Dead Space fait partie, à l’instar de Mirror’s Edge, de ces nouvelles licences d’Electronic Arts qui semblent essayer de sortir des sentiers battus. Cet univers a été construit comme pluri-médias, puisqu’en plus du jeu vidéo chroniqué ici, on retrouve les aventures d’Isaac Clarke en comic-book, en animé moyen-métrage, et bientôt en film au cinéma. Plus que le jeu, c’est donc l’expérience Dead Space qui semble vouloir se livrer à nous comme un tout homogène.

Nouvelle licence ? Certainement. Originale, n’allons pas jusque là. Car si Dead Space est très rapidement plaisant à jouer, on remarque aussi vite des clins d’œil et des inspirations très fortes à des univers ou des gameplays déjà parcourus. Il y aura donc une ambiance globale gore et froide en mix de Daedalus Encounter, Blue Stinger, Xenosaga et Alien, le système des coffres de stockage bien connu des anciens Resident Evil, l’apparition et le déplacement des monstres façon Silent Hill, la carte 3D et cet esprit d’aventurier solitaire proche de Metroid Prime, le système d’orientation lumineux qui rappelle Fable 2 ou Shadow of the Colossus, les placards comme « empruntés » aux Metal Gear, la télékinésie utile d’Half-Life 2 et, peut-être le plus fort de tous, un esprit général retrouvé de Bioshock, de cité abandonnée, d’affiches promotionnelles façon années folles et d’exploration solitaire un peu morbide…

Alors, Dead Space, jeu référence de tout cela ? Heureusement, il sait dépasser ses inspirations et ne pas être qu’un gloubi-boulga sans âme. Rapidement, on accroche à son ambiance, malgré un scénario un peu téléphoné. Mais le jeu fait preuve de tant de qualités dans ses schémas d’avancée, dans son rythme, son ambiance sonore et tant d’autres points, qu’il sait scotcher le joueur à la manette. Ces passages en apesanteur, ces moments éthérés sans oxygène, où le son est lourd et l’on se sent chavirer vers une proche planète qui cache une étoile grandiose, alors que la jauge d’air se décompte irrémédiablement... Il y a, dans ce genre, des passages de génie qui font de Dead Space une expérience assez fabuleuse par moments.

Tout survival-horror qu’il est, le jeu n’en oubliera pas de vous coller quelques frissons bien sentis, menés par un éclairage superbe, une bande-sonore adéquate et aussi –il faut l’avouer– quelques ficelles bien pratiques et bien connues du genre. Plus original pour un représentant du groupe depuis Alone in the Dark, Dead Space évite habilement les allers-retours pénibles et conséquemment, les baisses de rythme, grâce à un level-design très intelligent. Ça n’en fait pas un jeu moins linéaire, juste plus agréable à jouer sur la longueur, comme pouvait l’être Resident Evil 4 il y a quelques années. Mais, contrairement à ce dernier, le jeu d’EA a sur implémenter un affichage ergonomique très judicieux et non intrusif. À noter, car c’est rarement le cas dans les survival et ça joue pourtant clairement en faveur de l’immersion.

On pourra toujours reprocher à Dead Space son absence de mode multi-joueurs (une carrière en coop n’aurait pas été de refus) mais l’ensemble est suffisamment cohérent et homogène pour qu’on ne boude pas notre plaisir. À présent, je vais me lancer dans Resident Evil 5, qui vient de sortir et dont on le sait très proche. L’inévitable comparatif est déjà en route dans tous les esprits…

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Commentaires

SuzieSuzy
25 Mars 2009
21:49

Un sentiment de perdition et de désespoir à la Alien, une ergonomie à la Shadow of the Colossus, mon mari y a joué et j'ai suivi le jeu comme on suit un film au cinéma, un jeu remarquable !

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