Space Channel 5

Test Dreamcast

A Noël, tout le monde à entendu parler du mastodonte Shenmue. Cependant, ce n'était pas le seul grand jeu de Sega pour les fêtes de fin d'année. En effet, à ses côtés se trouvait Space Channel 5, un soft certes moins commercial, mais tout aussi intéressant et passionnant.

L'histoire prend place en l'an 2499. Une jeune reporter de la Space Channel 5, nommée Ulala (nom qui lui va comme un gant), est désignée par son chef pour couvrir un événement tragique pour l'humanité tout entière : l'invasion de la Terre par les extra-terrestres (ils auront vraiment mis du temps à venir ceux-là). Elle sera également chargée par la même occasion de sauver la terre de ces envahisseurs.

Ces extra-terrestres, les Mororians, utilisent pour conquérir le monde un pouvoir hypnotique puissant ayant pour effet de faire danser les êtres humains. A vous donc d'être plus malin qu'eux en les pulvérisant à coup de chorégraphies tout au long des quatre grands niveaux qui composent le jeu.

Le but du jeu est simple. Il suffit de terminer le niveau avec un certain pourcentage de réussite qui augmente (difficilement) ou diminue (très rapidement) selon vos performances. Le gameplay est scindé en deux parties : le Dance mode et le Shooting mode.
Dans le premier mode, vous vous retrouvez en compétition avec des Mororians ayant pris des humains en otage. Vous devez reproduire, parfaitement dans le rythme, la chorégraphie dictée par les Mororians (par exemple : up, down, left, right, shoot, shoot, shoot). Cela peut paraître facile, mais vous n'avez droit qu'à un nombre limité d'erreurs (représentés par des coeurs en haut à gauche de l'écran) et si tous vos cœurs sont épuisés, vous pouvez dire au revoir aux otages et votre pourcentage de réussite sera sévèrement diminué. Ce système est également utilisé chez les boss, mais à ce moment là c'est le Game Over qui vous attend si vous dépassez votre quota imposé d'erreurs.
Dans le second mode, vous utilisez vos deux beaux pistolets bleu "plastique", pour tuer du Mororian ou délivrer les humains. Si le but est toujours de reproduire en rythme les commandes dictées à l'écran, il faut cependant faire attention, cette fois, à utiliser le bon pistolet sur la bonne personne (A pour tuer, B pour sauver), car si vous tuez un humain ou sauvez un Mororian, vous allez également être sanctionné sur le pourcentage de réussite.
L'intérêt de délivrer les humains, outre le fait que si on n'en délivre pas, on ne passe pas le niveau, vient du fait qu'ils vous suivent et exécutent la même chorégraphie que vous, un peu comme dans les clips de Michael Jackson. Et en parlant de Michael Jackson, il est lui aussi sous l'emprise des Mororians et il vous faudra le délivrer à un certain moment du jeu.

Graphiquement, le jeu est très beau. Les décors sont constitués de films en image de synthèse sur lesquels les personnages évoluent en 3D. De ce fait, le parcours d'Ulala et de ses danseurs se fait automatiquement entre les séquences de shoot et de danse. Si ce procédé permet d'utiliser des décors avec beaucoup de mouvements, on peut tout de même remarquer un découpage entre les persos et le décor, vu que les persos sont très nets, alors que les décors, à cause de la qualité de compression vidéo très bonne, mais pas excellente, sont un tout petit peu flous. Le design général est tendance années 60, avec des décors très colorés, voir même parfois psychédéliques. Cela fait beaucoup penser à Austin Powers.
L'animation est elle aussi de très bonne facture. Les chorégraphies sont sublimes (vive la motion capture) et très variées. Le jeu est très fluide même si on dénote tout de même quelques légers ralentissements quand l'écran est trop chargé, mais rien de bien grave.
Mais le principal dans un rythm game reste la musique, et croyez-moi, elle est divine. Egalement tendance années 60, il vous faudra l'entendre une seule fois pour qu'elle reste à jamais gravée dans votre mémoire. La qualité de l'enregistrement est telle que l'on peut facilement reconnaître chaque instrument utilisé.
Enfin, la jouabilité est simple et précise, mais difficile à dompter vu qu'il faut avoir un sens du rythme d'enfer pour pouvoir avancer dans la jeu. Si on effectue la commande un centième de seconde trop tôt ou trop tard, c'est foutu.

Tout comme Shenmue, ce jeu est une bombe. De plus, gage de qualité, il est l'œuvre du papa de Sega Rally. Vraiment, on prend un total plaisir à faire bouger Ulala qui répond au doigt et à l'œil. Le design peut certes surprendre au début, mais on s'attache vite à cet univers haut en couleurs et on en vient presque à le regretter une fois le jeu fini. Et c'est là que se situe le gros point faible du jeu. Il n'y a que quatre niveaux, et bien qu'ils soient grands, on en a tout de même vite fait le tour. D'une traite, on finit le jeu en environ 1 heure 30. Cela dit, vu sa difficulté, je doute que quelqu'un le finisse totalement du premier coup. Il vous scotchera donc quand même une bonne dizaine d'heures, surtout qu'une fois le jeu fini, on peut le recommencer en mode "Extra". Dans ce mode on refait les mêmes niveaux, mais en suivant un autre parcours, bien plus dur que le parcours normal. Un autre petit regret, c'est que l'on ne puisse pas jouer à deux. Ca aurait pu être super fun.

Malgré quelques défauts minimes, ce jeu éclate tout ce qui se fait en matière de rythm game sans accessoire et je le recommande vivement à tous les fans de jeux vidéo, toujours prêts à toucher à quelque chose de différent.

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