Grand Theft Auto IV

GTA4

Alors là, on s’attaque à un gros morceau. Et en plus, avec quasiment 6 mois de retard… Il faut dire que je ne suis pas spécialement féru des GTA. J’ai bien tâté des précédents épisodes (même du temps où l’action était en 2D et où on la suivait de haut) mais sans réelle motivation sur la durée. La série de Rockstar a évidemment ses qualités ludiques, mais celle que je reconnaîtrais le plus pour ce Grand Theft Auto 4 est sa force de frappe appuyée par un buzz marketing mené d’une main de maître. Ceux qui n’avaient pas encore été touchés par la série lors de la sortie du troisième opus, ou du scandale « hot coffee », ont forcément goûté à GTA IV. Tous les médias se sont emparés de sa sortie à tel point qu’on a finalement peu parlé de l’intérêt intrinsèque du jeu.

Mais le pseudo scandale est orchestré. Car Grand Theft Auto IV n’innove pas, en tout cas pas dans l’escalade d’une violence et d’une immoralité déjà bien assises depuis une dizaine d’années. Il se déroule une fois de plus à Liberty City, ville fantasque mais très largement inspirée de New York City (le changement de nom n’est alors que communication). Liberty reprend les quartiers et quelques-uns des monuments et lieux les plus célèbres de NYC : Statue de la Liberté, Central Park, Times Square, Empire State Building et même les 5 boroughs y sont représentés plus ou moins fidèlement. Dans leur globalité, ils servent de théâtre aux exactions commises par le joueur au long de l’aventure. Bien vu : l'immeuble Metalife est renommé Getalife. GTA IV est bourré de ce genre de clins d'œil.

Il me semble que le scénario de GTA4 est plus présent que dans les précédents épisodes. C’est peut-être dû au fait que le protagoniste, Niko Bellic, a une personnalité et une présence plus travaillées. Mais indiscutablement, il y a un vrai fil rouge et le scénario se déroule au fur et à mesure que Niko rencontre ses commanditaires. En contrepartie, le jeu est un poil redondant dans le sens où, quasiment jusqu’à la fin, les missions se déroulent toujours plus ou moins de la même manière : après la petite cinématique qui va bien, on se débrouille pour se rendre sur les lieux demandés et réaliser l’action voulue. Et même si les objectifs varient d’une mission à l’autre, on reste dans des schémas, sinon hiératiques, au moins pas mal éculés dans les jeux de ce type dont Grand Theft Auto est lui-même bien souvent l’instigateur. Vous avez dit « serpent qui se mord la queue » ?

Techniquement, GTA IV n’est pas irréprochable. Certes, il y a de beaux passages et des effets qui vont bien. La ville est juste immense et si les détails ne fourmillent pas, l’ensemble est en mouvement constant. En contrepartie, on note pas mal de faiblesses, telles que des ralentissements assez indignes (les rotations sont rapidement pauvres) et une simplicité des textures assez constante. D'accord, la ville est immense, il faut de longues minutes pour la parcourir même à pleine vitesse et il y a mille choses à y faire, mais en y regardant de plus près, on peut vite tourner en rond. À moins de se balader et y chercher des petits riens, chose qu’on n’avait plus faite peut-être depuis Shenmue. Reste que si la vastitude de l’environnement fait très fort, le crédit "new gen" n'est pas franchement là.

Bref, je vois bien que je donne l’air de critiquer sans vergogne Grand Theft Auto IV. Mais quoi qu’on en dise, c’est de toute façon un titre important dans le jeu vidéo de ce début de XXIè siècle. Pour ce qu’il représente, ce qu’il véhicule et l’impact qu’il a eu pour le média à travers de nombreux prismes. C’est sans doute, avec Mario et PlayStation, l’une des 3 marques les plus connues par les non-joueurs. En ce sens, le quatrième GTA remplit son contrat à tout point de vue : sa recette à base de superlatifs a peut-être peur de se réinventer, mais elle comble sans doute toutes les attentes. Dans le jeu vidéo d’aujourd’hui, c’est déjà pas si mal.

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