus évident est la maîtrise hallucinante qu’ils ont de leur moteur technique, l’Unreal Engine 3. Gears of War 2 est plus que magnifique : il corrige les quelques défauts du premier (le surplus de brillance, par exemple), s’avère exceptionnellement cohérent et d’une beauté de mise en scène absolument incroyable. S’il ne réinvente pas le genre, leur jeu atteint un tel niveau de qualité sur ce plan qu’il serait bien tatillon de lui chercher la petite bête.

Oh, vous me connaissez, je n’y résisterai pas et ce, malgré tout le bien que je pense du jeu. Par exemple, si les environnements sont plus vastes que dans le premier, l’exploration est toujours aussi linéaire. Et il faut noter certains ralentissements bien malheureux, notamment à plusieurs. De plus, certains passages rappellent clairement Halo 3 et malheureusement, ce ne sont pas les meilleurs… D’autre part, l’aventure connaît certaines baisses de rythme ou plutôt, certains passages trop longs et curieusement sans ennemis. Je n’en dis pas plus pour ne pas vous spoiler. Et en dépit d’un acte 5 absolument exceptionnel sur le plan graphique et de l’ambiance (j’ai rarement été autant bluffé techniquement), le dernier boss ainsi que la fin, sur laquelle nous reviendrons, sont franchement décevants. Enfin, et malgré tout, Gears of War 2 n’évite pas (ou alors de justesse) le syndrome « v1.5 ». Déjà, la campagne est courte : elle dure moins de 10 heures. Vues les annonces faites ces derniers mois, je m’attendais à une durée de vie d’environ le double. Et surtout, à part certains environnements comme le passage enneigé, les lieux parcourus et les enchaînements (dehors > dans les tunnels > dans une bâtisse > re à l’air libre) donnent parfois l’impression d’une redite du GoW original. Donc pour moi, et malgré des qualités énormes et un game-design incontestablement supérieur, Epic a déjà peur de faire évoluer sa pourtant fraîche licence. Sur cet épisode, ça passe, mais si on nous ressert la même soupe pour le troisième volet, qui fermera encore les yeux ?

Pour ce qui est de la jouabilité, on est sur de légères évolutions mais sans changement profond : le système de couverture est peut-être plus précis, mais parfois toujours aussi énervant ; les armes sont plus nombreuses, de même que les Locust, etc. Mais globalement, ne nous leurrons pas : tous les schémas sont identiques. Les Gears qui vous accompagnent sont peut-être un peu moins boulets, mais ils ont parfois des réactions étranges, et l’on pourra se retrouver à ramper pendant de longues secondes en attendant qu’un coéquipier de l’IA nous relève. Las, ces abrutis tournent autour de vous comme s’ils ne voyaient pas que vous agonisez dans une mare de sang. Les Locust eux, sont comme les impôts : ils vous retrouvent toujours, même bien caché, pour vous faire la peau. Et je ne parle même pas des bugs liés aux parties sur le Live. Notons aussi un mode multi qui est clairement au cœur du cahier des charges d’Epic. Vu le succès et l’intérêt suscité par celui de Gears of War 1, il fallait s’en douter. Certains passages de la campagne sentent carrément la carte pensée pour le Live... Il faut dire qu’à plusieurs, entre le local et le online, il va y avoir de quoi faire : campagne en coopération, Horde, les nombreux modes multi… Et je ne parle même pas des succès X360 comme faire 100.000 morts ou jouer 1.999 parties multijoueurs. Il va y avoir du boulot pour les braves !

Mais bizarrement, et malgré tout le plaisir que je prends sur GoW 2, c’est encore souvent ce sentiment de « simple » mise à niveau qui prévaut. La fin du jeu est extrêmement courte et ouvre encore plus sur une suite que ne le faisait le premier. On se retrouve sur Gears of War 3 dans 2 ans, hein…

Bon, j’ai l’air de râler un peu mais Gears of War 2 est un jeu d’une qualité exceptionnelle. C’est du fun en galette, la jouabilité est calibrée quasiment au millimètre et si vous aimez jouer en live, sa durée de vie est incalculable (sachant que beaucoup jouent encore au premier opus). C’est indiscutablement l’un des jeux de Noël et l’un des très gros titres de la Xbox 360. Dans son genre en tout cas, on peut difficilement trouver mieux.

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