Pourquoi je ne pars pas vivre au Japon

Rester touriste ou devenir expatrié ?

Au-delà de sa culture populaire, j'ai commencé à traiter du Japon en tant que tel sur Kanpai peu avant mon premier voyage en septembre 2003. Le reste de l'histoire, vous le connaissez sans doute, et sinon les centaines d'articles du site parlent d'eux-mêmes : sans trahir la culture pop nipponne dans son ensemble, de nombreux carnets de voyage et autres guides du Japon sont publiés régulièrement sur Kanpai depuis plus de dix ans.

Dans ce laps de temps, on m'a demandé à de nombreuses reprises pourquoi, plutôt que de voyager régulièrement sur l'archipel, je ne partais pas m'installer au Japon pour quelques années voire définitivement. À vrai dire, cette question est plutôt logique étant donné que beaucoup des sujets abordés sur Kanpai traitent du voyage au Japon, de sa culture et sa société. Et a fortiori, toutes considérations personnelles mises de côté, le fait que je travaille à mon compte depuis quelques années maintenant n'est certainement pas un frein à une éventuelle expatriation.

Deux approches différentes mais pas opposées

La réponse est simple : par choix. Et il va sans dire que ses raisons sont multiples. Je ne vous cache pas que l'idée m'a chatouillé plus d'une fois en dix ans, parfois même très concrètement comme lorsqu'on m'a proposé un emploi, ce qui impliquait forcément ma présence directement au Japon. C'est donc un parti pris, que certains voient peut-être comme une erreur stratégique, que d'avoir conduit Kanpai à ce qu'il est aujourd'hui : un site de voyage au Japon et de culture japonaise qui aurait bien pu devenir un blog d'expatrié. Mais ce n'est pas mon créneau et je laisse cela à d'autres qui le font, pour certains, très bien.

Car dépasser le cadre du visa touristique (généralement d'une durée de trois mois) donné par le passeport, c'est presque systématiquement choisir un système PVT / visa vacances-travail, au moins au départ. Et le fonctionnement imposé au quotidien n'est alors plus du tout le même : la location d'appartement implique une sédentarisation, l'inéligibilité au Japan Rail Pass un relatif cloisonnement géographique, etc. Quant aux frais à engager pour une vie sur place si l'on veut en profiter un minimum, ils sont souvent sans commune mesure avec le budget économisé pour un voyage de quelques semaines à peine.

Les thématiques éditoriales rapportées sur le site bougeraient alors naturellement : du large panel de visites du nord jusqu'à Okinawa, on passerait principalement à des expériences plus quotidiennes et locales. Et l'intérêt de lecture évoluerait par là même, sans que cela soit plus ou moins intéressant (cela dépend des points de vue), juste une approche différente. Il me semble qu'on ne vient pas seulement consulter Kanpai pour rêver. Bien entendu, c'est possible et c'est même très apprécié, mais beaucoup d'entre vous utilisent le site comme une source d'informations très concrète pour organiser leur propre voyage. Je ne souhaite pas les priver de cela.

La force de la communauté Kanpai

Kanpai cherche avant tout à partager une expérience de touriste régulier au Japon et à faire en sorte que notre communauté crée une émulsion non exclusive sur ce choix, en particulier à travers Kotaete et Kakikomi. J'aime voyager au Japon, la liberté que cela procure et jusqu'à présent, j'ai choisi de ne pas subir les contraintes ou les difficultés liées à l'expatriation. Cela ne veut pas dire que ce ne sera peut-être pas le cas à plus ou moins court terme mais pour l'heure, qu'on se retrouve ou pas dans cette prise de position (libre à chacun !), ce choix de ne rester qu'un simple touriste fait de Kanpai ce qu'il est aujourd'hui.

Grâce à vous, nous mettons en commun toutes nos expériences : des rêveurs ou futurs touristes qui ont encore tout à apprendre et à voir du Japon (dans un sens, on peut les considérer comme chanceux !) aux expatriés de longue date qui connaissent le Japon, sa société et sa langue comme le dos de leur main, et entre les deux une foule de profils différents. Chacun se placera sur cet échiquier et pourra apporter sa propre perception, ses connaissances et ses envies. C'est cette complémentarité qui fait la force de Kanpai et je ne vous en remercierai jamais assez !

À mon sens, il n'est pas pénalisant de ne pas habiter au Japon pour préparer ses voyages ; fort heureusement les préceptes ne sont pas réservés à une telle "élite". Il existe une infinité de ressources sur Internet disponibles dans toutes les langues, bien au-delà de cette référence qu'est Japan-Guide, ainsi qu'une infinité de sites ou blogs plus confidentiels (sans que ce soit péjoratif, souvent même au contraire) notamment en anglophone, espagnol ou bien sûr en japonais, qui offrent mutuellement un puits d'idées sans fond pour nos prochaines visites et excursions au Japon. Si Kanpai peut, à son tour, vous transmettre des envies ou vous accompagner dans votre organisation de voyage, à travers les articles et/ou les eBooks, ce n'en sera que positif.

Le Japon n'appartient à personne. Il y en a bien assez pour que chacun y trouve ce qu'il y cherche et puisse en profiter !

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Informations pratiques

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Commentaires

xirn17
25 Octobre 2013
16:39

"Le Japon n'appartient à personne [...]"
Euh, un petit peu aux Japonais quand même, non ?

Dominique
06 Décembre 2013
21:36

Pour vire à l'étranger. Apprendre la langue et savoir ce que l'on veut vire. Bien définir son projet de vie

Haydée
25 Octobre 2013
18:09

Salut Gaël,

Je dois dire que j'approuve tes propos concernant le fait de donner des conseils sur le Japon même sans y vivre pour autant. Moi qui part au Japon (normalement) l'année prochaine, tes conseils me sont précieux.

Si j'ai envie de laisser un commentaire ici c'est également pour partager un article que Tony (mon binôme) a écrit dans notre blog cette semaine. Nous restons neutre sur la question et souhaiterions avoir ton avis sur la question.

Le voici : Pourquoi je n’irai peut-être jamais au Japon ? [dessin du samedi] http://www.travelplugin.com/pourquoi-jamais-au-japon/
Bon week end

25 Octobre 2013
18:20

"Nous restons neutre sur la question."

Ah bon. Heureusement que tu le dis, parce que sinon on n'aurait pas remarqué, ça ne se voit pas du tout à la lecture de l'article...

Haydée
25 Octobre 2013
19:58

Salut Bach-khun,

La seule remise en question sérieuse ici est le nucléaire dans son ensemble. Il reste assez d’espace non irradié au Japon pour s’y faire plaisir. Et je pense sincèrement y aller l’année prochaine comme prévu.

L’article se veut surtout critique envers les médias. Si le début est aussi radical c’est justement pour faire ressentir cette peur qu’un écrit peu nous infliger.

Mais nous faisons la balance et mettons un point d'honneur à donner le discours opposé dans la foulée. Et nous finissons bien sûr par une touche positive. Notre blog humoristique et sarcastique traite à sa manière de certains extrêmes sans pour autant les cautionner.

La seule chose que je cherche c’est l’avis de ceux qui connaissent le Japon. Ceux qui y résident ou qui y vont régulièrement.

Sbr
15 Novembre 2013
21:41

Pas de blog, non. Pas envie non plus de donner mes donnees de contact en public.
Au passage, je viens de me rappeler de plusieurs anecdotes "marrantes" relatives au mond edu travail au Japon.
A mon premier boulot en tant que consultant chez Bridgestone (le fabricant de pneus), j'ai voulu monter une team d'airsoft dans l'entreprise pour renforcer les liens sociaux de l'equipe. On allait le dimanche soir dans un des terrains de golf de l'entreprise pour jouer. Apres seulement 3parties, je n'ai plus jamais reussi a rassembler assez de gens pour jouer. La direction n'aimait pas l'idee et a fait pression sur les employes pour qu'ils ne viennent plus.
La direction m'avait pourtant donne le droit d'utiliser le terrain pour cette activite, ils etaient au courant de son but social et de ses consequences positives sur la productivite des employes, les employes ont achete leur mateirel avec leur propre argent et on ne jouait pas de la semaine pour eviter de fatiguer les employes. Toute tentative d'aborder le sujet avec la direction se soldait par un "ah? heu, on ne sait pas, demandez aux employes pourquoi ils ne veulent plus venir".
Bridgestone n'etait pas le pire, ceci dit. Meme s'ils ont annule plusieurs de mes directives avec ce genre de procedes, au moins ils ont suivi les guidelines generales.
D'autres entreprises par contre ne voulaient absolument pas changer leur maniere de faire. Les japonais aiment rester au travail longtemps pour se faire bien voir mais ils sont totalement improductifs a cause de la fatigue physique et morales. Beaucoup dorment les yeux ouverts devant leur ordinateur ou refont plusieurs fois les memes tests sans en noter les resultats juste pour dire qu'ils font quelque chose. A part chez Bridgestone et certaines petites entreprises, aucune n'a voulu appliquer l'obligation de quitter le bureau apres une certaine heure.
Presque aucune n'a voulu organiser des evenements de team building (comme l'airsoft ou des voyages de groupe payes par l'entreprise) qui ont pourtant demontre leur efficacite sur les equipes creatives.
Aucune n'a voulu changer le systeme de promotion basee sur l'anciennete pour un modele de promotion basee sur la competence.
En gros, j'etais grassement paye pour parler a des murs.
Puisque Ismael parlait de la qualite du service japonais, une fois de plus, ce n'es qu'une facade. Si vous saviez tout ce que les vendeuses disent sur les clientes, vous considereriez le Japon comme un des pays les plus grossiers du monde. Ici, les vendeuses se prennent parfois la tete avec des clientes et n'hesitent pas a remettre en place des clients impatients ou juste chiants mais au moins elles font plus vraies.
Quand Ismael aura sont premier velo ou sa premiere voiture au Japon, il se fera controller aussi souvent qu'un noir en casquette training a la gare du nord.

Haydée
16 Novembre 2013
00:55

L'exemple est intéressant, mais ce genre d'abus ou de négligence ou de rigidité, enfin je ne sais pas comment le qualifier, se retrouve en France également, non ?

l'absence de réponse de leur part devait être dur à avaler, je comprend. La direction avait peur que les gens s'amusent ? Se raprochent ? Ce n'est pas dans leur culture ?
Que de questions me traversent l'esprit
Merci pour ton témoignage. ;)

Ismael
26 Octobre 2013
04:58

Je vis au Japon depuis 14 mois et une chose est sûre, je me vois mal retourner en France maintenant.
En effet la sécurité, les transports japonais à l'heure, la propreté des rues de Tokyo, la qualité du service japonais et chose rare j'ai même appris à aimer les policiers
Bien sur tout n'est pas parfait mais quand je vois ce que devient la France je m'en contenterait

Haydée
26 Octobre 2013
19:13

Merci Ismael ça me donne envie d'y aller d'autant plus ! ;)
Très bon week end !

Sbr
15 Novembre 2013
12:36

Les 2-3 premieres annees se passent en general bien pour les expats mais tu verras plus tard.
La "politesse japonaise" (qui n'a rien de sincere, c'est juste un reflexe de chien de pavlov) te tapera sur les nerfs.
Quand tu auras ton premier enfant au Japon et que tu devras avancer environ 1million de yens juste pour que l'hopital daigne prendre en charge ta femme.
Quand tu devras debourser 4-5millions de yens pour te marrier.
Quand tu voudras acheter un logement et que 20agences te diront "non" systematiquement juste parce que tu es un etranger, meme si tu gagnes 10fois le salaire du japonais moyen.
Quand une agence acceptera enfin de te vendre un logement, tu regretteras les prix de Paris.
Quand tu auras un relent de culture francaise qui t'empechera de t'excuser pour 1minute de retard au boulot et que ton boss fera tout pour te faire plier.
Quand, apres 10ans de vie sans aucun probleme avec la justice, des enfants, une maison a toi on te dira que non, tu ne peux toujours pas devenir japonais et que de toutes facons tu n'auras jamais le droit de voter pour ce pays que tu consideres maintenant comme le tien.
Quand tes enfants se feront appeler "gaijin" par ses camarades et par ses profs alors qu'ils sont nes au Japon de mere japonaise et ne parlent que tres peu le francais.
Quand on te demandera d'ou tu viens pour la 137543075893075eme fois alors que tu vis au Japon depuis pres de la moitie de ta vie.
Quand on te diras que tu devras travailler 5ans de plus qu'un japonais pour etre eligible a la retraite.
Quand tu comprendras que le systeme de retraite japonais te mettra a la rue (ou te forcera a bosser dans un parking comme tant de retraites japonais) a moins d'avoir mis de cote environ 150millions de yens pendant tes annees de travail.
Quand tu comprendras que le systeme politique japonais n'a pas evolue depuis environ 3siecles.
Quand tu auras une periode de chomage (attention, c'est 6mois max meme si on a travaille toute sa vie) et que le gouvernement te donnera genereusement 30.000yens par mois.
Quand tu devras payer des frais d'architecte apres chaque tremblement de terre pour eviter que tes assurances ne triplent de prix ou ne cessent de te couvrir (tout en te demandant des "frais de resillation de contrat" gargantuesques).
Quand tu devras aller a l'hopital et qu'on te presentera la facture.
Des annecdotes du genre, j'en ai des milliers. Bien sur au debut, tout est beau, tout est mieux, puis plus longtemps on y vit, plus on maitrise les subtilites de la langue japonaise, plus on se rend compte que ce pays est pourri jusqu'a la moelle.
Pour vivre heureux au Japon, il ne faut surtout pas apprendre le japonais, ne pas s'interesser a autre chose qu'aux apparences, beaucoup de fric et surtout beaucoup, beaucoup de vaseline.
Malgre tout ca, j'aime encore suffisament le Japon que pour y retourner plusieurs fois par an.
Y retourner vivre? N'importe quelle "democratie" sud africaine est probablement mieux.

Haydée
15 Novembre 2013
13:17

Ton commentaire va me marquer à vie Sbr !
Merci pour toutes ces précisions.
Tu as un blog ? Un contact ?
A bientôt
Haydée

roland
18 Juin 2015
10:20

jE VIS EN THAÎLANDE DEPUIS DIX ANS, A LIRE VOTRE TEXTE J'AIS L'IMPRESSION QUE C'EST LA MÊME CHOSE DE VIVRE AU JAPON ... POURTANT MA FEMME THAÏLANDAISE QUI EST HANDICAPéE, NE CESSE DE ME VANTER LE JAPON : POLITESSE, PROPRETE, RESPECT DES AUTRES ET DES LOIS, BON SENS, RAFFINEMENT ET SURTOUT POSSIBILITE POUR ELLE DE SE DEPLACER AISEMENT ET LIBREMENT... DONC LE CONTRAIRE DE LA THAILANDE ET D'UNE MAJORITé DE LIEUX ET DE LA POPULATION FRANCAISE ???? MOI J'AIMERAI RETOURNER EN FRANCE (PAS PARIS NI LE MIDI !!! ) : LE CAMENBERT, LE BON VIN, LA CUISINE ET LES GATEAUX RAFINES, LES SAUCISSES DE MORTEAUX ET LE BON PAIN ME MANQUENT... MAIS JE HAIS LA VULGARITE, L'ABSENCE DE VRAI CULTURE ET LA SALETE QUI SONT GENERALES EN tHAILANDE ET DE PLUS EN PLUS PRESENTS EN FRANCE : QUID DU JAPON ?

Roland-Thaï
30 Décembre 2015
05:09

Merci pour ces précisions : retraité de 66ans (donc je ne travaille plus !) je vis à Bangkok avec ma femme Thaïlandaise depuis + de 10 ans. Fatigué de cette "culture du sourire" et surtout de l'absence de culture, j'espérais retourner en France avec elle. Celle-ci étant handicapée moteur et ayant séjourné au Japon à plusieurs reprises elle me pousse à choisir la culture Nippone (déplacements aisés, respect mutuel et politesse, cuisine (?) être Français au Japon est sans doute un problème mais au moins n'y a t-il que peu de pollutions venant d'autres ethnies ... ) Certes la France, en bien des endroits a changée mais le fromage, le vin et la culture en générale sont toujours les mêmes ...

Amin
27 Octobre 2013
10:31

Je suis d'accord avec le point de vue de l'article même si je n'ai jamais vécu au Japon, j'ai eu l'occasion d'y aller une fois et ensuite vu bon nombres d'articles, de documentaires et autres sur le sujet et quelque chose est sûre. On voit toujours le Japon comme une île paradisiaque qui nous fait regretter d'être né en France mais au final, la vie y est plus difficile une fois dépassé le stade de la visite touristique. D'ailleurs, j'ai grandi avec les animes, les mangas et voir le Japon de si près m'a à la fois ébloui et déçu, les gens y étant obsédé par le travail et surtout ayant une image des étrangers peu élogieuse. On comprends mieux pourquoi ce pays s'est si renfermé sur lui même au point de n'accepter l'immigration que parce que il offrait au pays une main d'oeuvre complémentaire et un rajeunissement de sa population.

Cependant, toujours utile qu'une expérience par le biais d'un PVT ou d'un séjour de quelques semaines, me tenterait bien pour vivre de belles aventures et qui sait, continuer à m'émerveiller de ce pays qui m'a tant fait rêver.

Dominique
02 Novembre 2013
18:50

Que ça fait plaisir de pouvoir lire de temps en temps un commentaire qui ne soit pas Gnan-Gnan et où la pensée est étayée par un vécu objectif et sans parti pris.
C'est consternant de lire tous ces blogs à la gloire de la Culture, de l'Histoire, de l'Architecture et surtout de l'extraordinaire savoir vivre et acceptation de l'autre du japonais(e). Et je ne parle pas de son sang-froid et de son calme face aux calamités de la Vie ...
Le Japon n'a rien d'extraordinaire et nous sommes toujours sur Terre. Le Japon est différent, mais il n'est pas mieux ou moins bien.
Avant de parler de la Culture des autres, ne perdons pas la nôtre: Point d'Esprit Critique si cher à Voltaire, ici. Ici c'est l'Effet de Masse qui prédomine et le Conditionnement (à la Pavlov). Les automatismes sont partout y compris dans les relations avec les autres. Ils sont enseignés en art de vivre dès le yoochien (幼稚園 Ecole maternelle).
Ce qui fait croire aux chers bloggeurs que les japonais sont exceptionnels et chaleureux, alors que sans le savoir ils font l'expérience du Tatemae (建前) qui règne en maître ici.
Un petit mot sur la radio-activité (puisque c'est de saison, sic). En mars 2011, la radio-activité sur Tokyo (calculée en permanence par la balise Teleray placée sur le toit de l'Ambassade de France) était inférieure à celle de nombreuses régions de France notamment dans les Alpes (bassin genevois par ex. avec la Teleray du CERN) dû entre autre à l'émission naturelle des roches alpines (Jura en particulier). Le site de l'IRSN met à disposition les résultats de toutes leurs balises.
La région du Kanto est réputée pour une émission naturelle particulièrement faible. Bref, un endroit idéal pour la santé. D'autant plus qu'on est protégé des particules chinoises par la barrière naturelle des montagnes. Le Kanto est ouvert sur le Pacifique, mais encerclé par les montagnes.
Non le Japon n'est pas mieux ou moins bien, il est différent en MIEUX et en PIRE !!!
Et en conclusion, même si vous vivez des années ici, vous ne serez JAMAIS l'un des leurs et ce, même si votre enfant suit une scolarité japonaise et est lui, l'un des leurs.
Rien à voir avec tous ces délires dithyrambiques qu'on peut lire sur les blogs.

Flo-
28 Octobre 2013
22:46

Hello Gaël,

Tu n'as pas vraiment répondu à la question du tire ;)

En tout cas, ne ch

Flo-
28 Octobre 2013
22:49

(Ça m'apprendra à commenter dans mon lit avec le pc qui tombe... ^^)

Je disais, en tout cas ne change pas la formule, elle est très bien comme ça. Et si elle devait s'enrichir (encore plus), tant mieux! :)

29 Octobre 2013
01:22

Bah si, surtout dans les paragraphes 4 et 6...

alex
20 Novembre 2013
08:37

A mon avis c'est parce que tu n'as pas réussi a avoir un poste au japon afin d'y rester. Le japon ça se mérite !

thierry
23 Décembre 2013
14:49

Au debut le Japon c'est tout beau mais quand au bout de 10 ans on te propose le visa permanent et que tu le refuse c'est qui a forcement un malaise, d'ailleurs bon nombre de jap souhaitent venir vivre en France, tout comme bon nombre de francais souhaite vivre au Japon. l'herbe le voisin et tout ca font que c'est souvent (pour pas dire toujours) mieux ailleurs.

Valerie
03 Mars 2014
02:22

Gaël,

J’acquiesce tout à fait à ta vision des choses. On est bien plus libre en étant touriste régulier au Japon, qu’en y habitant.

Le niveau de vie est horriblement cher, et les transports sont un gouffre financier.

Moi, ma décision s’est prise par rapport à un choix amoureux, donc, ma situation est plus privilégiée que celle de quelqu’un qui vient librement, puisque je vis sous la protection de mon mari et de sa famille. Cependant, pour voyager à travers le Japon, et voir de nombreuses choses, elle l’est finalement moins qu’un simple touriste.

Mais ma situation en tant qu’expatriée est d’autant plus privilégiée que je suis une femme, et que si je ne travaillais pas, ce ne serait pas grave, puisque traditionnellement, les épouses ne travaillent pas forcément. Donc, la famille japonaise n’ira pas faire de remontrances si on s’occupe uniquement de son chez soi, et si l’on vit, par exemple en shumi-jin (personnes loisirs), ce qui est très commun de voir chez les épouses. C’est aussi pour cela que le Japon compte un nombre important d’artistes femmes, car elles peuvent se laisser aller à leur passion (80% des artistes que je connais sont des femmes).

La vision de Kanpai, ensuite, comme tu le dis très bien, est une vision touristique que tu ne pourrais développer si tu y habitais. Entre vivre au Japon et le visiter régulièrement, il y a une vraie différence. Tu profites finalement certainement plus que moi, en vérité.

Après, j’ai certainement une vision plus profonde des choses, du quotidien de la vie, sur place. Mais en même temps, une vision qui n’engage que moi en tant qu’épouse de Japonais et photographe indépendante, libre de mes mouvements. Aussi une vision encore plus particulière du fait que je sois mère, et mon hallucination quand j’ai appris que les accouchements étaient payants au Japon, et coutaient en moyenne 600 000 yens, rien que pour l’acte d’accouchement (sans compter les autres frais). Et, ici, c’est accouchement naturel, la péridurale n’est pas très répandue (et coûte encore plus cher). Un cauchemar.

Ces visions sont selon moi complémentaires, et pas forcément en opposition.

Dominique, très bon commentaire. Le Japon n’est ni mieux, ni pire qu’ailleurs. Il est simplement différent. Et ce n’est pas seulement du à son insularité. Chaque pays a ses propres codes, sa propre culture. Partout où l’on ira, de toute façon, nous aurons des choses à redire en tant qu’étranger. Vivre dans un pays qui n’est pas le sien, est, à mon avis, difficile, parfois très difficile, peu importe où l’on ira. Mais c’est certainement d’autant plus difficile lorsque la culture est radicalement différente.

En revanche, je ne peux m’empêcher de sublimer le Japon et sa culture ancestrale. Mais moins son architecture, parce qu’on nous a tout de même pondu des horreurs ici, et que Tokyo, peut parfois avoir un côté stressant, tellement le tissu urbain est dense. Mais il y a des choses intéressantes. Je ne peux présager de l’avenir, savoir si je m’y sentirai encore bien dans dix ans. Pour le moment, ça va, même si l’adaptation est toujours difficile parfois.

Après, il faut dire que, par rapport à la France, je reviens de très, très loin !!! Je n’avais quasiment rien à perdre, ce qui fait que j’accepte peut-être mieux ma condition ici, malgré les défauts du pays. Ensuite, je suis très entourée par ma famille japonaise, et c’est un bienfait dont je ne pourrais me passer, et qui n’a pas de prix.

Je te souhaite encore de beaux et nombreux voyages. Ainsi qu’à la communauté Kanpai.

03 Mars 2014
09:17

Merci Valérie pour ton témoignage et ton expérience.

Dominique
04 Mars 2014
00:52

Valérie,
J'évite autant que faire se peut de participer à des blogs.
Mon premier post était un coup de gueule contre le gnan-gnantisme.
Celui-ci est pour te remercier sincèrement d'avoir pris le temps de me répondre; qui plus est, par un commentaire intelligent et étayé par du vécu.
Je connais tes sites et ton blog pour les suivre "silencieusement", mais avec intérêts.
Je peux très bien comprendre que l'on soit attiré par la culture et les traditions japonaises. C'est tout à fait respectable.
En ce qui me concerne, le Japon ne m'avait jamais intéressé quand j'étais jeune. Mais j'ai rencontré l'Amour (en France), nous avons fondé une famille et cela dure depuis des années. Je me suis mis à l'étude de la langue que plusieurs années plus tard (lorsque nous avons déménagé au Japon). Et je dois dire, que je ne suis toujours pas spécialement attiré par cette culture.
Ta dernière phrase est:"Je te souhaite ...voyages". Comme cette phrase me semble adressée, je te précise que je ne voyage pas sauf pour mes vacances en France (Sic). Je vis à la limite de Tokyo (près de Yokohama).
Ma femme bien que japonaise avait échappé à l'accouchement sans péridurale, car à l'époque nous vivions encore en France.
Toutes mes félicitations et voeux de bonheur.

Valerie
04 Mars 2014
01:38

Bonjour Dominique,

Ouah, ça me fait vraiment plaisir... Je suis touchée.

Pour ma part, j'étais très attirée pas l'Asie du Sud-Est, spécialement le Vietnam, à cause, ou grâce, à Marguerite Duras.

Le Japon est venu plus tard, beaucoup plus tard (même si en revoyant l'Empire des Sens, à un âge où je fus capable de comprendre ce film, je me suis rendue compte que le Japon avait été présent avec moi depuis de nombreuses années déjà).

Je me suis également retrouvée au Japon par amour, rencontré en France, comme toi. Plus rien à perdre à l'époque (plusieurs années de black out total), j'ai fais le grand saut, et je ne le regrette pas. J'ai retrouvée l'amour des traditions grâce au Japon, alors que j'étais fâchée avec ce genre de choses en France.

Du coup, cette phrase, dans ton commentaire, a particulièrement retenu mon attention :
"Avant de parler de la Culture des autres, ne perdons pas la nôtre: Point d’Esprit Critique si cher à Voltaire, ici." Mais, je crois que parfois, on ne réalise combien sont importantes certaines choses que lorsqu'on les a perdues ou lorsqu'on y a plus accès.

C'est aussi pour cela que je m'intéresse à la culture et aux traditions japonaises, à son histoire, pour qu'elles continuent à se transmettre. Je vis au Japon, ma fille est Japonaise (enfin, à moitié, mais Japonaise puisqu'elle y vit et que je vais l'y élever), je ne veux pas qu'elle regrette d'avoir perdu une partie de sa culture, comme ça m'est arrivé.

J'adore les festivals, pour leur ambiance, la nourriture (la plupart des gens disent que je ne suis pas épaisse, mais j'adore grignoter, et c'est aussi pour cela que les festivals et les vielles parties de la ville de Tokyo me plaisent tant) , et les rencontres que j'y fait parfois.

Je suis aussi du côté de Yokohama, mais j'aimerais retourner dans l'est, vers Edogawa, car c'est bien mieux pour toute la culture ancienne, pour promener ma fille aussi... Et puis, c'était mieux desservi.

Ta femme a eu de la chance. Cela faisait belle lurette que je n'avais plus aucun droit en France, donc, je n'avais que ce choix d'accoucher au Japon. L'accouchement naturel... Quel horreur ! Même si aujourd'hui c'est oublié.

Si tu veux un jour prendre un café, n'hésite pas à me contacter via mon site. Si ça se trouve, on n'est pas très loin.

Une très belle journée, le soleil brille, je crois que je vais commencer à tenter des sorties avec ma fille.

Valérie

Dominique
06 Mars 2014
07:31

Valérie,
Ce sera avec plaisir. Je t'ai donc envoyé un mail sur "Image du Japon".
Dominique

Valerie
06 Mars 2014
13:55

Dominique,
Je n'ai rien reçu. J'ai regardé ma boîte spam, rien non plus. Peut-être que mon site a eu un petit soucis. Si tu pouvais réessayer.
Valérie

19 Juillet 2014
01:51

Tous ces témoignages sont fascinants. J'ajoute le mien, un autre angle.
Mon père est né à Saitama, issu d'une grande famille de samurai (notre arbre généalogique remonte jusqu'au 8ème siècle) il ne s'est pas remis de son enfance à cause du choc culturel : l'occupation américaine face à son grand-père qui voulait l'éduquer dans la plus pure tradition samurai...
Mon père voyait dans son enfance des habitants de la ville s'incliner à chaque passage de mon grand-père pendant que ma grand-mère faisait le ménage chez les américains et que lui (mon père) faisait les poubelles des américains pour finir les bouteilles de lait.
Mon père a su que son père, soldat non gradé à la guerre, sur le front de Sibérie, a été convié pour servir le thé à un général membre de la famille impériale...sur ces milliers de soldats, seul mon grand-père avait un titre suffisamment important pour être présenté à ce général.
Mon père conserve précieusement les fiches de paies de samurai de nos ancêtres du 16ème siècle, le coq peint offert par Tokugawa à notre famille....mais pourtant il vit en France depuis plus de 30 ans et il ne quitterait la France pour rien au monde.
Pendant ses études à Lyon, il a rencontré ma mère, elle est tombée enceinte...et il n'a plus jamais quitté la France.
Il m'a éduqué comme un samurai l'aurait fait....il ne m'a jamais adressé la parole. J'ai donc un prénom, un nom japonais, du sang japonais et je ne le parle pas.
Mon père est un déraciné, en schizophrénie totale entre 2 cultures. Il a aujourd'hui l'esprit français : il croit fortement en la nécessité absolue de l'égalité homme-femme, il adule notre système social, il admire notre propension à l'indiscipline, il adore notre capacité à lâcher prise etc. Mais pourtant il a gardé sa fierté japonaise intacte.
Il critique très violemment les japonais, il ne comprend pas comment ce pays si high tech, si perfectionniste et si raffiné puisse être si peu démocratique et socialement archaique : La détention arbitraire, les gardes à vue sans limite, la négation de leurs sombres heures sanglantes, la présomption de culpabilité, la condition des femmes, le racisme....pour lui le Japon est un pays socialement sous-développé...
Et pourtant, il a conservé sa nationalité japonaise.
Pour ceux qui veulent approfondir leur connaissance sur l'aspect anti "kawaii" des japonais, un livre intéressant "50 raisons honorables de détester le Japon" de Stéphane Benamou. Tout n'est pas bon à prendre mais il pointe du doigt là où ça fait mal.
23 ans que je ne suis pas allée au Japon. 30 ans de complexe d'être une japonaise en "carton" car mon père ne voulait rien me transmettre de son "traumatisme".
J'y vais enfin, en mars prochain, sans son aide, ni celle de ma famille, comme une touriste de base. Je pourrai enfin voir avec mes yeux culturellement hybrides et juger mes racines.

12 Juillet 2015
03:45

Bonjour j'aimerais en savoir un peu plus sur ton voyages au japon comment la tu trouve et ton sentiments apres et tu sois retourne en france . j'aimerais beaucoup communique avec toi pour en savoir plus donc si tu est interesse n'hesite pas a me contacte.

M-F
06 Septembre 2015
06:38

Sbr, à votre message du 15/11/2013 qui reflète bien la réalité , je répondrais qu'on pourrait y ajouter encore beaucoup plus de choses négatives…
J'ai passé les 3/4 de ma vie au Japon, j'y suis résidente et malgré tout ça , j'aime ce pays, la France aussi bien sur, mais tout y est devenu vraiment compliqué et illogique
pour moi.

29 Décembre 2015
16:46

Le Japon n'est peut être pas mieux que la France pour certaines personnes. Je ne vis qu'avec ma mère depuis ma naissance, n'ai connu que les aides sociales et les frigos vides car personne ne voulait la recruter, je n'ai vécu que dans des banlieues, les hlm où on a failli se faire expulser, j'ai fais une licence de japonais à la base j'ai un bep et un bac sti, jai tout fait pour faire un échange avec le Japon, travaillé pendant 2 ans pour économiser en ne sachant pas si j'allais être prit, tous mes profs disaient qu'avec la licence seule on ne fait rien c'est le pôle emploi assuré. Je pars à l'université au Japon , je trouve un baito du premier coup, on me fait confiance direct (je suis le seul etranger dans le café ), les cours finissent, je cherche du travail pour vivre au Japon car je ne me voyais pas faire un master de japonais (je ne suis pas très littéraire)juste avec ma licence de japonais en poche et sans expérience (je ne sais que parler japonais ) , j'y vais au culot ( shukatsu ect ) et deuxième entretien plus tard jai un cdi (emploi à vie) avec tous les avantages qu'auraient un japonais (mutuelle, retraite chômage, augmentation de salaire avec un salaire de base qui en France serait impossible et je de plus je suis en pleine campagne avec des loyers pas chers avec un nombre d'étrangers proche du néant ) , et dont je suis le seul etranger dans l'entreprise , grâce à ce pays qui n'est absolument pas parfait je vais enfin pouvoir vivre normalement. La France m'a apporté l'éducation gratuite certes mais pas la chance de pouvoir bien gagner ma vie et donc je préfère payer beaucoup au Japon et travailler activement et vivre avec au moins un frigo plein et quelques sorties le week ent plutôt que d'être en France et de ne pas savoir si un jour j'aurais un bon boulot et de rester un fardeau pour ma mère . Peut être qu'un jour tout changera mais en 1 an au Japon j'ai eu plus de choses que durant les 25 dernières années. Si le Japon est mieux qu'en France où le contraire, ça dépend du point de vu, si tu gagnes plus au Japon qu'en France oui sinon non par exemple tout est relatif.

voyageur59
02 Mars 2016
18:37

Par contre niveau désavantage pour nos amis français :) qui songeraient au japon, de mon expérience, je tiens dire qu'il faut aussi être honnête avec eux et parler des désavantages, je trouve qu'il est assez dommage que les japonais est peur des étrangers et qu'il y soit dure de s'en faire de réelles amis. Je ne dit pas qu'ils sont moins bons que les français mais de mon expérience je dois dire que l'expression qui dit que les japonais sont sournois est loin d'être faux. Je préfère les gens directs mais honnêtes que des gens respectueux mais qui ont les faucheuses manie de ne pas dire les choses.

02 Mars 2016
23:23

Je vis en pleine campagne où il n'y a pas d'étrangers. Les japonais n'ont pas peur des étrangers. Ils sont surpris et quand je parle avec eux ils me remercient de vivire dans leur petite ville et sont content qu'un étranger qui parle japonais vivent avec eux. Dans la rue on me regarde mais pas plus que ça et je n'ai aucun problème avec eux. C'est même plus facile qu'en ville je pense. J'ai un super grand appart pour pas cher et quasi neuf où tout de suite on m'a dit ok pour louer à un étranger, pour le garant mon patron s'est proposé de l'être. J'ai qu'un visa d'un an pour l'instant mais même comme ça j'ai pu souscrire chez ntt un abonnement fibre internet. Bien que je sois à la campagne on ne me refuse rien du tout, j'ai le droit à tout comme les japonais.
Même au travail je suis libre. Ce ne sont pas des acharnés qui ne pensent qu'à ça. C'est comme une famille, on rigole, discute, la patronne se fait charier par les autres de temps en temps. je suis le seul étranger de la boîte et à peine arrivé je fais des voyages d'affaires alors que je ne connais rien au métier.
Pour rien au monde je ne rentrerai en france. Y a des trucs chiants des fois mais c'est dérisoire. Si les japonais avaient peur des etrangers surtout en campagne je n'aurais pas ce que j'ai aujourd'hui qui plus est tout.

M-F
03 Mars 2016
05:44

Il est vrai que le Japon a changé… Mais Gael ton article reste vraiment réaliste, et au passage l'article sur les expats au Japon est tout simplement bien vu et d'une réalité étonnante !

remy saunier
01 Mai 2016
18:01

SES REMY FRANCE

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