Tenshi no Koi, un film sur l'enjo-kosai

My Rainy Days avec Nozomi Sasaki

Avec son titre qui signifie "l'amour de l'ange" en japonais, on était en droit d'attendre de Tenshi no Koi un traitement au moins pudique, sinon habile du sujet qu'il aborde. Car le film est présenté comme évoquant une thématique difficile : celle de l'enjo-kôsai (ou enkô), c'est à dire la prostitution des adolescentes japonaises. Ce phénomène se fonde sur des rouages communicants de la société japonaise :

  • la déculpabilisation de l'érotisme dans de nombreux pans de la vie quotidienne nippone
  • l'élégance de beaucoup de jeunes japonaises et leur intérêt immodéré pour tout ce qui brille (et qui coûte cher)
  • la libéralisation sociale du rapport sexuel avant la vie maritale

Le scénario du film s'organise autour de Rio, une jeune femme de 17 ans, lycéenne populaire et bien dans sa peau, au moins en apparence. Elle profite d'une vie de pacha dans son studio de 100m² surplombant Odaiba, grâce à celui qu'elle appelle "papa", son sugar-daddy (un homme d'âge mur qui l'entretient). Mais sa routine est mise à mal lorsqu'elle tombe amoureuse d'un homme de deux fois son âge.

Même si Tenshi no Koi parvient à trouver son rythme au long de ses deux heures, il pêche par son traitement trop inspiré des codes du drama. Ainsi, le film ne rentre jamais dans le cœur du sujet et se contente parfois même de survoler les crises avec détachement, malgré un prisme sentimental (mais pas sentimentaliste) souvent assez mièvre.

La prostitution ? Un moyen facile de mener grand train puisque, de l'aveu même d'une des filles avec leur grand sourire, c'est "juste du sexe" ! La relation entre un professeur de 35 ans et une lycéenne de 17 ans ? Pourquoi se soucier de la loi lorsque les sentiments sont là... Ce n'est pas le contenu que je condamne, mais l'absence presque totale de contrepoids qui livre quasiment un message de dédramatisation. Seul le suicide de Naoko vient contrebalancer, quoique bien rapidement, un traitement somme toute très Bisounours.

En réalité, Tenshi no Koi n'a aucune once de poésie ni de recul sur la thématique. Il ne manque pas de pudeur mais effleure tellement son créneau qu'il aurait tout à fait pu parler d'un autre sujet sans que ça ne change rien au traitement livré. Le scénario se déroule à la lumière du visage cristallin de Nozomi Sasaki : avec force fond de tein pour cacher les imperfections, on en oublierait presque que la nature est souvent beaucoup plus cruelle...

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Commentaires

sagura
28 Mai 2013
14:13

Bonjour :)

ou peut t'on trouver ce film ???

j'ai trouvé quelques extrais il a l'air intéressant

29 Mai 2013
06:18

Bonjour,
Il n'est pas sous licence en France à ma connaissance, tu peux le trouver sur Amazon.co.jp.

sagura
29 Mai 2013
06:37

Merci bien :)

Je vais essayer de voir

Margaux
02 Juin 2013
12:32

J'ai terminé ce film hier et je l'ai trouvé superbe ! Il faut dire que j'adore tout ce qui est drama triste et un peu à l'eau de rose, donc je n'ai pas été déçue. Juste une petite remarque : je pense qu'il serait mieux de mettre un avertissement pour éviter de spoiler les lecteurs - ton article m'a donné envie de regarder le film, mais c'est également en le lisant que j'ai su ce qui allait se passer avec Naoko (à mon grand regret !)

Au passage, j'aime beaucoup ton site. Je l'ai découvert récemment et le trouve très intéressant :) Bonne continuation !

Ludivine
30 Juin 2013
21:00

Aie Aie je supporte pas savoir la fin déjà que les trois quart des films que je regarde je devine aisément la fin au bout de même pas dix minutes alors là, sa me donne plus envie de le voir ... Grrr J'aurais pas du lire ...

blackcat93
17 Avril 2014
19:15

Il me semble que c'est plus ou moins le sujet abordé par Love and Pop de Ryu Murakami en relatant dans son livre et aussi dans une adaptation cinématographique, le plaisir des jeunes filles à vouloir s'enrichir et s'offrir les plus belles choses en échange d'une riche personne esseulé. J'avais bien aimé le film quoi que un peu vieux mais le livre je ne l'ai toujours pas terminé.

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