Celui qui gravit le Mont Fuji une fois est un sage, celui qui le fait deux fois est un fou.
– proverbe japonais
Après Tokyo, le Mont Fuji est probablement l’attraction touristique la plus connue au Japon. Son rayonnement au niveau international est tel que le « Fuji San » (qui devient parfois « Fujiyama » sur une erreur de lecture du kanji) suscite beaucoup de légendes et de fantasmes. Dans son Ni d’Ève ni d’Adam, Amélie Nothomb explique qu’en le gravissant, on devient Japonais. Loin de moi cette volonté, mais après quatre passages au Japon, il était temps de m’attaquer à sa plus haute montagne (3776 mètres d’altitude). Compte-rendu accompagné de photos et de conseils si vous souhaitez faire de même.
Une première précision pour couper court à certaines fausses informations : gravir le Mont Fuji est loin d’être une promenade de santé. Cela demande une condition physique, de la volonté et surtout une bonne préparation. L’ouverture de la montée est limité à une saison courte : du 1er juillet au 31 août chaque année. Le reste du temps, c’est à vos risques et périls et, de toute façon, les accès sont plus difficiles. Globalement, on peut considérer qu’il y a deux créneaux pour monter le Fuji San qui consistent à contempler, de son sommet, soit le lever soit le coucher du soleil. Pour ma part, c’est la première option que j’ai choisie.
Après tout, 日本 / « Japon » signifie « origine du soleil », d’où l’expression de « pays du soleil levant ».
Pour cela, il nous a fallu grimper de nuit et redescendre au matin. Depuis Shinjuku à Tokyo, un bus fait la navette plusieurs fois par jour dans un sens comme dans l’autre. Le tarif demandé est de 5200 Yens aller-retour. Il est conseillé de réserver ce bus à l’avance ; c’est faisable via cette page web, puis le paiement se fait sur place (en face de Yodobashi Camera) jusqu’à quelques minutes avant le départ. Le trajet dure un peu moins de 2h30 jusqu’à la cinquième station, lieu de départ de la randonnée pour la majorité des grimpeurs.
En effet, le Mont Fuji est constitué de dix stations en plus de ses huttes-relai, la première étant sa base et la dixième son sommet. Cette cinquième station « Kawaguchiko » se situe à 2305 mètres d’altitude, le dénivelé à monter s’étale donc sur près de 1500 mètres, pour six kilomètres de marche. Quelques infos toutefois : si la montée est déjà un petit challenge, sachez qu’elle peut devenir infernale en cas d’embouteillage. Il faut donc éviter à tout prix de se planifier le Fuji San en week-end, encore moins pendant les vacances scolaires japonaises (à partir de mi-juillet) et surtout pas pendant Obon (un festival bouddhiste qui se tient du 13 au 15 août).
Nous avons pris le dernier bus de la journée, un jeudi de la première quinzaine de juillet. Départ de Tokyo à 19:30, arrivée à 22:00. Il fait encore près de 30°C à Tokyo, facilement dix de moins à la cinquième station de Fuji. Au sommet, souvent 0°C et les vents rajoutent une sensation glaciale. Prévoyez donc de quoi vous couvrir : un pantalon dans lequel vous êtes à l’aise accompagné éventuellement d’un caleçon long, de grosses chaussettes et plusieurs épaisseurs en haut ainsi qu’un coupe-vent. Le bonnet ou la capuche ne sont pas de trop. On transpire beaucoup pendant la montée mais le corps se refroidit très vite et lorsque vous attendez l’aurore au sommet, du coup vous serez bien content d’avoir multiplié les épaisseurs.
Le montée du Fuji San est un certain challenge. Je suis sportif donc ça n’a pas été trop difficile mais tout le monde ne pourra pas en dire autant. Maintenant, c’est évidemment la volonté qui prime puisque beaucoup de personnes âgées Japonaises arrivent à son sommet. Pas aussi vite, certes, mais pour qui l’a décidé ce n’est pas infaisable. Nous avons mis 5h15 à grimper en nous aménageant des temps de repos de quelques minutes et en comptant des embouteillages sur la dernière heure.
La randonnée Yoshida commence simplement par un sentier facile, puis ça se corse sérieusement dès la septième station avec une montée très rocailleuse qui vous excitera le palpitant. Les chaussures de randonnée sont indispensables. N’envisagez même pas de grimper le Mont Fuji en baskets ! Je conseille aussi très fortement la lampe frontale ainsi que les gants grippants, trouvables facilement dans un 100¥ Shop au Japon. Tout le long de la montée, les stations et des huttes-refuges vous accueillent et vous vendent, à prix croissant au fur et à mesure de l’avancée : boissons, ramen / miso, et bouteilles d’oxygène (l’arnaque-touristes ; si vous veniez à en avoir besoin, vous seriez probablement déjà équipé en Ventoline). Il est même possible de dormir dans certaines de ces grandes huttes.
Faire l’ascension du Mont Fuji est une expérience fascinante : des échanges cordiaux voire camaradesques du début et des pauses aux relais, jusqu’aux souffles d’effort appuyés par tous les grimpeurs lors des passages difficiles. Près du sommet, le sentier se ressert, le silence devient aussi irréel que l’ombre majestueuse du Fuji San dessinée par la pleine lune. Des responsables du parc national nous encouragent et nous donnent le temps restant avant le sommet.
Puis l’on traverse ce dernier torii et nous voici en haut admirant, à mesure que l’horizon s’élève, la région de Hakone jusqu’à la baie de Tokyo entourées d’une mer de nuages. Spectacle merveilleux et étrangement calme du lever du soleil, entre les « banzai! » des Japonais, leur fier drapeau qui flotte au vent et l’hymne national joué en fond à travers des hauts-parleurs sans âge. Comment ne pas, dans cet ensemble, aller ramasser fièrement un bout de roche volcanique dans son cratère ?
La descente est d’un autre style. Amusante au départ car très abrupte et plus sableuse, elle est étonnamment plus exténuante. Avec la fatigue de la montée qui a mobilisé tous les muscles des jambes, c’est au tour des articulations d’être sollicitées, notamment les chevilles et les genoux. Les quadriceps vont de nouveau prendre cher et je vous conseille absolument de forcer sur ces étirements une fois en bas. Il nous a fallu 2h30 pour effectuer la descente, mais celle-ci paraît étonnamment plus longue sans doute à cause de la fatigue, de la chaleur et de sa répétitivité.
Arrivés en bas, en attendant le premier bus de la journée à 10h, la touristique cinquième station déroule son ensemble de magasins de souvenirs et de restaurants. S’y croisent les randonneurs frais prêts à monter et ceux avec des valises sous les yeux. Autour de ce balai, les cars de touristes asiatiques vont et viennent pour dévaliser les magasins et se prendre en photo devant tout et n’importe quoi. Monter le Mont Fuji, en chemise et chaussures croco, est pour eux hors de propos. Dommage pour eux : ils évitent une expérience exceptionnelle, indispensable à tout voyageur au Japon.
Excusez-moi pour la piètre qualité de certaines photos. On ne prend pas tout l’équipement (notamment le trépied) et les conditions de la randonnée ne facilitent pas la prise de vue.

































Ah ! C’est vrai que j’avais pas pensé à ramener un p’tit cailloux du sommet… Bon en même temps je ne sais pas si c’est bien de le faire… Fuji san va perdre quelques mètres au bout de 10 ans si tout le monde le fait
Ah, ma femme me dit que ça porte malheur, les pierres portant en elles l’esprit des anciens et là plus particulièrement du Japon… Bon ben te reste plus qu’à retourner là haut pour rapporter ton tribut Gaël ! Il faudra penser à te faire excuser au temple qui est au sommet en achetant pleins de « Omamori »
Pour la réservation du bus, tu t’y es pris combien de temps avant ? C’est possible d’avoir une place une semaine avant ? Il n’y pas besoin de confirmer après l’inscription sur le site (utilité du champ téléphone) ?
@David : mince ! Bon, j’espère que le fait d’avoir acheté des Miso ou bouteilles d’eau à 400Y me pardonne auprès du Mont Fuji !
@stef : réservé sur Internet la veille mais certains bus étaient déjà pleins. Pas besoin d’inscription, mais le numéro de téléphone fait visiblement office de numéro de confirmation du dossier sur place au moment de payer.
Très jolies photos matinales
Bonjour !
Je pars au Japon dans deux semaines et je compte bien aller au Mont Fuji j’aimerai avoir des informations supplémentaires sur les tickets de bus s’il vous plait.
Ne parlant pas Japonais et n’ayant seulement mon numéro de portable français, est ce que je peux donner mon numéro en guise de numéro de confirmation ?
En tout cas je compte bien de faire d’aussi belles photos =)
Si tu n’as pas de portable japonais, je pense qu’un numéro français peut faire l’affaire.
Si tu prends Air France comme moi tu va avoir droit à la grève.
Je commence l’ascension normalement le mercredi 3 au soir. On se croisera peut-être.
Pauvre trou du cul…
*__* un grand bol d’air frais. Les photos sont magnifiques et donne vraiment envie d’y aller. Encore un truc à mettre sur ma liste pour un prochain voyage. Merci de nous faire partager cette expérience.
merci pour nous avoir fait partager tes émotions face au majestueux » fudjisan » ! tu as du vraiment prendre du plaisir ……………
Coucou Stef non je prend British Airways ! et je compte faire ascension le 17 ! dommage
Bloqué à la capitale pour qques temps encore, le tps de se refaire une petite santé pécunière. les vacances au japon, c’est prévu. mais quand? je ne sais pas.
C’est très sympa de ta part de partager cette expérience.
Bon vent…
J’ai essayé l’inscription par internet mais ça ne marche pas. Quand je choisi le bouton aller-retour à l’étape 4 il revient à l’étape 2. Le numéro de téléphone est bon. Si je met mon nom en katakana il n’aime pas non plus. Que faire ? Comment as-tu fait Kanpai-san ?
Il y a peut-être un bug momentané du site, sans doute à cause des nombreuses demandes. Il te faudra réessayer.
Pour le nom, les romaji ont très bien fonctionné avec moi. Retente un peu plus tard, tu auras peut-être plus de chance..
Coucou ! moi aussi je revenais sur l’ancienne page avec un mot d’erreur j’ai cru que c’était moi qui avait mal rempli le formulaire mais finalement avec plusieurs tentatives j’ai décidé de changé de date ! et c’est bon ça marche.
Merci. J’ai fait faire la réservation par une amie japonaise et ça a marché. Sans changer la date.
Fuck en lisant cet article, je me disais que ça aurait fait un truc original et sympa mais là… c’est mort ! Partant en octobre c’est foutu, OUIN !!!
La personne qui devait m’accompagner annule son voyage…
Je pars pour Fuji-san mercredi soir. Si je peux rejoindre un autre groupe de courageux.
Le voyagiste a fait une erreur et a annulé mon voyage !
J’ai du reprendre un billet, je pars la semaine suivante.
Bonjour,
Je suis actuellement au Japon pour trois semaines de vacances (oui j’ai de la chance). Je souhaite aussi gravir le mont Fuji.
Pourriez vous m’apporter quelques précisions sur l’organisation de la rando? Quelle compagnie qui vous a amenés au Mont? Réservation par internet/telephone/sur place? quel arrêt? Ascension directement après être sorti du bus? Où aviez vous pris la météo?
Merci d’avance pour vos réponses, peut être nous croiserons sur les sentiers ou ailleurs. Ne vais sur Kyoto ensuite.
M
Les photos sont magnifiques…
ça donne vraiment envie d’y aller
Un jour peut-être… ^^
C’est promis, à mon 3ème séjour, je le fait aussi. C’est franchement magnifique. Bon séjour
Bonjour à tous,
Je prépare actuellement mon voyage de 15 j pour Mai 2013. Je compte faire Tokyo, Kyoto et les environs de ces deux villes. Je ne compte pas monter au Mt Fuji (bien que les photos donnent envie…), mais j’aurais bien aimé le voir. peut-on l’apercevoir depuis le Shinkansen ou faut-il faire impérativement une halte quelque part, et dans ce cas, où me conseilleriez-vous de m’arrêter?
Merci par avance de vos réponses.
Emmanuel.
Tu peux l’apercevoir depuis le Shinkansen entre Tokyo et Kyoto, mais de bien meilleures vues sont possibles à Kawaguchiko et Hakone. Je prépare en ce moment-même des carnets de voyage détaillés sur ces destinations.
J’ai également gravi le Mont Fuji, je rejoins l’expérience décrite et l’avis sur la descente: « répétitif »étant presque un euphémisme!
En revanche, même si l’ascension est assez sportive certes, elle n’est pas insurmontable et ne demande pas de condition physique particulière. 5h15 c’est en effet un rythme qui demande une préparation prononcée! Je l’ai faite en 6 heures, à un bon rythme aussi mais avec plus de pauses sûrement, mais rien n’empêche de prendre davantage son temps!
Et chaussures de rando indispensables… Avec de bonnes baskets de courses à pied, c’est tout à fait possible. Evidemment, converse ou bensimon à bannir, mais avec de bonnes baskets ce n’est pas du tout inconscient. En revanche, lampe frontale plus qu’indispensable!
Je compte faire le Mont Fuji cet été et j’aimerais savoir s’il est possible de dormir dans un refuge sans
avoir réservé au préalable.
Bonjour, l’aller retour est-il faisable en une journée depuis Tokyo ? qu’as-tu utilisé pour prendre les photos ? un compact ?
Bonjour,
Il est sans doute possible de faire l’aller-retour en une journée depuis Tokyo, mais tu n’auras certainement pas le temps de gravir le Mont Fuji.
J’ai utilisé un Sony NEX-5 mais ces photos ne lui rendent absolument pas hommage !
merci pour cet article que je n’avais pas encore vu.
Je vais voir le mont Fuji en avril mais pas au sommet, mais déjà ce sera pas mal et on verra pour l’ascension au mois d’août.
Bonjour,
Me voici au Japon depuis septembre 2012 et je reste encore un semestre. A cette occasion j’espère sincèrement pouvoir faire l’ascension du Mont Fuji. Pour cela je pense m’entraîner sérieusement jusqu’à cet été.
Une seule question me vient à l’esprit : avez-vous fait l’ascension seul ou avec un guide ?
Bonjour,
L’ascension se fait seul, enfin… accompagné de centaines d’autres grimpeurs ! Inutile de payer un guide pour cela.
Bonjour,
Nous envisageons de monter en famille en haut du Fuji. Si jamais nous n’arrivions pas jusqu’en haut, peut-on facilement faire demi-tour à l’une ou l’autre des stations ou facilement rattraper le chemin de la descente ?
Merci pour votre article, très intéressant.