Metal Gear Rising Revengeance (test)

Metal Gear Rising Revengeance (test)

MGS Raiden (PS3 / Xbox 360)

Publié le 28/02/2013
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Gael est le responsable de Kanpai depuis sa création. Amoureux de la culture japonaise au sens large, il voyage au Japon régulièrement depuis 2003 et partage ses infos, bons plans et un certain regard sur le Japon.

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Quoique parfois répétitif, il est difficile de ne pas plébisciter le travail de Platinum Games. Après avoir livré notamment MadWorld et Bayonetta, le studio japonais s’adosse à Konami pour livrer une nouvelle vision de la série Metal Gear. Un opus un peu spécial car centré sur le cyborg-ninja Raiden et censé faire patienter jusqu’à Ground Zeroes et au canonique MGS5. Avec un peu plus de libertés et un esprit très japonais (tellement d’ailleurs que la virilité du protagoniste se décline jusque dans ses talons hauts et ses ongles longs), on pouvait en attendre une petite friandise ludique.

Effectivement, Metal Gear Rising Revengeance s’avère tout aussi généreux, nerveux et presqu’aussi fou que ses prédécesseurs chez Platinum. On trouve souvent un plaisir assez habile à manier Raiden dans ses virevoltes et son ultra-violence très graphique, jusqu’à l’exécution du 斬奪 zandatsu (littéralement « découper et arracher » en japonais). Les combats contre les boss, notamment, font preuve d’une inventivité parfois bluffante, si ce n’est pour leur musique rock superbement ringarde. En garniture, l’utilisation de l’univers MGS s’accompagne d’un fan-service et de clins d’œil parfois appuyés dans son design visuel et sonore. En somme, il y a cette candeur toute japonaise du gameplay de poseur qui vient cueillir le joueur pour lui livrer de belles séquences.

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Sauf qu’une poignée de bonnes idées ne peuvent supporter tout un bon jeu. Si les bandes-annonces très racées auguraient du meilleur, servies dans une mixture Platinum / Kojima, et malgré sa durée de vie incroyablement courte, Revengeance devient vite assez redondant sur le plan ludique. Les environnements de jeu restent désespérément restreints et fermés, et le rythme particulièrement haché (aha!) ne contribue pas à libérer l’expérience. Dans les faits, on ne peut pas construire beaucoup sans que quelque chose vienne interrompre le jeu, que ce soit un bavardage parfois pendant de longues minutes, un récapitulatif chiffré et bloquant du court combat qui vient de se dérouler, ou encore une séquence pré-montée pour montrer ce qu’il se passe sous un angle plus cinématographique.

Au final, on se retrouve parfois dans la position du gamin de cinq ans qui continue naïvement à marteler les boutons pendant que la cinématique se déroule, sans trop savoir s’il interagit réellement avec ce qu’il se passe a l’écran. Une situation particulièrement frustrante qui rappelle beaucoup des mauvaises marques de fabrique de la saga. Deux composantes supplémentaires m’ont achevé. D’abord, des problèmes de caméras agaçants, étonnamment marqués pour 2013 et qui contribuent à un résultat souvent fouillis. Et puis toujours cette même intrigue bien pensante sur le commerce de la guerre, qui confine parfois au grotesque lorsqu’il s’obsède dans son anti-américanisme primaire (le discours interminable de la fin), comme rabâchée par de vieux cons. Elle n’en est pas forcément moins juste, mais le déroulé manque clairement de fraîcheur.

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Metal Gear Rising Revengeance n’est sans doute pas le plus mauvais jeu de la saga, peut-être justement parce qu’il explore une voie plus orientée action. J’espère simplement que les prochains opus canoniques de la série s’inspireront de sa motivation à faire évoluer le nom, sous peine de scléroser Big Boss et compagnie.


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