Il semble y avoir énormément de fantasmes autour des Geisha japonaises, héritières de traditions séculaires dont le gaijin ne sait plus trop bien ce qu’elle est réellement dans le Japon d’aujourd’hui. C’est sans doute la raison pour laquelle on entend souvent qu’elle sont des escort girls de luxe (voire, pour certains, des prostituées maquillées).
En japonais, le terme Geisha 芸者 signifie littéralement « personne pratiquant les arts » . A Kyoto, où il est le plus facile d’en croiser, on les appelle plutôt des Geiko 芸妓, et leurs apprenties des Maiko 舞妓. Si vous êtes en voyage au Japon, le plus simple est de déambuler dans les quartiers de Gion ou Pontochô (appelés Hanamachi 花町, villes de fleurs) où elles se déplacent fréquemment pour se rendre dans les Okiya (置屋 les maisons de Geisha). Attention : les Geisha / Geiko / Maiko n’aiment pas beaucoup être prises en photo. Evitez donc d’être ce touriste pénible qui les mitraille avec le flash en les suivant à un mètre.
L’origine des Geisha remonte au XVIIIe siècle, où il s’agissait d’hommes dont la fonction était de divertir. A partir du début du XIXe siècle, le rôle fut uniquement assuré par des femmes, et la loi les interdit d’avoir des relations sexuelles avec leurs clients. Garantes de la tradition japonaise, comme c’est toujours le cas aujourd’hui, les Geisha / Geiko suivent une éducation particulièrement précise en arts (cérémonie du thé, arrangement floral ikebana…) et musiques traditionnelles (shamisen, taiko…) voire parfois en danse. Leur rôle est celui d’une dame de compagnie, principalement pour des déjeuners entre riches hommes d’affaires.
Le costume des Geisha est constitué d’un kimono de soie fabriqué à la main (dont le coût dépasse fréquemment 500.000¥), d’une large ceinture de soie nouée dans le dos (obi), des chaussettes (tabi) et des sandales de bois (geta). Leur visage est maquillé de blanc à base de poudre de riz, jusqu’à la nuque. Visuellement, on peut les confondre avec les Oiran, des courtisanes dont l’origine remonte avant les Geisha.
Glen Milner a eu l’opportunité, pour le journal anglais The Telegraph, de suivre une Geiko / Geisha de Kyoto, Miehina, pendant une journée. La superbe (mais courte) vidéo qu’il en a tiré vous propose d’en apprendre un peu plus :
Dans ce qui est sous-entendu dans le film Mémoires d’une Geisha, la confusion vient sans doute du fait que pendant la seconde Guerre Mondiale, des prostituées se faisaient parfois passer pour des Geisha auprès de militaires américains.




Très sympa cet article et la vidéo est vraiment bien (vraiment bien réalisée !). Je pense que je vais faire suivre ton article
Merci !
Très intéressant et réalité bien expliquée.
Est-ce vous qui avez-mis en même temps l’autre vidéo du même journaliste sur « seul à Fukushima » ? C’est remarquable aussi. Ce journaliste semble formidable ; je vais chercher d’autres vidéos de lui ; merci de nous l’avoir présenté ; cela relève le niveau de la profession à mon avis.
les geishas sont devenues par leur profession l ‘ image d ‘ un japon révolu et traditionnel , magnifié par leurs maîtrises des arts anciens tel le shamisen et autres ainsi que de leurs magnifiques costumes que seul les geishas portent aux pinacles ! longues vies aux geishas et leurs arts ! merci pour cet article trop bref a mon gout ! on en redemande ! SVP gael encore …….. ;o)
Je n’ai pas vu le film, cela veut dire qu’il donne une image faussée?
Le livre « Mémoires d’une Geisha » est de tout façon bien mieux que le film.
Le film n’est pas moche à regarder, il n’est pas nul, mais il ne reflète pas vraiment le contenu du livre et l’esprit Geisha. Avec le film, on a tendance à croire que la geisha n’est qu’une prostituée, on est donc bien loin de la réalité.
Merci, je vais tâcher de livre du coup.
Déjà dans le film, l’actrice est..chinoise, et porte des lentilles de couleur…
Film magnifique soit dit en passant.
Le film montre les bouleversements d’une époque, les geishas dans un Japon ravagé ayant bien du mal à maintenir leur profession en vie, alors que beaucoup de femmes se prostituent aux GI simplement pour manger.
Le charme désuet d’une compagnie raffinée, et éduqué aux arts traditionnels n’ayant alors plus vraiment sa place, face à une demande beaucoup plus triviale.
Merci pour cet article sur une profession mal connue et fascinante!
Je recommande à tous ceux qui passeraient par Kyôto de visiter le quartier dont Miehina est originaire, Miyagawa-chô, car il conserve tous les charmes de Gion avec beaucoup moins de foules et un peu plus d’ouverture. Pour ceux qui seraient dans les parages en avril, la danse annuelle des maiko et geiko de Miyagawa-chô est un must-see! Elle se nomme Kyô Odori, et allie danse, musique traditionnelle, costumes magnifiques et scènes inspirées du répertoire du Nô et du kabuki, interprétés dans un beau théâtre par des artistes plus que talentueuses. Des informations pratiques ici: http://www.pref.kyoto.jp/visitkyoto/en/info_required/traditional/kyoto_city/21/