Resident Evil 5

RE5 nous ramène à une drôle de réalité : l’exceptionnel Resident Evil 4 a déjà plus de 4 ans. Et depuis qu’il a relancé avec brio une série essoufflée, il s’en est passé des choses dans le genre action : le rouleau-compresseur Gears of War est passé par là, Dead Space a piqué le genre survival aux hormones, etc. Fin 2008, j’avais pu tester la démo de RE5 avec grand intérêt, mais non sans quelques inquiétudes. Il temps, avec le jeu final entre les mains, de dresser un véritable bilan.

Resident Evil 5 signe donc le retour de Chris Redfield, plus musclé qu’un taureau sous créatine (sérieusement, ses biceps font deux fois vos cuisses). Il est accompagné, comme souvent dans les Resident Evil, d’une partenaire encore méconnue : Sheva Alomar. C’est l’occasion, pour la première fois dans la série, d’inaugurer un système de coopération direct en local ou en ligne. Certes, on y avait déjà droit dans le 4 (mais Ashley était sans défense) et surtout dans Resident Evil 0, mais c’est la première fois qu’un Bio Hazard se joue vraiment à 2. Capcom assouplit donc son concept, pour le meilleur comme pour le pire. Car RE5 se joue comme son prédécesseur. Certaines routines sentent fort le copier-coller un peu flemmard : des animations jusqu'à même, parfois, des personnages (le type à la tronçonneuse et carrément un boss qui rappellera quelques souvenirs…).

Heureusement, le jeu améliore certains points de gameplay, notamment le straffe qui fait enfin son apparition. De même, on pourra se réjouir de la présence des checkpoints et de la sauvegarde automatique (exit donc ce géronte qu’était la machine à écrire). En revanche, il faudra aussi composer avec de (parfois) lourds points négatifs. D’abord, le retour en arrière inexplicable de l’inventaire. Sa gestion est désormais figée sur 9 blocs uniques, gérable sans pause et tout sauf ergonomique. Ensuite, le caractère totalement figé du gameplay : la straffe, c’est bien, mais on ne peut pas courir de côté et, beaucoup plus grave, il est impossible de tirer ou recharger en se déplaçant (si si, on est bien en 2009 !). Enfin, n’espérez pas de quelconques frayeurs en jouant à Resident Evil 5. Tout juste essaiera-t-on de retrouver une pression comme empruntée à Left 4 Dead, celle de zombis qui arrivent par cargos entiers mais qui, ici, ne se laissent pas tuer si rapidement. Par contre, ils sont toujours aussi lents et sans réflexes… Dommage.

Malgré ses défauts énervants qui ramènent son gameplay de longues années en arrière, Resident Evil 5 reste assez fun à jouer pour qui aime l’orientation prise depuis RE4. Construit comme un blockbuster, il recèle de grosses qualités de style : une technique irréprochable, certaines superbes animations de coop, les cinématiques dopées, ou encore de nombreuses références qui feront plaisir aux fans. La contrepartie, c’est une construction du jeu qui s’éloigne finalement de plus en plus de l’esprit original de la série. Le court Resident Evil 5 est finalement plus proche de Gears of War ou de Lost Planet que de l’exceptionnel RE Rebirth. Certains n’attendaient que ça, d’autres crient déjà au scandale. À vous de savoir où vous vous placez sur cette échelle.

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