No more Heroes

La Wii a beau avoir un succès juste hallucinant, elle n’en souffre pas moins de critiques (parfois) justifiées sur sa ludothèque. Aussi chiadés soient les jeux Nintendo, leur rythme de sortie n’est pas toujours folichon pour les gros joueurs. C’est la politique du constructeur qui veut ça. Sans compter que les éditeurs tiers semblent frileux à sortir des sentiers désormais balisés du casual gaming, un genre aussi rétributif qu’il coûte peu en investissements. Goichi Suda, game designer fantasque déjà responsable de Killer 7 sur GameCube, tente un contrepied osé au catalogue Wii avec cet OVNI qu’est No More Heroes.

OVNI ? En fait, pas tant que ça… Ou plutôt, No More Heroes est moins proche de Killer Seven que d’un mélange détonnant entre GTA, Shadow of the Colossus et God Hand. Plus abordable que son prédécesseur, le gameplay, notamment, ne perdra pas le joueur au bout de 5 minutes. En schématisant, on rapprocherait presque le jeu d’une suite de boss entrecoupée de phases d’exploration du pauvre et de mini-jeux délirants. Car le plus produit de No More Heroes, c’est clairement son game design. Et ça, Suda 51 et l’équipe de Grasshopper Manufacture y ont travaillé dur pour concevoir un jeu totalement décalé.

L’anti-héros, Travis, est une sorte de dilettante qui vit dans une chambre de motel entouré de clips d’animés et de masques d’anciens catcheurs. Il tombe un jour sur une sorte d’épée laser et, sur les conseils d’une belle blonde à l’accent russe qu’il espère se faire, il tue celui qui n’est autre que le 11ème des assassins de sa ville, Santa Destroy. Au joueur de s’occuper des 10 restants. Et on s’arrête à ça ! Les grands moments sont bien sûr les assassinats. Le reste n’est que décorum, placement de clins d’œil et de style qui mettent en exergue des combats tarés aux designs mémorables.

Il faudra pour ça passer outre une 3D archaïque et quelques passages vides, linéaires ou redondants. Comme une sorte de mise en abyme qu’est cette épreuve de passage. Dans Killer 7, c’était son caractère abscons. Pour No More Heroes, il s’agit d’une dissonance néo/rétro. Suda 51 nous indique par là que ses jeux méritent seulement d’être joués par ceux qui s’y investissent. On n’est alors clairement plus dans le casual ; voilà qui risque d’en faire bander certains.

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