Métis Franco-Japonais(e) : la difficulté d’être « half »
Interview d'une métisse de nationalité Française et Japonaise
D’un point de vue occidental japanophile, il semble qu’on ait plutôt une bonne image des métis Franco-Japonais. Bilingues et élevés dans une double-culture, absorbant théoriquement le meilleur de chacune d’elle, ils font parfois même l’objet d’envie de la part de certain(e)s qui aimeraient être à leur place. Du côté nippon, c’est un peu plus compliqué. Du point de vue linguistique, les Japonais eux-mêmes se sont désintéressés des termes classiques tels que 混血児 (konketsuji, littéralement « enfant de sang mêlé ») ou 合いの子 (ainoko, « enfant d’une rencontre ») au profit de ハーフ (half, « à moitié »), une expression que d’aucuns considèrent comme discriminatoire.
Ce statut parfois considéré comme « à cheval » n’est pas forcément évident à vivre pour les personnes concernées qui, selon leur expérience personnelle, peuvent se retrouver « ni… ni… » en ayant parfois l’impression de n’exister nulle part. Dans chacun de leurs pays d’origine, on les préjuge inadaptés. Un animé americano-japonais, Joe is Japanese, a même été diffusé dans les années 2000 pour exposer certaines situations vécues par des half. En voici un extrait :
J’ai choisi de vous rapporter les propos d’une métisse Franco-Japonaise qui vit avec difficulté son statut de half. La demoiselle a préféré rester anonyme ; j’ai donc choisi de l’appeller Chiyoko. L’idée n’est pas d’affirmer que tous les métis Français / Japonais le vivent forcément mal, mais de soulever un problème auquel ne pensent pas forcément les couples mixtes. À ce titre, je suis curieux de lire les avis des personnes concernées en commentaires.
Témoignage de Chiyoko, Franco-Japonaise
Tout d’abord, peux-tu te présenter (âge, formation, occupation, nationalité) ?
J’ai la trentaine, j’ai un bac et je travaille comme vendeuse dans une boutique à Paris, je suis de nationalité française.
Quel est ton rapport au Japon (éducation franco-japonaise, maîtrise de la langue, fréquence et durée des voyages) ?
A la maison, on parlait le japonais, j’ai une culture japonaise, je ne connais pas grand chose de la France même si j’y ai toujours vécu… (réf : les films français etc…) Nous retournions chaque année au Japon voir la famille.
Quels problèmes rencontres-tu en France ? À l’inverse, quels sont ceux que tu rencontres au Japon ? À quoi sont dus ces problèmes ?
Problèmes en France : les blagues de mauvais goût « tchin tchong », les hommes dégueulasses qui viennent m’accoster dans la rue avec les « nihao », les vendeurs/serveurs français qui ne savent pas parler anglais et prennent peur dès qu’ils voient un(e) asiatique dans leur établissement… Mes collègues qui n’ont toujours pas compris et ne comprendront sûrement jamais que je suis née en France et me font toujours sentir comme une étrangère. La famille de mon ex-copain qui m’a bien fait comprendre que je n’étais pas la bienvenue dans sa famille avec des réflexions, des blagues du même genre.
Problèmes au Japon : ils sont distants, ne prennent pas le temps de m’expliquer les expressions que je ne comprends pas parce que c’est pas drôle. Il y en a certains qui refusent de me voir comme une française, ce qui signifie que je dois TOUT faire comme une japonaise (c’est souvent des hommes), ils ne doivent pas aimer le fait que je ne puisse pas être soumise. Et d’autres qui n’arrêtent pas de me rappeler que je ne suis pas une des leurs avec des petites phrases innocentes mais qui font mal quand on est sensible.
Quels sont les avantages et inconvénients de ton métissage ?
Les avantages : je suis plus ouverte que la plupart des gens, curieuse de découvrir des nouvelles choses, internationale.
Les inconvénients : je ne trouve pas ma place, je me sens toujours décalée et c’est peut-être pour cette raison que je suis curieuse et que j’espère découvrir une place où je serai bien.
Peux-tu expliquer ce que tu apprécies / détestes dans chacune de tes deux cultures ?
Japon : J’apprécie le côté gentil de tout le monde, la politesse. Ce que j’apprécie moins c’est l’image de la femme dans la société, le fait que l’on garde ses sentiments et que l’on ne doit pas vraiment donner son opinion.
France : Ils ont l’air intelligent même si beaucoup utilisent cette capacité de la mauvaise manière. Franchement, je ne sais pas, à part la cuisine française (un peu trop lourde mais délicieuse), je n’aime vraiment pas grand chose des français et ça c’est depuis que je suis partie à l’étranger.
Par contre, ce que je déteste, je peux t’en dire pleins ! Les rues sont sales ! Les français sont des menteurs, ils sont de mauvaises fois et pas sympa du tout, hautain… (je continue ?) Bien sûr, il y a des personnes sympas, tout ça n’est que généralité.
Comment tes relations avec les autres Français et Japonais pourraient-elles être améliorées ?
Je ne sais pas, je cherche toujours la solution pour m’épanouir dans la vie et c’est difficile.
Merci pour tes réponses.
Je sais pas si j’ai bien répondu mais c’est comme ça.






Waouh. Comportements idiots en France. Chiyoko fait surement parti des peu nombreuses japonnaises en France que l’on aimerait connaitre pour qu’elle nous apprenne plus sur sa culture…
Tu dis « peu nombreuses japonaises » mais cette fille est française.
Si même les français on la considère japonaise alors qu’elle est née et a vécu en France, alors tu es « complétement idiot » toi aussi.
PS : « japonais » ne prends qu’un ‘n’.
Wow, je me reconnais complètement dans ce qu’elle dit!
Je suis moitié Française, moitié Japonaise comme elle. Plus âgée je présume aussi.
J’ai grandi en France et n’ai vu le Japon qu’à 12 ans. Ma mère m’a appris les bases du japonais seulement avant le voyage au Japon.
Je ne me suis jamais sentie vraiment Française du fait que l’on m’aie régulièrement « ching-chonguée » dans ma jeunesse, la plupart du temps en riant (« mon père est Chinois, ma mère est Japonaise, et moi j’suis mal foutue »), parfois agressivement (« Chintoque rentre chez toi! »). Plus tard, la famille entière d’un petit ami m’a rejetée avant même de m’avoir rencontrée (« ca doit être une geisha »)…
Le sentiment de non-appartenance s’est fortement accentué lorsqu’à 23 ans, j’ai travaillé dans un magasin japonais à Paris… je me suis rendue compte que les Japonais non plus ne me considéraient pas comme une des leurs.
Je me sentais complètement apatride! Je n’arrivais à me lier d’amitié qu’avec des gens « moitié » quelque chose, ou marginaux. Je comprends les gens inadaptés plus que les gens « normaux »…
Ca n’est qu’aux Etats-Unis que j’ai commencé à me sentir à l’aise avec les gens. Pour eux, j’étais Française ET Japonaise!
De retour en France, ça a été très dur.
Je suis à moitié entre la mentalité française et la mentalité japonaise. Le manque de tact volontaire des Français me heurte, mais le manque de franchise parfois des Japonais également. C’est pas simple.
Je suis impressionnée des similitudes de nos deux expériences respectives!
Elle est pas mal celle là:
-A la maison, on parlait le japonais, j’ai une culture japonaise, je ne connais pas grand chose de la France même si j’y ai toujours vécu…
Suivi de :
-Mes collègues qui n’ont toujours pas compris et ne comprendront sûrement jamais que je suis née en France et me font toujours sentir comme une étrangère.
Faut aussi balayer devant sa porte au bout d’un moment…
Ma fille est suédoise-japonaise. Elle est née à Paris.
Elle n’a aucun problème d’adaptation dans les trois pays.
A la maison, nous ne vivions pas comme en Suède ni comme au Japon.
Nous nous sommes adaptés à notre pays d’accueil.
Paris est une ville merveilleuse (les défauts que l’on trouve à Paris, on les retrouve à Londres, aux USA, aso.).
Le racisme : je ne connais pas en France. La bêtise est universelle.
Il y a une auteure à lire : Julie Otsuka. Elle relate l’internement des américains, d’origine Japonaise. L’incarcération d’environ 110 000 ressortissants américains d’origine japonaise dans des centres appelés « War Relocation Camps ». Seulement, en 1988, le Président Ronald Reagan a présenté ses excuses à cette population, pour l’internement, au nom du gouvernement des États-Unis.
Je vous remercie de m’avoir lu.
Cordialement
http://japon.aujourdhuilemonde.com/los-angeles-met-fin-aux-camps-dinternement-de-japonais
Elle relate la vie d’Américains d’origine Japonaise, qui ont vécu dans des camps d’internement aux USa (oui aux Usa) simplement parce qu’ils étaient d’origine Japonaise. En 1988, le Président Ronald Reagan a présenté ses excuses pour l’internement, au nom du gouvernement des États-Unis.
Même sentiment à la lecture de ce témoignage qui ne suscite pas ma sympathie (on pourra me taxer de chauvinisme).
Je me demande finalement ce qui l’a poussée à adopter la nationalité française plutôt que japonaise, dans la mesure où elle semble préférer ce pays.
Il y a un petit truc qui me chagrine … je sais bien qu’elle avoue faire une generalité mais comment peut on juger aussi durement les francais et la France, se dire ouverte et internationale et avouer ne pas connaitre grand chose de celle ci ??
Ne serais ce pas plutot son education qui serait a remettre en cause plutot que son cote 50/50 ?
En tout cas, je l’invite fortement a prendre son baluchon a decouvrir la france (oserais-je dire la province ?) qui vaut mieux que l’image qu’elle en a …
Le français n’est pas plus imbécile qu’un autre. ils sont humains, et réagissent tous différemment.
C’est dommage de cataloguer ainsi une population. La région parisienne ne reflète pas la France. Les français ont mauvaise réputation en ce qui concerne l’accueil des étranger, mais il n’y a pas meilleur ami!
J’ai vécu en banlieue parisienne, et dans ma classe il n’y avait que des français … tous d’origines différents. Bien sur qu’il y a des moqueries, mais qui ne s’est jamais moqué d’un autre, juste pour s’amuser! Si c’est blessant, faut le dire, et généralement, les personnes acceptent!
Je sais que cela peut être difficile pour elle, mais j’ai une chose que je lui reprocherai : son ouverture d’esprit!!! Je n’ai pas une culture internationale, certes, et pourtant il n’y a pas plus ouverte d’esprit que moi … et une chose est sur : on ne peut pas être ouverte d’esprit, et traiter une population de cette façon!!!
Elle a le droit ne pas aimer les français qui l’a rendu ainsi, mais si un jour je la croise, je lui montrerai combien il n’y a pas que des mauvais bougres chez nous!!!
Bon courage à elle et à tout ceux qui ressentent ce qu’elle ressent! Soyez et restez vous même!
PS: Oui, les français sont très sales!!!! c’est malheureusement vrai ):
Une relation humaine, quelle qu’elle soit, est une interaction entre deux personnalités. Les propos globaux tenus sur les Français ( majuscule SVP ) sont insultants et on a envie de répliquer, et pas vraiment de jouer l’empathie.
Je ne prendrais pas pour argent comptant l’ensemble des affirmations tenues dans l’article, on sens un fort biais dans la personnalité de l’interviewée. Tendance française à l’auto-dénigrement ? Sa frustration, ses déboires amoureux peuvent être dus à sa propre personnalité et/ou son mal-être identitaire. Peut être aussi à une susceptibilité explosive d’enfant gâté, ou son incapacité à décrypter les codes et signes, du fait de sa non-adhésion manifeste (on dirait même révolte) contre le « modèle dominant » parisien.
Et vraiment, à Paris il y a suffisamment d’étrangers, comme il a été justement écrit, pour pouvoir zapper les Français, si vraiment ils étaient si dégueulasses, en tant que partenaire dans un couple.
Les raisons qu’elle a cité font parti de celles qui m’ont amené à quitter la France donc je comprends parfaitement ses propos. J’ai aussi rencontré des gens fantastiques qui restent des amis très chers. Il suffit de faire la différence entre ses amis et comment se comportent les gens avec des inconnus, et oui c’est partout pareil avec quelques différences en fonctions des régions. Il suffit de dégonfler son ego et d’ouvrir les yeux pour s’en rendre compte.
Je suis vraiment désolé d’apprendre son malaise, ce qui devrait être une bénédiction semble être devenu une malédiction.
Je n’ai pas souffert des mêmes comportements (oui je suis pas asiatique donc tout le monde ne croit pas que je suis Chinois lol)ni le même vécu, donc j’ai aussi une liste longue comme le bras de raisons pour lesquelles la France vaut tout autant qu’un autre pays.
J’encourage fortement tout le monde à ne pas juger ses propos trop durement, surtout s’ils reflètent exactement ce qu’elle ressent. Ca ne ferait que justifier un peu plus son malaise.
Frederick, quelles sont les choses en France qui t’ont amené à la quitter, et quelles sont celles qui t’ont séduit dans le pays de ton choix, si ça n’est pas trop indiscret?
J’imagine que le problème pour les Français d’origine japonaise, c’est qu’ils sont « rares ». Autant il existe une forte diaspora chinoise et vietnamienne, à tel point que cela ne surprend personne, autant je peux comprendre que des Français soient étonnés de rencontrer un Français, né en France (et non naturalisé), qui se dit originaire du Japon. Ce n’est pas un pays à forte émigration, ni à forte immigration ; c’est du moins l’image qu’il donne.
Néanmoins, je reste consterné par ce que j’ai pu lire dans cet entretien concernant, par exemple, ses collègues. En France, la société est une des plus cosmopolites au monde – avec les USA – donc je ne comprends pas comment ils peuvent douter de la nationalité d’une personne sous prétexte qu’elle n’a pas le type « gaulois »… Là, oui, cela me choque.
Enfin, je dis ça, mais pour rebondir sur un des commentaires précédents, je serais plutôt dans la catégorie « marginaux ». Donc je doute d’être représentatif de la pensée française.
Je trouve ce témoignage un peu dérangeant. On a l’impression que cette personne ne sort plus jamais de chez elle :s
Je ne suis absolument pas surpris par le comportement quasi discriminatoire et réducteur de certains français. Je suis ce que l’on peut appeler un français de « souche », même si cette expression est fausse puisque la France s’est avant tout construite sur diverses migrations que ce soit au Moyen Age ou même durant l’époque moderne, mais je reste naturellement choqué du manque de considération ou de tolérance que certains de nos compatriotes font preuve à l’égard de l’Asie, de ses habitants, de sa culture. J’en veux pour preuve la tendance qu’ont des connaissances de désigner des asiatiques en les appelant tout simplement des chinois, comme si l’Asie devait être réduite à ce pays. De même, la présence de plus en plus nombreuse d’étudiants venant de cette partie du monde est vue avec dédain et amène des commentaires et quolibets de la part de beaucoup de personnes. L’accent français moqué ou encore les sobriquets réducteurs comme les précédents commentaires l’ont souligné sont fréquents.
Je pense qu’on peut dire, en généralisant, que le français n’est pas assez intéressé par les autres cultures et que les lieux communs et clichés restent plus que jamais à l’ordre du jour. Les médias n’y sont pas pour rien en sélectionnant des sujets la plupart du temps insolites pour remplir les pages ou les grilles des programmes télévisés.
Je pense également que je suis amené à côtoyer, dans ma famille au sens large aussi bien du côté maternel que paternel, diverses cultures. Pour faire court une partie vit en Angleterre, l’autre en Espagne. Les couples mixtes sont fréquents et j’ai notamment eu l’occasion d’assister au mariage de mon oncle avec une chinoise et d’un autre oncle avec une japonaise, j’ai également une tante qui a épousé un taiwanais et qui vivent à Shanghai. J’ai donc pour le moment deux cousins franco-taiwanais et deux cousins franco-japonais. Je ne les vois pas souvent mais ça ne fait aucun doute que d’être confronté à autant de diversité change forcément la vision que vous avez du monde et du rapport à l’autre, quels que soient ses particularismes.
J’ai encore rédigé un long commentaire mais pour résumer, de part mon expérience je ne suis pas surpris du comportement des français et je pense clairement que celui ci devrait sortir de son trou et s’ouvrir au monde extérieur, aux autres tout simplement. Merci aux témoignages des intéressés. Ce sont ces messages qui, par une prise de conscience que j’espère prochaine, changeront les mauvaises habitudes prises par certains.
Ta vision des français est à peu près aussi caricaturale que celle de Chiyoko. Les défauts que tu décris existent bien sûr mais ne sont ni une généralité, ni une spécificité française.
Je vis en Espagne et je peux t’assurer que si la France est fermée sur le monde, l’Espagne est pire. Le niveau d’anglais y est nullissime, pire qu’en France. Les européens du nord (de l’Espagne ^^) et les américains sont des guiris, les français des gabachos et les sud-américains des machus-pichus. Et ces expressions sont beaucoup plus employées, même si ce n’est pas toujours méchant, que rosbif ou rital en France.
Pourtant, comme en France, je n’en ferais pas une généralité. J’ai rencontré tellement d’espagnols géniaux que j’aime ce pays et ai envie d’y rester encore quelques années. Faut juste éviter de fréquenter les cons, comme en France.
Quant aux anglais, on peut difficilement faire pire au niveau curiosité envers les autres cultures. Une grande majorité d’expats anglais que je connais à Madrid ou à Toulouse où j’habitais avant ne prennent même pas la peine d’apprendre la langue, même après plusieurs années dans le pays. Pourtant j’aime bien l’Angleterre, mais il faut reconnaître qu’ils ont un côté soit ploucs soit maitre du monde un peu exaspérant parfois.
D’ailleurs, pour en avoir discuté avec un guide au pérou, il me disait que les touristes qui étaient les plus pénibles étaient les américains, les anglais et les israéliens. Il me disait rencontrer parfois des français casse-bonbons mais pas plus que la moyenne des autres touristes.
Pour finir, dans mes potes toulousains, un est marié à une russe, une avec un italien, un autre a vécu des années avec une chinoise et je suis allé en vacances cet été chez un autre qui vit à Taïwan avec sa femme taïwanaise. Je n’ai donc pas l’impression que LES français ne s’ouvrent pas sur le monde extérieur. Ta famille en est d’ailleurs la preuve.
Bref tout ça pour dire que les français ne sont ni pires ni meilleurs que les autres. Ils y en a des ouverts, des fermés, des qui ne sont jamais sortis de leur trou et d’autres qui font le tour du monde. Faut arrêter de se flageller au bout d’un moment.
Après, comme je l’ai déjà dit, faut être sélectif, éviter les cons et se concentrer sur les gens intéressants. Et pour Chiyoko je suis sûr que Paris en regorge.
En revanche, faut peut-être qu’elle change de job ^^
Merci de ta réponse. Tout d’abord, je répondrai sur ton observation concernant ma soit disant « vision caricaturale des français » qui me paraît un peu injuste. Il me semble avoir pris soin d’utiliser des termes comme « certains français » ou encore de parler de « certaines de mes connaissances ». Je n’ai généralisé que sur l’ouverture au monde et aux autres des français, une ouverture qui me semblait pouvoir faire l’objet d’amélioration. Comme je l’ai écrit dans une réponse à un autre commentaire, j’ai fait part de quelques critiques négatives sur des comportements auxquels j’ai été confronté mais j’aurais pu et peut être du élargir ma réponse en décrivant les qualités d’une France accueillante et plus ouverte qu’on veut bien le croire.
Je ne suis pas non plus dupe sur ce qui peut se passer dans les autres pays et je partage d’ailleurs tes différents commentaires sur la manière de se comporter des anglais ou des espagnols. Comme tu le dis, « faut juste éviter les cons comme en France ».
Pour terminer, je pensais avoir éviter l’écueil des « français tous pourris » mais j’ai vraisemblablement échoué. Je me rends compte que j’abandonne le terme « certains » dans mon dernier paragraphe et donc que je généralise. Une petite carence qui, j’espère, ne suffit pas à qualifier mon commentaire dans son ensemble.
Au temps pour moi, j’étais resté sur le dernier paragraphe et en relisant ton commentaire, je me rends compte qu’il est plus nuancé que l’impression que j’en avais eu à la première lecture.
Allez, on remplace par un « je pense clairement que certains devraient sortir de leur trou et s’ouvrir au monde extérieur », et là, rien à redire
J’ai pris le temps de regarder la vidéo, et franchement, ce que j’y vois ne me surprend pas. Au Japon, quand tu n’as pas l’air Japonais, il semble aller de soi dans l’esprit de tes interlocuteurs que non seulement tu ne peux pas l’être, mais qu’en plus, tu ne peux pas parler la langue. Il y a un racisme plus ancré, plus profond, pas forcément par méchanceté – enfin, cela dépend quand même de la génération concernée, les plus jeunes et les plus âgés m’ont paru plus ouverts – plus par réflexe, comme si cela allait de soi ; par exemple, à Tokyo, un vendeur ou un fonctionnaire aura le réflexe de te dire bonjour en Anglais (les seuls mots qu’ils connaissent la plupart du temps), sans imaginer un seul instant que tu pourrais soutenir une conversation dans leur langue. Ce n’est pas mon cas, mais ils n’ont aucun moyen de le savoir ; ma famille aurait pu être Japonaise depuis 3 générations, le résultat aurait été le même. Le pire, c’est justement qu’ils font l’effort de te parler en Anglais, en pensant que cela te fera plaisir. C’est une délicate intention, mais qu’ils n’ont pas pour de bonnes raisons.
Moins « délicat », il m’est arrivé de tomber sur des interdictions uniquement en Anglais (dans un pays qui compte encore moins d’anglophones parmi sa population que la France), sous-entendu qu’il n’y aura qu’un gaijin pour ne pas avoir conscience de cette interdiction. Ça et les personnes qui évitent de s’asseoir à côté de toi alors que le métro est bondé, tout-de-suite, ce n’est pas spécialement agréable.
mdr Gemini moi je suis toujours a l’aise dans le métro aussi, au japon ou en corée du sud c’est kif kif.
J’ai l’impression que les réactions des « français » sont assez variables en fonction de la ville, du milieu socioculturel etc…
Diplomé bac+5, habitant à Paris et travaillant dans un contexte international, j’ai plutôt l’impression de côtoyer des français habitués à croiser des personnes issues d’autres cultures qu’elles soient françaises ou non. Il me semble qu’une personne parlant français sans accent a toutes les chances d’être considérée comme française même si elle n’est pas de type caucasien (alors que quelqu’un parlant parfaitement japonais ne sera jamais considéré comme japonais au Japon s’il est metis et que ça se voit un minimum)
Les Français sont des imbéciles et le resteront je crois encore longtemps.
Je connais des métis au Japon et ça ne se passe pas comme ça, ils sont bien intégés et parle d’ailleurs plus le Japonais que le Français et à 21 ans quand ils auront a choisir, je pense qu’ils choisiront la culture et la nationalité japonaise, enfin je l’espère pour eux.
J’envie les métisses qui ont accès à plusieurs cultures et langues dès la naissance mais ce doit être difficile de se sentir vraiment « dans son pays » quand dans chacun des deux, les autres te considèrent « étranger ».
Personnellement, je suis d’avis qu’on puisse s’intégrer en France plus facilement qu’au Japon par rapport à la présence de toutes les origines.
Du coup, quand je lis « choisiront la culture et la nationalité japonaise, enfin je l’espère pour eux. ». Ça me fait doucement rire…
L’herbe est toujours plus verte ailleurs !
Ha ça oui, mais ils sont moins idiots que nous les Japonais, ils n’acceptent pas n’importe quoi, surtout pas des assistés, ils nous les laissent, on est les champions du monde pour ça, ce pays est en train de mourir tout seul avec ce gouvernement et ce qui me fait rager, c’est qu’à force de payer pour des cons, je n’aurai bientôt plus les moyens de voyager dans ce merveilleux pays, alors dés que je trouve le moyen de partir et d’y dépenser tout mon argent, ce sera sans me retourner, ça c’est plus que sur.
Devant des propos un peu excessifs, quelques rappels qu’il me semble bon d’intégrer ici :
- Le Japon perd des habitants depuis 2005 il me semble et sans une hausse importante de l’immigration et des naissances ça n’est pas près de s’inverser. Aucune politique publique dans ce domaine n’est mise en place.
- Fin décembre 2012, la dette du Japon a dépassé 997.000 milliards de yens (10.700 milliards de dollars). Elle représente actuellement 7,8 millions de yens (83.500 dollars) par tête d’habitant dans ce pays de 127 millions d’habitants. Alors même si elle est détenue principalement par les japonais eux mêmes et que les investisseurs accordent encore leur confiance, ce niveau reste problématique.
- Le gouvernement japonais est complètement ankylosé, instable, vieillissant et je n’aborde même pas la représentation féminine au sein de celui ci.
- Les services publics font encore massivement l’objet de corruption notamment le secteur des travaux publics même si des progrès ont été faits. Dans ce secteur déficitaire, si on se pose un tantinet la question du financement, on découvre certaines aberrations.
Voilà quelques informations (et on est loin d’avoir tout développé) pour répondre @Reytan qui se fait Cassandre en annonçant le suicide collectif des français. Un peu de lecture permet d’ajuster un tant soit peu l’idée que l’on se fait du pays et permet de modérer des propos que l’on entend hélas trop souvent. Je tiens à préciser tout de même mon amour du pays et des habitants au cas où certains pourraient en douter.
Si j’avais 5 minutes et que le sujet était celui là, je te rappellerai aussi ce que la France était et est devenue…
Mais le sujet est tout autre et excusez si j’ai tenu des propos hors de sujet, mais ça me fait bondir la connerie humaine, alors Gaël tu peux effacer mes posts sans problèmes.
J’ai aussi l’impression que sa famille n’ayant pas fait l’effort de s’intégrer en France ne l’a pas aidée mais hors de chez elle vivant comme une française elle n’était pas non plus une vraie japonaise.
Mais je n’ai pas bien compris si elle était 100% japonaise née en France ou si un de ses 2 parent était français ?
Des fois il ne faut pas trop se formaliser des caricatures faites par certains français, ce n’est pas toujours méchant !
, pas de problème !
A l’île de la Réunion, on se taquine entre « cafres », « zoreys », « chinois », « malbars » et pourtant on est tous potes finalement ! Bon il y a un problème récent c’est quand même un certain racisme envers les comoriens qui ne parlent pas français ou créole et qui vivent en communauté assez fermée et pauvre.
Enfin mise à part cette communauté, à la Réunion, il suffit juste de connaitre le créole et d’aimer grignoter un pain bouchon au bord de la plage en sirotant une dodo pour être accepté
La Réunion est un exemple à part. C’est l’un des rares endroits au monde qui prouve encore (et on en a besoin) que le syncrétisme et le métissage sont une réussite. Les origines diverses des habitants de l’île, dues aux différentes phases de colonisation, ont apporté un quelque chose d’unique où les cultures se mélangent ce qui a permis l’émergence d’une harmonie ethnique quasi unique au monde.
Ta dernière phrase est un très bon exemple que la volonté de s’intégrer est avant tout un préalable et qu’alors les barrières qui peuvent exister se font plus minces.
les francais des imbeciles, la vieille rengaine … c’est vrai que les japonais n’ont jamais discriminé personne, eux. Jamais jamais !
Gaijin, hibakusha, burakumin ou Zainichi sont, il est bien connu, des notions tout a fait francaises.
C’est a se demander aussi pourquoi il y a si peu d’etrangers dans ce pays, s’il est si acceuillant et si ouvert sur le monde qui l’entoure.
@Edouard : il est surprenant de voir qu’une grande partie des choses que tu reproches aux francais sont valable pour les japonais. Si si, je t’assure !
Mais bizarrement, eux, tu ne les accables pas autant … euh, pas du tout meme !
Je pense que le problème est culturel.
Etre à mi-chemin entre deux cultures, c’est là la difficulté.
Le problème est que les particularités d’une culture peuvent rentrer en conflit avec les particularités de l’autre.
Ca se ressentira côté français et côté japonais, sans compter qu’il y aura toujours des gens qui rejettent la différence, dans un pays comme dans l’autre, et que tous les métisses réagiront différemment.
Ainsi « trop » de politesse agace les Français, comme « trop » de franchise choquera les Japonais, par exemple.
C’est juste que ça n’est vraiment pas simple. Il faut le vivre pour le comprendre.
Mais pour ma part, je sais que je me sens malgré tout plus française, même si je ne me sens pas toujours comprise ici.
Etant futur papa d’un petit garcon franco-japonais, je sais que ce n’est pas simple. Rien que le choix du prenom est deja une epreuve en soi … entre la maman qui tire du cote francais et moi qui essaie de placer le curseur de maniere la plus juste possible pour justement ne pas placer l’enfant sur une voie garage, c’est pas facile tout les jours ! ^^
mais c’est passionnant !
Oui, c’est aussi passionnant et enrichissant.
Et si ses parents s’entendent bien et savent apporter un bon équilibre, votre enfant aura toutes ses chances, en tout cas je lui souhaite!
Entièrement d’accord avec toi et tu as tout à fait raison de le souligner. J’essaye de m’obliger à regarder les choses objectivement et j’aime à croire que la plupart du temps j’y réussi. Dans mon commentaire j’ai seulement abordé la facette française dans ce qu’elle peut présenter de plus critiquable mais j’aurais pu et j’aurais peut être du (au vu de ta réponse) développer les aspects qui font que l’intégration dans notre pays n’est pas aussi compliqué qu’on veut faire croire.
On a dit souvent que l’herbe est plus verte ailleurs. Je pourrai contredire cette expression en disant que quand je me regarde je me désole mais que je me compare je me console. Et sur l’aspect de l’intégration et de l’acceptation de l’autre je suis clairement d’accord avec toi, la France n’a rien à envier au Japon bien au contraire. Je n’ai pas discuté dans mon commentaire du comportement des japonais vis à vis des étrangers ou même des métis. J’ai développé plutôt longuement mon expérience française et si j’avais du rajouter des critiques (positives et négatives) sur cet aspect la société japonaise, autant que Gaël me donne le droit de publier un article. Mais si tu veux participer en explicitant ce côté moins brillant du Japon, c’est avec plaisir que je lirai ton prochain commentaire.
Je resumerais mon experience (qui est plus large que ca) a l’acceuil qu’on a recu ma femme (japonaise) et moi quand on a annonce qu’on allait avoir un enfant. C’est bien simple, ma femme l’a encore en travers de la gorge …
Cote francais, ca a ete un feu d’artifice, et comme dit dans l’article cette ouverture sur le monde est a chaque fois felicitée et enviée … et pourtant j’habite une region qui n’est pas repute pour son cote chaleureux (region lyonnaise)
Cote japonais pour les parents, un grand moment de solitude. Zero pointé. Heureusement que ses copines etaient la pour remonter le niveau. Mais rien de comparable …
On pourra dire ce qu’on voudra des francais, leur trouver tout les defauts de la terre (et dieu sait qu’il en ont !), mais leur naturel et leur cote bon enfant font souvent du bien. Faut arreter de toujours tirer dans le mme sens.
J’ai lu et relu l’article, je ne peux m’empecher de penser que le probleme est plus du cote de Chiyoko (surtout ses parents). On ne peux pas generaliser a partir de son seul temoignage a l’ensemble d’un pays.
Merci de ta réponse et si je peux me permettre félicitations !
Simple parenthèse, je suis arrivé à Lyon cette année et le lieu commun selon lequel les lyonnais seraient froids et distants ne s’est pas vérifié (ou pas plus qu’ailleurs).
Pour en revenir à ton expérience, le décalage est effectivement flagrant. C’est je pense, dommageable et dans un sens difficile à comprendre. Pour le reste, je suis en accord total avec ce que tu dis, les français sont connus pour leur naturel et leur franc parler, et il faut parfois sortir du pays pour en découvrir le réel bénéfice. Merci d’essayer aussi de faire entendre un son de voix plus objectif en précisant qu’un seul témoignage n’appelle pas une généralisation de son contenu et qu’il reste personnel avant tout.
C’est un soucis récurrent, sur ce blog et sur d’autres centrés sur le Japon, cette image absolue et imperturbable du « Cool Japan », selon laquelle tout au Japon est forcément mieux qu’en France.
J’ose espérer que tu te réfères à certains commentaires et pas à mes articles, car si ce n’était pas le cas, cela me paraîtrait plutôt injuste.
Le cas échéant, on est (malheureusement) d’accord..
Je parle avant tout des commentaires, ne t’en fais pas
Un peu de France, un peu du Japon, moi je trouve ça bien.
Ceux qui n’aiment pas, n’ont qu’à passer leur chemin, au lieu de pourrir le monde de leur méchanceté idiote.
C’est vrai qu’il y a un paradoxe dans ce témoignage. Comme dit plus haut, d’un coup il y a le « A la maison, on parlait le japonais, j’ai une culture japonaise, je ne connais pas grand chose de la France même si j’y ai toujours vécu… » puis « Mes collègues qui n’ont toujours pas compris et ne comprendront sûrement jamais que je suis née en France et me font toujours sentir comme une étrangère. ». Ben forcément, si elle-même elle dit ne rien connaitre de la France (et en plus ne rien en aimer à part la cuisine) faut pas s’étonner, sa crise identitaire est toute justifiée…
Elle même n’est ni persuadée d’appartenir au Japon, ni à la France, et si l’on agit pas comme un 100% japonais je comprends qu’on ne soit pas intégré.
Pardonnez moi l’expression, mais quand on naît le cul entre deux chaises soit on reste dans cette situation soit on choisit une bonne fois pour toutes, surtout lorsque cela concerne deux pays avec des cultures complètement opposées. Je pense sincèrement que lorsque que l’on se sent soit français soit japonais et ce de tout son coeur, on peut trouver sa place, malgré une apparence légèrement différente. Après faut pas venir se plaindre si en France on se la joue japonaise, et inversement au Japon.
Personnellement mes amis halfs habitant au Japon traînent toujours tous ensemble, ils forment maintenant un grand réseau à Tokyo, et c’est peut être ça la solution… :/
C’est justement la difficulté qui est exprimée : naître le cul entre deux chaises. C’est ça la difficulté d’être métissé.
Après, il y a des degrés différents dans le ressenti de chacun.
Je crois en effet qu’il est plus simple de choisir une bonne fois pour toutes. Et cela peut prendre du temps d’y arriver.
Mais, malgré tout, je pense que c’est plus aisé en France qu’au Japon.
Moi je connais trois métisses franco-japonais et ils sont aux extrêmes. Pour les premiers, deux frères d’une mère française élevés au Japon ça c’est passé mal au possible, ils étaient victimes de discrimination à longueur de temps ( les parents de leurs amis refusaient de les recevoir et vice-versa, ils étaient ignorés à l’école … ) et leur retour en France à été plutôt complexe car ils n’y avaient jamais vécu et étaient dérangés par tout ce qui leur manquait du Japon. Au contraire une amie élevée en France et de mère japonaise n’a jamais eu aucun problème. Elle a bien sur eu droit aux » Chinetoques « quand elle était enfant mais elle les a ignorés. Les cas de racisme peuvent avoir lieu dans les deux pays mais je pense qu’en France c’est plus de la bêtise qu’autre chose. Au Japon il me semble que c’est plus complexe car dans leurs culture on est japonais ou on ne l’est pas, il n’y a pas de milieu.
Après bien sur, tout dépend de l’ouverture d’esprit et de l’intelligence des gens.
Alors, je ne remets pas en cause le témoignage, ni les sentiments de la personne qui a témoigné, néanmoins, j’ai quelques remarques à faire :
- Déjà je suis d’accord avec quelques commentaires du dessus, si on ne pense pas soi-même faire partie du pays ou du peuple dans lequel on vit, on ne peut évidemment pas en faire partie.
- Les remarques désobligeantes, les blagues racistes, les « tchin-tchong » alors qu’on n’est pas chinois, bien sûr c’est méchant, mais que dire alors pour les autres asiatiques ? Je suis d’origine Viet/Cambodgienne, je m’en suis ramassé plein la tronche toute ma vie, mais jamais je me plaindrai de ça. D’autant plus que je ne parle aucune de mes langues maternelles (je parle bien mieux japonais ou anglais par exemple). J’ai baigné toute mon enfance dans une culture où je me sentais jamais vraiment à ma place parce que tout le charabia qu’on me causait j’y comprenais pas grand-chose, d’autant plus que je suis métis asiatique (et que le Cambodge et le Vietnam sont loin d’avoir des points communs linguistiques ou d’être amis-amis).
- On me demande toujours comment s’épelle, se prononce mon nom, ou si je suis de nationalité française. D’un côté comme de l’autre, j’ai jamais été reconnu à part entière. Rien à cirer, je le redis autant qu’il faudra. Je suis Français, j’ai le sentiment d’être français, avec une culture un peu différente, certes, mais je suis Français, d’origine asiatique.
- De par mes goûts musicaux et culturels, j’ai toujours été à part des gens que je connais, ça ne m’a jamais empêché d’essayer de m’intégrer ou quoi d’autre que ce soit.
- Le pire dans tout ça, c’est quand je rentre dans une boutique japonaise à Paris, ou une boutique tout court au Japon, on me parle direct en japonais (heureusement que je comprends un minimum). Mon amour pour le Japon n’a jamais été bien vu par famille, d’autant plus qu’après y avoir passé quelques temps, j’ai le sentiment d’être moi-même un peu japonais, meme si je sais que de l’autre côté je ne serai jamais reconnu en tant que tel. Et alors ?
Donc que retenir de tout ça ? On décide soi-même de qui on est, si on en n’est pas convaincu, ça sert à rien d’en imputer la faute aux autres. Alors, oui, effectivement, ne pas être reconnu pas son pays d’origine, c’est dur, mais, dire qu’on en français quand on va au Japon, et dire qu’on est japonais quand on est en France, c’est peut-être aussi ça le vrai problème. Oui c’est encore plus dur quand on est une femme, ce qui n’est pas mon cas, mais trouver sa place, c’est aussi se convaincre et se persuader qu’on en a une, malgré tout ce qu’on peut dire sur nous.
Personnellement, j’ai trouvé la réponse à mon problème : si un pays ne suffit pas, je serai et me sentirai citoyen de tous ces pays. Quand un japonais me demande à quel pays j’ai le plus l’impression d’appartenir, je lui réponds「世界人です」. Et là, il me sourit, rigole un peu, puis se tait : je sais alors que j’ai réussi à le convaincre que j’étais ce que j’étais , peu importe mon pays.
« On me demande toujours comment s’épelle » : ça, c’est le lot de beaucoup de monde. Même moi, qui ai pourtant un nom qui sonne très terroir, il faut souvent que je l’épelle ; et je ne parle pas du nom de mon patelin, qui bat tous les records, avec pas moins de 5 consommes qui ne se prononcent pas.
Rien de discriminatoire là-dedans, je trouve au contraire rassurant de croiser des gens qui se posent la question (et pas uniquement pour des raisons administratives).
J’ai des amis malgaches, qui au début ont menti quant à leurs prénoms ; l’uncar il le trouvait trop féminin (il se terminait par « nina »), et l’autre parce qu’il pensait que nous aurions du mal à le prononcer. Pour le premier, nous utilisions donc, à sa demande, une version raccourcie (nous enlevions le « nina ») ; par contre, pour le second, nous l’avons mal pris, et nous avons ensuite fait mon possible pour essayer de le prononcer correctement. Le respect, c’est aussi d’appeler une personne par son nom, même s’il n’est pas habituel.
Par contre, je pense que tout le monde l’aura remarqué, mais les enfants d’immigrés chinois ou vietnamiens ont souvent des prénoms typiquement français, voire carrément passés de mode. Une de mes amies s’appelle Yvonne, elle a mon âge ; ma grand-mère s’appelait Yvonne, donc cela fait bizarre.
Gemini, pour ce qui est des prénoms « typiquement français » des enfants d’immigrés, c’est une manière pour les parents d’intégrer leurs enfants à la société française. Bien sûr, l’intégration ne passe pas simplement par le choix d’un prénom, mais dans leur esprit cela en fait partie. Je suis française d’origine vietnamienne et mes parents ont choisi pour mon frère, ma soeur et moi-même un deuxième prénom français. Fait surprenant, nous avons été inscrits à l’école sous notre prénom français ! Par la suite, nous avons chacun choisi avec quel prénom nous souhaitions nous faire appeler.
Je pense qu’il ne faut pas oublier que c’est UN témoignage et que cela n’est en rien représentatif.
Je suis par contre complètement d’accord avec les commentaires qui pointent le fait que c’est surtout l’interviewée elle même qui se met dans la situation de refus de s’intégrer.
Les remarques qu’elle fait sont les mêmes que peuvent faire toute personne étrangère ne voulant pas s’intégrer.
Cela ne concerne pas du tout la condition « Half ».
Soit dit en passant le terme de half n’est pas péjoratif, c’est le terme actuel au Japon, comme beaucoup de termes, c’est de l’anglais qui est privilégié au terme japonais.
Au Japon il y a certes des déconvenues pour les half mais il ne faut pas oublier que depuis quelques années c’est le boom des half, chaque émission de télé à son half, les chanteuses ou actrices half font un carton et les top modèles aussi. Un modèle de photo et cela commence avec les bébés est beaucoup mieux payé pour des séances photos qu’un japonais. Et des photos de half, ça remplit les magazines et catalogues de vêtements ou de jouet.
Le problème majeur pour eux au Japon c’est la langue car même si les étrangers sont plus nombreux au Japon qu’il y a trente ans, ils sont toujours peu nombreux. C’est quelque choses que la plupart des gens ont du mal à comprendre. Le Japon est un pays dans lequel il y a essentiellement des japonais, rien à voir avec la France.
Du coup un japonais considère à la base que les gens qui vivent au Japon sont japonais. Donc quand il discutent avec quelqu’un ils se disent au bout d’un moment qui peut être très long d’ailleurs : ‘tient on se comprend’ puis ‘ha oui on parle en japonais’ et finalement ‘ha mais tu parles japonais, …pourquoi ?’ Et c’est une réaction qu’ils ont envers les étrangers, je l’ai vécu un nombre de fois hallucinant et bien entendu avec les Half qui ont un physique plutôt étranger que japonais. Car il faut aussi savoir qu’il n’y a pas que des half occidentaux, il y a plus de half asiatique, orientaux etc.
Il faut également noter qu’au delà du fait qu’il y’a peu d’étrangers, ceux-ci sont pour la plupart asiatiques (surtout coréens, il y a également un boom coréen depuis quelques années).
Ma femme qui est 100% japonaise a les mêmes problèmes de Nihao et autre désappointement sur la façon de se comporter des français.
Par contre ma fille qui est half est considérée par les français en tant que française d’origine étrangère comme il y en beaucoup en France.
Ce sera à elle et à elle seule de vouloir accepter la culture française ou de la rejeter et de vivre dans un japon fictif en France de façon inadapté. Cela dépendra aussi beaucoup de sa mère bien entendu qui est sa référence en matière de Japon.
En tout cas beaucoup de half vivent très bien en France, j’en connais en tout cas pas mal, mais il y a aussi des familles franco japonaises qui s’enferment dans un cercle japonais et qui ne rencontrent que des japonais et du coup…
Bonjour!
Je suis maman de deux métisses, pas franco-japonais mais franco-djiboutiens (ce qui est assez rare par chez nous). Ce témoignage m’interpelle en tant que passionnée du Japon (et j’ai filé le virus à mes enfants depuis notre récent voyage) mais aussi en tant que mère.
Ce que je lis, et cela a été soulevé plus tôt, c’est une crise identitaire qui est certes le fruit d’une société qui l’a rejetée (insultes, dénigrement) mais aussi, je pense, à un manque d’ouverture de la part de sa famille. Du moins c’est ce qui transparait. Je m’avance peu car après tout ce n’est qu’une lecture et il faudrait peut être creuser.
De mon côté, j’essaie d’inculquer à mes enfants la richesse de leurs deux cultures. Ils ne sont non pas Français ou Djiboutiens mais bien les deux. Et ça fait toute la différence comme l’a souligné Mix. Et c’est un défi en tant que parent. J’y travaille
Par contre quand je lis dans un commentaire que la France est un pays tout pourri là ça me hérisse le poil! Même après 50 allers retours au Japon, tant qu’on n’y a pas vécu, je veux dire vraiment vécu, on ne peut se prononcer. Faudrait pas pousser Mémé dans les orties, nulle contrée n’est parfaite
PS: j’ajoute que mes p’tits métisses ont eu un succès fou pendant nos deux semaines au Japon. Des dizaines de personnes bienveillantes sont venues jouer eux, leur offrir un sourire ou une friandise, passaient leur main dans leur cheveux bouclés et enviaient leurs longs cils fournis et leur peau cuivrée. Je dis ça je dis rien mais ça ressemble quand même pas à du racisme et à du rejet :p
Le rejet au Japon se manifeste plus subtilement, et deux semaines ne suffisent pas pour s’en rendre compte.
Certains disent que les 4 premières années au Japon étaient comme une lune de miel, où tout était merveilleux, ils se sentaient spéciaux car ils attisaient la curiosité des Japonais.
Le rejet, ils l’on senti peu à peu, au-delà de quelques années, lorsqu’ils ont vraiment maîtrisé la langue et comprenaient parfaitement leurs interlocuteurs. Ils ont voulu approfondir leur relations amicales et se sont retrouvés face à un mur.
Oui c’est également ce que je disais dans mon premier commentaire « Même après 50 allers retours au Japon, tant qu’on n’y a pas vécu, je veux dire vraiment vécu, on ne peut se prononcer. ».
J’ai plusieurs amis qui ont vécu ce que tu décris au Québec. Des années idylliques puis un mur lorsqu’ils ont tenté d’approfondir leurs relations. Pourtant (presque) la même langue, presque la même culture et même faciès… On ne fonctionne pas tous de la même manière c’est certain. Le rejet est peut être plus brutal en France de prime abord pour s’adoucir au fil des années et c’est peut être l’inverse dans d’autres pays? Ce ne sont que des hypothèques.
Sans doute…. on dit qu’en France, on ne se fait pas des amis rapidement et facilement, mais que lorsque les gens deviennent vos amis, c’est de manière durable. Alors qu’aux Etats-Unis, on se fait des amis très facilement, mais que cela reste superficiel très souvent.
Ce complexe de supériorité des japonais est-il vérifié ? je me souviens d’une interview d’Amelie Nothomb chez Ardisson (vidéo visible sur YouTube) qui l’expliquait, ça me paraît surprenant la plupart des japonais rencontrés en France sont si sympathiques et polis…
Je pense que les Japonais sont très fiers, et de par leur éducation, ils ne vont pas te dire les choses trop en face.
Mais je pense que leur complexe de supériorité trahit parfois un complexe tout court. J’ai souvent entendu dire par des Japonais « il n’y a pas à dire, le Japon c’est vraiment le premier pays… » en parlant de leur culture, de leur morale, de la beauté de leur femmes. J’ai parfois l’impression que, face à une très grande différence par rapport à nos pays occidentaux, et ressentie par eux-mêmes, c’est aussi une réaction de protection.
En tout cas, étant moitié, donc ayant un pied « à l’intérieur », je peux te dire que j’en entends de toutes les couleurs sur les non-japonais.
Moi je n’ai qu’une chose à lui dire,bienvenue chez les ch’ti et vive le shonnen;))
Bonjour, je trouve ce débat fort intéressant mais angoissant. Mon fils (français) a épousé une petite japonaise.Lorsque notre fils nous a annoncé ses intentions de convoler nous avons été très heureux pour lui, car tout simplement lui était heureux. C’était son choix. Ses beaux-parents, ne l’ayant rencontré qu’une seule fois et brièvement ont été eux aussi heureux pour leur fille. Aujourd’hui, nous avons un petit-fils de 13 mois. Nous nous sommes rendus à Tokyo 3 mois pour la naissance(puisque les enfants y vivent définitivement). A la maternité, les 2 grands-mères sont tombées dans les bras l’une de l’autre en pleurant à la vue du bébé (ce qui ne se fait pas, mais nous n’avons pu résister, tant nous étions heureuses. Idem au mariage).Les arrières grands-parents en sont fou.En effet, le choix du prénom a été difficile, et de plus, il faut que le Kanji soit beau etc…etc. Donc, il est court et plutôt anglais. Nous voyageons beaucoup, donc le métissage ne nous gênent pas, peu importe la couleur, c’est le coeur qui compte avant tout. Autour de nous, les gens ne sont jamais sortis de leur trou, alors pour eux, pas de différence entre les cultures asiatiques, on fait un lot, ils sont tous des chinois.C’est frustrant de voir tant d’ignorance. Enfin, bref, j’adore ma belle-fille et toute sa famille, nous nous entendons bien. Les parents sont simples et agréables, les grands-parents sont gentils mais je suis un peu mal à l’aise avec toutes ces courbettes et tous les cadeaux que nous recevons. Je pense que Chiyoko, bien qu’élévée en France a vécu dans une bulle japonaise et de ce fait n’a pas pu s’intégrer normalement. Dès le plus jeune âge, il faut envoyer ses enfants vers les autres, leur apprendre la différence et si possible voyager avec eux.J’espère que mon petit-fils saura trouver dans la vie la place qui lui convient sans toutefois renier l’une ou l’autre de ces cultures.
Belle histoire et tous mes voeux à cette nouvelle petite famille.
Mais en lisant la dernière phrase, il y sera malheureusement obligé car au Japon(on me dit si je me trompe)à 21ans l’enfant doit choisir sa nationalité, il ne pourra garder les deux.
D’après un ami dans cette situation pour ces enfants qui sont âgés d’une dizaine d’années, il multiplie les démarches pour faire entendre sa voix, sans trop de succès pour l’instant, mais ne désespère pas que cette loie soit un jour changée, il a encore 10ans.
On peut tjrs pas corriger, donc LOI et non loie
Tu as de la chance, Min. Le fis d’une amie a épousé une Japonaise, le couple vit au Japon, mais sa belle-fille pose apparemment de nombreux problèmes ; elle a « accepté » qu’elle soit présente à leur mariage, toujours au Japon, par contre, elle a refusé qu’elle vienne pour la naissance de leur premier enfant et a exigé de son mari qu’il coupe les ponts avec sa famille française. Alors que cette amie est une vraie crème. Elle le prend extrêmement mal, et je la comprends.
Nul besoin de contexte bi-culturel pour expliquer les tentatives d’évincements de belles mères ou amis par les épouses.
Peut-être, mais c’est autrement plus difficile à vivre et plus compliqué à résoudre quand il y a une telle distance et la barrière de la langue.
J’espère que le couple durera, car en cas de divorce, quelle sera l’attitude de la mère vis-à-vis du père?
J’ai lu pas mal de témoignages d’étrangers (australiens, anglais, etc) qui, une fois les problèmes de couple apparus, se sont rendu compte que la loi au Japon n’était pas équitable entre le parent japonais et le parent étranger.
Oui, malgrè l’éloignement, mon mari et moi avons beaucoup de chance. Les enfants (fils et belle-fille) par l’intermédiaire de youtube nous ont envoyé tous les mois des vidéos et nous avons pu suivre les progrès de notre petit ange. Premiers pas, premier repas…Tous les 10 jrs environ, selon leur emploi du temps, ils nous appellent avec skype. Nous essayons de nous retrouver une fois par an.Je pense que dorénavant cela sera plus difficile, car il y a moins de vacances au Japon. Mais il y a toujours de la place pour nous, nous le savons. Avant le mariage, nous étions tous les 4 dans un autre pays,ou nous avons fait faire la robe de mariée. Notre avis nous a été demandé et cela nous a vraiment rendu heureux, car se sont les enfants qui se sont occupés du mariage et les parents aiment bien se sentir concernés pour un tel évènement. Par contre, comme il y a eu une grande fête de famille au Japon qques jours après le mariage, nous avons laissé la belle-famille faire ce qu’elle devait faire sans nous immiscer.Un mariage mixe n’est pas simple. La famille doit faire des compromis, accepter que les autres fassent les choses d’une autre façon. Je ne vais pas dire que c’est facile, loin de là, mais nous essayons d’apprendre, pour le bonheur de nos enfants.Je suis triste pour ton amie Gemini, peut-être y a-t-il eu une petite incompréhension dès le début. Lorsque l’on ne parle pas la langue, je sais qu’il suffit d’un rien. Une petite conversation avec son fils devrait tout arranger. Je ne suis plus dans le sujet des enfants mixes, mais les mariages mixes sont un bon sujet aussi.
ok
Il faut garder à l’esprit que ce n’est l’interview que d’une seule personne. Etant également half (d’ailleurs je préfère de loin le mot « métisse » qui est bien plus gracieux que « moitié » u_u »), je tiens à dire que même si je suis d’accord avec le rédacteur de l’article ainsi que certain point soulevée par la dite « Chiyoko » cependant il faut savoir que nous avons tous une façon de voir les choses différentes.
Pour ma part j’aime la France autant que le Japon, chaque pays à ses plus et ses moins. C’est juste que d’un point de vue personnel, je trouve ça dommage de voir la France d’un si mauvais oeil.
je trouve quelle catalogue trop les francais meme sil ne sont pas tous comme sa (une grosse partie
)moi qui n’est pas totalement francaise (maghrebine)je trouve qu’elle fait trop une generalité mais je pense quelle aussi raison parlant de certian francais……
meriam: )
Je pense que ce problème s’il en est un n’est pas commun au métissage mais au gens avec des origines différentes de la leur pays de naissance.
Par exemple, un pote algérien qui a vécu toute sa vie en France, a ressenti pour la première fois qu’il était vraiment français lorsqu’il était en Australie! De même, je suis d’origine asiatique et ayant vécu toute ma vie en France presque. Il a été rare pour moi de me sentir 100% français donc je comprend ce témoignage mais il est un peu trop dur
C est fou exactement pareil pour moi
il m a fallu aller à l étranger pour me sentir ( et etre considérée ) comme totalement française
là bas on m appelait la » frenchie » lol
je pense effectivement que seuls les halfs ou les gens d origine étrangère peuvent comprendre ce sentiment étrange
après le témoignage est dur , mais certaines personnes sont plus sensibles à la méchanceté volontaire …. ou aux étourderies qui ne sont pas dites méchamment
il faut savoir faire le tri ou dans certains cas , ne pas en tenir compte
@ Max : pour ton enfant, moi j’ai une amie franco-japonaise et elle et son frère ont reçu un nom français et un japonais. Peut etre ça t’aidera pour faire la part des choses avec tes exigences et celles de ta femme.
Sinon, cette amie, que je connais depuis de longues années, même si elle est encore jeune par rapport à vous (19 ans), vit chez son père en France et, du fait aussi de son caractère, se ressent française a 100% sans avoir eu à souffrir des moqueries des autre.
Mais a coté, elle adore le japon et aime aller rejoindre sa mère au Japon pendant ses vacances scolaires.
Mais ayant vécu ouverte aux autres cultures, elle préfère rester « le cul entre deux chaises » parce qu’elle s’y sent bien ainsi. Disons qu’elle n’a pas ressenti de rejet d’un coté ou de l’autre et que ça lui va bien.
ReyTan quand Min parle de « ne pas devoir renier les deux cultures » ce n’est pas parce qu’une nationalité est choisi qu’on en perd la culture de l’autre, mais du fait que par acculturation à la culture qu’on côtoie, on n’accorde plus de crédit à l’autre et on la « renie ». C’est ce problème que Min parle il me semble. (détrompes moi si je me trompe Min, mais je le comprend ainsi.)
Etant aussi française « de pure souche », j’ai toujours envié, d’aussi loin que je me souvienne depuis ma primaire, ceux qui disant avoir un mélange de nationalité dans leur famille, au niveau de leur parent, de leur grand parent.
Du fait d’abord parce qu’ils étaient différents et avait parfois plusieurs langues à leur actif (j’ai toujours aimé la différence et en primaire, on connait pas d’arguments géopolitiques très précis ^^’).
Aujourd’hui, aussi car ils ont ainsi une double culture (ou plus) véhiculée dès leur plus jeune age (la plupart), ce qui leur permet plus facilement de trouver les qualités et défauts de l’une et de l’autre, pouvant trouvant trouver un juste milieu et remettre en cause ainsi ce qu’ils n’acceptent pas. Et de ce fait, sont en général plus ouvert aux autres cultures du monde pour en voir les différents apports.
Ce témoignage ne ce fait qu’au regard des métisses ou expatriés que je connais et n’est donc surement pas représentatif de tous, donc si vous trouvez une généralité, elle n’est faite qu’à hauteur de cet échantillon dont je parle.
Par rapport aux japonais, en effet j’ai beaucoup entendu parlé de cette discrimination plus ou moins implicite envers les « halfs ». Dans le même genre que l’anime qu’a mis Gaël, le drama « smile » reflète beaucoup ce coté.
(Pour ceux intéressés, il parle en gros de la discrimination que subit un japonais-philippinais(dsl si c’est mal orthographié) par la justice japonaise même, alors qu’il a toujours vécu au Japon et n’a aucun lien avec les Philippines.)
Après je ne m’aventure pas plus, ne connaissant pas assez le sujet, surtout qu’au vu de toutes les réponses, le sujet y a beaucoup été traité, en long, en large et en travers. ^^
Je suis aussi franco-japonaise et bien que je sors à peine de l’adolescence, j’ai déjà vécu certaines expériences que Chiyoko a décrites (concernant les remarques « nihao » notamment).
Pourtant je considère mon métissage comme une vraie chance: je parle la langue, je suis baignée dans deux cultures qui ont beaucoup à apprendre l’une de l’autre, et les gens (qu’ils soient Français ou Japoanais) m’envient beaucoup. C’est quelque chose d’enrichissant personnellement et m’ouvre de larges portes en terme de perspectives professionelles (bon peut-être pas « larges » non plus en temps de crise, mais quand même un atout). Je crois que c’est ensuite à moi de tirer parti du meilleur de chacune des deux cultures et les utiliser à bon escient et au bon endroit.
Ensuite je ne cache pas qu’il y a certains désavantages: on a tendance à comparer toujours un pays à l’autre (et avoir un jugement trop radical et sévère envers celui qui est « en retard »), physiquement je me sens très différente où que j’aille… Ah et gros malaise lors des matches France/Japon en foot (mais en général je prends le parti du Japon par pitié ^^).
Quand j’étais petite, oui ça m’agaçait: les Japonais me dévisageaient avec curiosité dans le Chikatetsu, en France les professeur mettaient trois heures à déchiffrer mon prénom, les cours de Japonais prenaient du temps… Mais auj je me sens fière de cette double culture.
Je ne pense pas que la France soit un pays fermé culturellement; mais historiquement c’est une république qui a cherché à effacer les différences culturelles (par exemple pendant les colonisaions, la France cherchait à faire assimiler le Français aux populations locales, parfois par la force; les Anglais non). Et nous sommes aussi très fiers de notre culture (il n’y a qu’à voir les programmes scolaires).
En revanche, la réaction des Japonais face au métissage a des causes plus sociales je pense: il y a très peu d’étrangers (le pays a longtemps été fermé), les Half sont à la mode… D’où leur curiosité un peu embarassante parfois pour vérifier la valabilité de leurs clichés (métissée aux jambes longues et parlant anglais etc). Bon, ensuite ce ne sont que des théories d’une ado qui essaie de faire des remarques adultes.
Ceci dit, je ne suis qu’élève pour l’instant, et il ne me serait pas insolite que la vie me montre de nouveaux aspects de la double-culture, désavantageux. Mais quoi qu’il arrive il faudra que je m’adapte parce que le métissage fait et fera partie de mon identité.
N’ayant pas des origines japonaises, je comprends parfaitement ce que tu ressens. Mes parents sont marrocains et je suis né en France. Je ne suis pas marrocains, mais francais cela dit je ne trouve pas chez moi (on va pas parler des blagues racistes qui refletent totalement l’état d’esprit ou encore la difficulté à trouvé de l’emploi). Bref, j’ai décidé de quitter la France, même si la nourriture me manque énormément, pour le Canada…
Bonjour a tous j’aime beaucoup cette article et je me permet de raconter mon vécu entant que franco -japonaise . Je suis fière d’être metisse franco Jap je trouve que cela est une grande forçe . Mais parfois c’est vraie que parfois même si nous somme au 21 eme siècle bcp de préjuger sont encore bien présent . Mon père est français ma mère japonaise mais j’ai eu une éducation française a 100\100 par mon père ma grand-mère . Je me considère comme française mais aussi japonaise . J’ai eu le droit aussi au remarque blessante tching tchong etc …. Et il n’est pas rare qu’on me dise tu n’es pas japonaise et qu’on me prenne pour une arabe ou une américaine du sud ou une femme de l’est ROM . Mais non je suis française et japonaise et fière de l’être . Mais c’est vraie que parfois le regard des gens sont très dure parfois car même au 21 eme siècle on peut voir des gens raciste et c’est bien triste parfois j’en ai lourd sur le coeur mais je suis grâce à mes origine pour ouverte au culture . et je comprend que parfois cela peux renfermé les personnes sensibles . Mais il faut passer au dessus et s’en fiche et que ce n’est pas des gens intéressant les personnes qui traite .c’est eu qui sont pauvre d’esprit .
Je partage l’opinion de Chiyoko san, sans toutefois tomber dans la victimisation. J’ai 29 ans, née en France et suis franco-japonaise à 1/4. Ce qui veut dire que sur 4 de mes grands-parents, l’un est japonais. J’ai vécu entre la France et le Japon ainsi qu’au Canada pour une plus courte période, j’aime à penser avoir acquis une réflexion des moeurs et pensées plus complète et objective. La discrimination, la xénophobie, la jalousie maladive, cette curiosité malsaine qu’exprime une partie du Japon vis a vis des occidentaux-japonais…d’avantage que leurs conséquences, c’est plutôt leurs causes que j ai cherché à connaitre, et soyons honnêtes, le backgroung historique des pays colonialistes que sont la France et les USA, entre autres, a toujours été des plus révoltant et sanglant (je le trouve très en accord avec mes principes de respect de la nature et des êtres vivants mon shintoïsme, alors garde ton christianisme à deux balles F.Xavier). Des siècles se sont écoulés et il m’arrive encore d’être témoin de cette attitude hautaine des étrangers au Japon. Je ne suis ni surprise ni offensée par la réactions Japonaise xénophobes que certains ont eues à mon égard, vous avez le droit de ne pas oublier ce qui s’est passé. là où je diffère encore avec Chiyoko san je pense, tiens dans le fait que je ne me pose pas en victime et que je rends au double, la monnaie de la pièce. Et cela ensoleille toujours mes journées de voir fuir, l égaux entre les jambes, de pauv’type qui n’avaient pas une chance à la base ^^ hahaha. Nous sommes Franco-Japonaise et non pas Japonaises….très grande différence à ne jamais oublier.
J’ai pu constater dans les réponses, pas mal de gens qui suggérer à Chiyoko san de se remettre en question avant de parler. Voila encore un trait de caractère chez les Français qui ne manquera jamais de me faire sourire, cette façon que vous avez de ne jamais vouloir admettre quand vous avez tord et encore moins vous en excuser. J’ai observé que le français est très opportuniste, il n’hésitera en aucun cas à prendre ce qu’il veut sans se soucier des dommages (cf esprit colonisateur), il est de surcroit très arrogant et aime se moquer de tout sans limites. Contrairement au Canadien, qui aura tendance à se tourner en dérision, le français va blaguer sur les blondes, les gros, les déficients mentaux, les victimes de pédophilie, les exilés de guerre…Voila pourquoi je n’ai jamais eu d’affinité avec la majeure partie d’entre eux/elles
REYTAN: je suis d’accords avec votre appréciation de la France les chiffres et sondages sont là mais, ce n’est pas le sujet.
Enfin, je suis Japonaise et Française et inversement. Ma double éthnicité ne m’a jamais posé problème pour la simple et bonne raison que je ne m’en suis jamais servie comme argument ou pour me définir. Mes diplômes, ma profession, mes principes, entre autres, voila ce que je suis avant tout.
Je profite pour poser cette annonce: je recherche des Franco-Japonais (es) et franco-asiatiques à Bordeaux.
contact sakura.lise@hotmail.fr