Il est des softs qui savent attirer l'attention au premier regard. C'est à cette catégorie élitiste de jeux que Crazy Taxi appartient. Après des dizaines de pièces dépensées en arcade, c'est au tour de la Dreamcast d'accueillir celui qu'on appelle déjà "LE jeu de fou". Give yourself up to the heavy punk beat and let's get crazy !

Dans l'absolu, Crazy Taxi reste un jeu de course aux qualités techniques indiscutables, mais pas réellement novateur (surtout après un Harley Davidson initiateur mais plutôt creux). Pourtant, après seulement quelques minutes de jeu, Crazy Taxi se révèle être une perle de bonheur comme on en voit de plus en plus rarement. Nul n'aurait jamais soupçonné qu'une "banale" simulation de taxi aurait procuré tant de fun. Foncer à travers un San Francisco on ne peut plus vivant, dans un environnement graphique chatoyant et sur du son signé The Offspring et Bad Religion, quel panard !
Vous aurez certainement constaté une réelle prouesse graphique. Normal, la base du soft (en arcade) est gérée par notre amie la Naomi. Et malgré l'immensité du lieu et le nombre impressionnant d'éléments qui le composent, l'ensemble s'avère d'une fluidité exemplaire et d'une rapidité à toute épreuve. Carrément impressionnant ! Les deux villes -eh oui, deux- sont donc magnifiquement rendues en 3D temps réel. Chaque objet est en mouvement perpétuel : circulation, piétons... Vous pouvez vous déplacer exactement où bon vous semble, même sous l'eau où des clients sont cachés (avec leurs masques et tubas - marrant). Bref, les sensations de liberté et de réalité sont tout bonnement probantes !

Le concept est on ne peut plus simple. Votre mission (si vous l'acceptez) est la même que celle de tous les chauffeurs de taxi. En arpentant les avenues immenses, vous déambulez à la recherche de clients pour les conduire où bon leur semble. Bien entendu, votre principal obstacle reste le temps. Ainsi, en fonction de votre rapidité d'action, de votre habileté à éviter les obstacles et de vos "Crazy combos", la personne que vous conduisez vous donnera plus ou moins de monnaie. Le but ultime étant bien entendu de ramasser le plus de pépettes possible. Simple, rapide, rythmé et jouissif ! Pour conduire des clients, vous avez le choix entre quatre personnages possédant chacun leur taxi. De ce fait, chaque véhicule dispose de ses propres caractéristiques. Ainsi, Gena avec son taxi rapide préfèrera les clients qui n'iront pas loin, alors que B.D. Joe et sa caisse plus lourde s'occuperont des clients "longue distance". Un petit tips en passant : finissez le S-S du Crazy Box pour obtenir le pousse-pousse.

En plus d'offrir au joueur une réalisation rutilante et un bon esprit communicatif, Crazy Taxi propose une myriade de petits extras tous plus sympathiques les uns que les autres. Tout d'abord, un mode "Original" qui reprend le même principe que le mode arcade. La différence, et quelle différence : la ville traversée est totalement différente. L'AM3 a en effet pensé aux joueurs Dreamcast en leur offrant un petit plus pour la durée de vie. Ensuite vient le sympathique "Crazy Box" qui propose pas moins de 16 mini-jeux très variés, originaux, et plutôt ardus. Enfin, en contre-pied du mode Arcade classique, apparaît un "10 minutes" (Arcade / Original) qui offre l'immense plaisir de circuler librement à travers la ville. L'occasion pour moi de vous parler de la majesté du lieu parcouru. A tête reposée, les villes paraissent incontestablement plus impressionnantes, du fait de leur gigantisme. Un petit tour en Crazy Box épreuve S-S suffit à s'en rendre compte : traverser San Francisco à toute berzingue et en prenant tous les raccourcis dure au minimum 3 minutes (3'03'' : record perso !). En faisant une simple partie en "Arcade Rules", on ne soupçonne même pas l'immensité des paysages 3D. Comment, alors, notre belle Dreamcast fait-elle pour calculer ce lieu immense en perpétuel mouvement, sans aucun temps de chargement ou presque ? Tout d'abord, le moteur 3D de CT est construit de telle façon que le hardware ne calcule que les facettes visibles des éléments 3D. De plus, et il suffit de tendre l'oreille pour s'en apercevoir, la console charge à tout instant des données. Impressionnant ! Bref, tout est fait pour vous plonger dans le monde déjanté de Crazy Taxi, autant dans le comportement qu'on vous propose d'adopter que dans l'accompagnement musical.

Que manque-t-il donc à Crazy Taxi pour atteindre le symbolique 19/20 ? Peut-être pourrions-nous polémiquer sur la relative violence qui émane du soft. Non, car dans Crazy Taxi, on ne tue personne mais on met le bazar. De toutes les façons, le côté "bourrin" du jeu en fait partie intégrante. Sans ça, il s'appellerait "Normal Taxi" et deviendrait un soft si banal qu'il irait pourrir à côté d'Ultraman SNES...
Ce qui fait réellement défaut à Crazy Taxi, et c'est récurrent à tous les jeux d'arcade convertis sur console, c'est la durée de vie. A vue de nez, on pourrait la situer entre 15 et 20 heures. Ce qui est peu, mais assez intense durant cette période pour faire passer les 450 F. On peut également reprocher au titre les quelques rares ralentissements et des collisions avec les décors pas toujours au top, mais la pilule passe sans problème au vu de la prouesse générale.

En inaugurant le genre sur console, Crazy Taxi s'impose sans difficulté comme le jeu fun du début d'année. Bien entendu, sa faible durée de vie peut rebuter les acheteurs potentiels. N'oubliez pas qu'on y revient souvent pour taper les chronos du Crazy Box, ou parvenir en Arcade à passer la barre des 50.000 $. Mais est-ce vraiment possible ? Damn, j'y arriverai !

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