Drama japonais
Japon » Définition des dramas - séries TV du Japon
On parle beaucoup de drama sur Kanpai, en témoigne le nombre d’articles consacrés à ces séries japonaises, mais sans vraiment en faire une définition complète. Cet article sert à poser les bases explicatives d’un genre prépondérant à la télé japonaise. Le terme de drama vient de « home drama » (« homu dorama ») qui désigne au Japon les séries TV. Avec l’ouverture et les exportations culturelles nippones, le mot peut parfois délimiter l’ensemble des séries asiatiques, auquel cas on parlera de « j-drama » (série japonaise), « k-drama » (série coréenne) ou encore « t-drama » (série taïwanaise). L’explosion des dramas s’est fait, comme beaucoup de phénomènes culturels japonais, après la seconde Guerre Mondiale. Une encyclopédie (The Dorama Encyclopedia) recense même plus de 1.000 occurrences entre 1953 et 2003 !
Caractéristiques des dramas / séries télé japonaises
Le format des dramas est assez particulier. Contrairement aux séries américaines qui tournent jusqu’à une chute d’audience, le cadre d’un drama est clairement défini. Il y a généralement un début et une fin fermés (c’est le format « renzoku ») et l’histoire se déroule sur 10 à 12 épisodes de 40~45 minutes – soit 1h avec les publicités. Les premier et dernier épisodes peuvent parfois durer 1h pleine voire plus, de même que les épisodes spéciaux / SP ou bonus qui peuvent durer jusqu’à 2h. La diffusion est hebdomadaire et s’étale donc sur environ 3 mois, au rythme des saisons du calendrier. Il y a rarement des rediffusions. On constate des audiences qui tournent généralement entre 8 et 13%, et qui peuvent monter jusqu’à 20~30% lors des premiers et derniers épisodes. Il semble également que pour certaines séries non adaptées de manga, seuls les premiers épisodes sont filmés et les scénaristes revoient l’histoire si leurs premières audiences sont trop basses. Le tournage est réalisé à peine quelques semaines avant la diffusion, souvent à Tokyo, ce qui permet aux fans de rencontrer leurs idoles. Les dramas à succès sont l’occasion d’une seconde saison voire d’une adaptation cinématographique. C’est le cas par exemple des célèbres Ring ou de GTO, lui-même issu d’un manga. La diffusion peut se faire sur toutes les chaînes, mais certaines s’en sont fait une spécialité. On retrouvera le plus souvent Fuji TV / Fuji Terebi, TBS, Wowow, TV Asahi, NTV ou encore NHK. Sur cette dernière, on trouvera même un format de renzoku particulier, à la Plus Belle la Vie : un épisode de 15 minutes chaque matin de la semaine, qui dure une année entière. Dernier format majeur ; le « tanpatsu drama », qui peut être vu comme un téléfilm, tant dans sa durée que dans son fonctionnement.
J-Dramas par genre
Un certain nombre de dramas sont des adaptations de manga, mais d’autres sont scénarisés ex-nihilo. Les thématiques abordées sont bien sûr variées : amour / « ren’ai » en priorité, mais aussi enquêtes policières, fantastique, comédie, mélodrames, horreur, etc. Toutefois, le genre qui surnage est le « trendy drama » qui tente de se focaliser sur un quotidien, sur des protagonistes crédibles. Ceci, évidemment, pour faciliter l’identification du spectateur. Ainsi, on trouvera pléthore de dramas dont l’action se déroule au lycée, à l’université, au bureau, ou d’autres qui déroulent des tranches de vie sociale caractéristiques du Japon : émancipation de la femme et sa carrière professionnelle, vie de famille, existence dans la société, bande de potes, gangs de quartier, mariage et divorce, pression sociale voire écrasement professionnel, et parfois même un peu sexy / ecchi. Le but étant de partir d’une situation normale pour s’extirper de son caractère maussade : dans Papa to Musume no Nanokakan par exemple, un père et sa fille qui ne se parlent plus échangent leurs corps involontairement. En comparant les scripts originaux et le texte final déclamé dans les séries, on s’aperçoit que le tournage d’un drama laisse place à pas mal d’improvisation pour les acteurs. En-dehors de quelques gimmicks et tics de langage propres à chaque protagoniste, le tournage semble se faire par séquence avec plusieurs caméras, là où un tournage occidental coupe à chaque scène voire à chaque plan.
D’autres informations sur les dramas japonais

L’exportation des dramas ne se fait quasiment pas, en tout cas pas de manière légale. Même les séries les plus rémunératrices au Japon ne dépassent pas les frontières de l’archipel. Avant la démocratisation d’Internet, la diffusion se faisait, notamment en Chine, grâce à des VCD sous-titrés plus ou moins pirates. Certaines chaînes locales, en Californie (KTSF) ou à Hawaii, diffusent certains dramas sous-titrés en anglais, après avoir porté le boom de la location de VHS dédiées dans les années ’90. Mais c’est bien l’explosion des temps de transfert en ligne qui a permis aux occidentaux de découvrir le genre. Grâce aux équipes de fansubs (des sous-titrages non officiels allant du très médiocre à l’excellent), de nombreux dramas sont sous-titrés, souvent même en français. La « concurrence » est tellement rude entre teams qu’il se traduit souvent des séries de qualité plus que moyenne.
Comme pour les animés, les génériques sont confiés à des groupes à la popularité naissante voire confirmée, pour bénéficier aux deux parties. Mais c’est surtout au niveau de ses acteurs et actrices qu’un drama peut gonfler facilement sa popularité. Des « talento » voient, comme les idols de j-pop, leur popularité exploser en quelques semaines. On pourrait presque dire que le drama est la phase obligatoire avant de devenir acteur de cinéma au Japon. Bien sûr, il y a un turn-over important, mais lorsqu’on regarde plusieurs séries, on s’aperçoit vite que les mêmes acteurs reviennent souvent. C’est le cas, chez les hommes, de Jun Matsumoto ou Oguri Shun. Chez les jeunes femmes, on retrouvera souvent Mao Inoue, Ito Misaki ou encore Yui aragaki. Consultez mes articles sur les différents dramas si les acteurs vous intéressent, car je détaille souvent le casting, photos et petites anecdotes à l’appui.
Pour en savoir plus sur les dramas, classiques ou récents, vous pouvez consulter le très complet Drama Wiki, qui permet également de télécharger des épisodes sous-titrés (pas franchement interdit, car non licenciés sous nos latitudes, le download est juste toléré).
Les meilleurs drama japonais
Voici une petite sélection parmi tous les dramas chroniqués sur Kanpai :
- Nodame Cantabile et films Nodame Cantabile : Les aventures délirantes d’une pianiste et d’un chef d’orchestre dans une prestigieuse école de musique
- Orange Days : L’histoire d’amour difficile de deux étudiants dont une sourde-muette, au moment de passer dans la vie active
- My Boss My Hero : Le fils d’un chef de gang yakuza oblige son fils à repasser son année de terminale et le bac
- Hanazakari no Kimitachi e : Une fille se travestit pour entrer dans une école de garçons
- Hana Yori Dango : Le triangle amoureux à son paroxysme
- Maison Ikkoku : L’adaptation de Juliette je t’aime en 2 films avec Ito Misaki
- Dragon Zakura : L’entraînement spécial pour rentrer à Tôdai, l’Université de Tokyo
- Ichi Rittoru no Namida : La longue descente d’Aya, atteinte d’une maladie incurable (tiré d’une histoire vraie)
- Shimokita Glory Days : Un drama hentai harem !
- Nobuta wo Produce : La production d’une freak comme idol du lycée
- Ikebukuro West Gate Park : Le quartier d’Ikebukuro géré par des jeunes du quartier
- Yama Onna Kabe Onna : Grosse poitrine contre petits seins : la guerre est ouverte !
- Densha Otoko : Un geek a sauvé une très belle femme et tente de la séduire
- Sailor Moon Live Action : L’adaptation en chair et en os de l’animé à succès
- Proposal Daisakusen : Un ami amoureux de la mariée revient dans le temps pendant la cérémonie pour changer le passé
-
Ping : Love Hotel





















Je suis friand de tes articles, merci beaucoup encore une fois pour toute cette recherche et cette explication.
WOaaaww super intéréssant ce que tu as mis ! =) des infos… encore et encore =P
Juste pour préciser qu’au Japon, le terme dorama/drama veut juste dire série télé, pour les japonais, Lost et Les Experts sont tout autant des dramas que Nodame Cantabile par exemple.
Cette utilisation du terme drama limité aux séries japonaises ou pour les séries est-asiatiques en général est purement le fait de fans occidentaux…
Personellement, je ne vois pas l’interêt d’importer le terme en français alors qu’il suffit de dire série japonaise, la au moins c’est plus parlant pour les néophytes. Un japonais qui parlerait d’une série française (oui, il y des chaines japonaises qui passent des séries françaises alors que l’inverse n’existe pas) parlerait de furansu no terebi dorama ou dorama et pas de seri- térébizé furanséezu.
Sinon, l’exportation de séries japonaises existe, mais elle est surtout confinée aux pays limitrophes et à l’Asie du Sud-Est.
Dans ces pays, de très nombreuses séries japonaises sont diffusées, sous-titrées ou doublées, mais depuis quelques années les séries sud-coréennes leur font de l’ombre (et eux, les sud coréens ont une ambition manifeste de vendre leurs série au niveau mondial, ce qui n’est pas le cas des japonais apparemment)
Mais certaines séries ont traversés de grandes distances, comme la série quotidienne matinale (asa dorama) Oshin qui s’est vendue dans plus de 60 pays et sur tout les continents (mais pas en France…)
Il est apparemment très dur pour les diffuseurs japonais de n’arriver à vendre ne serait-ce que des documentaires (!) en dehors de l’Asie dès que le programme en question est présenté par un japonais…
En tout cas c’est valable pour les diffuseurs de grands pays comme les USA ou en Europe de l’Ouest, les pays en développement sont plus ouvertes, ils produisent moisn de programmes et achètent plus.
Par exemple, les séries sud-coréennes sont diffusés depuis plusieurs années déjà en dehors de l’Asie: Amérique Latine, Afrique, Europe de l’Est et Moyen-Orient. La série Ddaejanggeum/Jewel in the Palace (qui au passage a eu beaucoup de succès au Japon) a fait 90% de parts du marchés sur la chaine nationale en Iran!
Même les séries latinos américaines (télénovellas) qui font un tabac sur tout les continents et même en Europe (Italie, Grêce, Espagne, pays de l’Est etc.) n’ont eu qu’un impact limité en France, très peu d’entre elles sont passés chez nous.
Bonjour
Je commence un blog et j’adore le japon, cela ne vous dérange pas si je fais des liens vers votre site ? Parce qu’il est vraiment top… ! ^_^