L'annonce de ce jeu aura fait l'effet d'une bombe. Même si Nintendô avait déjà, par le passé, donné ses licences à des tiers pour réaliser des jeux (on se souviendra de Mario RPG chez Square, des Mario Party chez Hudson, des Zelda GBC chez Capcom ou de Mario Tennis et Mario Golf chez Camelot, entre autres), les voir confier le développement du nouvel épisode d'une grosse franchise telle que F-Zero à leur concurrent d'antan, cela aura surpris beaucoup de monde. Mais cela aura aussi fait naître de nombreux espoirs, notamment quant à un renouveau total de la saga F-Zero, après avoir presque créé la controverse sur N64 et GBA.

Honnêtement, je crois que rarement avec un jeu je n'aurai su à un tel point à quoi m'attendre dès les premières secondes de jeu. Si j'espérais secrètement avoir de nombreuses innovations au niveau du gameplay, voir pourquoi pas une refonte totale de la jouabilité, je m'attendais tout de même à ce que le jeu reprenne une bonne partie des bases inaugurées par F-Zero X. Mais peut-être pas à ce point. Le développeur a beau avoir changé, dès les premières secondes de jeu, on sent que le jeu se joue comme F-Zero X. Alors oui, les circuits sont différents, oui, le jeu est sublime et extrêmement agréable à jouer, mais 5 ans après l'épisode N64, voir une vulgaire nouvelle saison boostée par la puissance de la GameCube plutôt qu'un renouveau de la saga, c'est un peu décevant. Car au final, quel intérêt d'avoir mis Amusement Vision aux commandes, s'ils refont à l'échelle 1:1 ce que Nintendô aurait pu faire ? Enfin bref, malgré cette relative déception au niveau de l'originalité de ce nouveau titre, il ne faudrait pas gâcher son plaisir car oui, le jeu est fun, très jouable, et techniquement, c'est la grosse gifle attendue, avec des graphismes sublimes et une animation d'une rapidité et d'une fluidité jamais vue. La durée de vie semble également longue, avec de nombreux Grand Prix et un mode histoire à la difficulté plutôt réglée à la hausse. Petit point noir cependant pour la bande son qui, bien que sympathique, est un ton en dessous de celle de F-Zero X.

Le jeu a vraiment tout pour lui et entre sans aucun problème dans la catégorie des must have de la GC, mais je pense également qu'on aurait été en droit d'en demander plus. Espérons que, si la saga F-Zero continue dans cette direction, Nintendô ne remettra pas 5 ans pour nous sortir de nouveaux Grand Prix.

Chapeau bas

L'avis de Gael

Lorsque Nintendô offre à Amusement Vision, l'un des sept bras de SEGA, l'opportunité de porter une saga discrètement fabuleuse, ce n'est pas pour rigoler. J'aime autant vous dire que le couplé GX/AX enterre en tous points ses plagiateurs de concurrents, quels qu'ils soient. Car AV ne s'offre pas uniquement de porter au Gekko alléché un simulateur qui n'attendait qu'une telle puissance, l'équipe se permet également de retravailler l'univers global de la petite série, et encore d'y greffer quelques modes aussi nombreux qu'ardus.

Fini le rock les aminches, place à la techno. Et si le synthé n'atteint pas la cheville des grattes, il colle tellement parfaitement à l'univers recréé que l'on ne marmonnera même pas. Mute City, Big Blue, Sand Ocean, Port Town, et tant d'autres refondées, futurisées, animées, géantifiées... que de sensations ! L'amoureux de F-Zero retrouve ses yeux de 1990, lorsqu'il découvre des courses qu'il ne se risque pas à imaginer, treize ans plus tard, si intelligemment retravaillées et avec une architecture aussi ahurissante, par une équipe de leur (désormais plus) éternel rival. F-Zero a bien grandi. Chapeau bas !

C'est donc bel et bien un titre de très haut niveau qui nous est offert là. Haute-résolution, compatible wide screen, d'une finesse à toute épreuve tant graphiquement que dans son ambiance sonore, le jeu bluffe sur de nombreux plans. Il faudra éventuellement reconnaître que l'innovation n'y est pas une clé. Et alors ? F-Zero GX s'offre d'arracher à son joueur des sourires moins amusés qu'amoureux. Il est furieusement rapide, porteur de poussées d'adrénalines et d'incroyables sensations corollaires d'une technique époustouflante. Et sur la Nintendô de salon, sérieusement, cela fait du bien !

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