Cutie Honey

Cutie Honey

ANNO Hideaki ne cessera pas de nous surprendre. Alors qu’il semble avoir mis de côté sa carrière controversée dans les studios d’animation, voilà qu’il choisit pour son troisième film en prises de vue réelles l’adaptation de l’anime à succès Cutie Honey, pour les trente ans d’existence de son héroïne.

Le long métrage débute très fort et nous offre des premières minutes d’un sacré niveau. Tout s’enchaîne avec une efficacité diabolique : la reproduction fidèle des acteurs physiquement comme dans leurs mimiques, la propreté et la rapidité de la mise en scène, le manque déculpabilisé de prise au sérieux du film, les effets spéciaux obsolètes bien qu’amusants, ou encore une interaction anime / live de facture intéressante.

Le film se trouvera juché de références poilantes, notamment dans la relation qu’entretient le monde de l’animation au film. Ainsi, ici l’on pourra découvrir avec un large sourire des poses très largement inspirées du milieu manga : expression faciale d’incompréhension, pose de victoire, course très rapide en traînant un personnage effrayé assis.

Le tout étant mis en avant par de bonnes maîtrises de la caméra, du montage, comme des perspectives et autres déformations caractéristiques des focales. A découvrir avec plaisir dans cette optique, des passages stroboscopiques, voire semi animés ou tout simplement intégralement en 2D.

Toutefois si les acteurs, et en particulier SATO Eriko, ne démordront que rarement de l’énergie et l’évident enthousiasme dont ils font preuve dans leur jeu, le film voit rapidement son rythme décroître pour laisser place à des séquences ennuyeuses répétées qui traînent en longueur et fatiguent le spectateur.

Il faut pointer du doigt, pour expliquer ceci, un scénario plan-plan qui sombre vite dans le sur-classicisme, sans être rattrapé par les aspects humoristiques, le charme inexpliqué de ICHIKAWA Mikako, ni l’exceptionnel début de combat contre Black Claw (une petite merveille de ridicule qui vaudrait presque à lui seul le visionnage du film).

Au final, Cutie Honey peine à dissimuler un bilan en demi-teinte, malgré la bonne volonté manifeste de l’ensemble de l’équipe. Si on lui accorde une relative fidélité à l’anime dont il est issu, malgré la fort dommageable érosion de l’érotisme originel, le film reste un bon sentai qui pêche par un budget limité et son fil rouge décidément trop axé grand public.

Préférons donc au film la version animée RE Cutie Honey qui, elle, se permettra les libertés de la version années soixante-dix. Honey Flash !

Cutie Honey

Articles connexes

  • Boku ha Imôto ni Koi o Suru - Il y a bientôt 3 ans, je critiquais l’OAV Boku wa Imouto ni Koi wo Suru. À l’époque, je ne pensais...
  • Môjû - Parce que la culture populaire japonaise, ce n'est pas seulement Amaenaideyo ou Sailor Moon, Kanpa...
  • La Blue Girl Live Action - Après l’expérience La Blue Girl en animé, j’ai appris qu’il existait une version live de ce hentai...
  • Tokyo Decadence - Mettre en scène la décadence récente de la société japonaise à travers la vision sadomasochiste et...
  • Hachiko, le film (Hatchi) - Beaucoup d'entre vous connaissent déjà la légende de Hachiko, mais je préfère la rappeler ici av...
Posté le par Gael
Catégorie : Japon
Tags (mots-clés) : ,
Thématique :

cutie honey, kyuti hanii, anno hideaki, sato eriko, erika, satou, re, kawaii, kawai, ichikawa mikako, honey flash, black claw

Une réponse à Cutie Honey
  1. Anne Onyme a dit le

    Ceux qui ne connaissent pas encore Satou Eriko ne pourront que tomber sous le charme de cette “Cutie Honey”. Le realisateur signe ici une oeuvre beaucoup plus travaillee qu’il n’y parait rendant un hommage personnel au dessin anime original. Sans tomber dans le piege d’effets speciaux numeriques a outrance, c’est avec fraicheur et humour qu’il campe des personnages petillants et pleins d’energie qui entrainent le spectateur dans un divertissement rafraichissant. A voir sans hesiter. Satou Eriko y est, repetons-le, irresistible.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*