Final Fantasy X-2

What can I do for you ?

Et bien pas grand chose, ma pauvre Yuna. Toi, la jeune fille timide qui avançait avec une admirable sérénité vers l'abattoir dans Final Fantasy X, te voilà tombée bien bas pour satisfaire les désirs d'argent facile d'un Squaresoft d'avant fusion, encore fragilisé par sa désastreuse aventure cinématographique et prêt à tout, même à commettre l'ultime blasphème de donner une suite directe à un Final Fantasy, pour se remettre à flot financièrement.

D'entrée, tu te trémousses sur scène avec un fond un pathétique air de J-Pop, comme si depuis l'éradication de Sin, tu avais fait ou la Star Ac', ou les trottoirs tous les soirs. Bien sûr, les scénaristes auront vite su trouver une parade pour justifier cet excès. Ce qui ne t'empêche pas toutefois de te lancer dans une aventure où la niaiserie est le maître mot avec tes deux grandes copines. Enfin, disons plutôt ta copine, Rikku, blondinette fausse shibuyette et ses deux neurones, qui passe son temps à sautiller ; l'autre, Paine, ayant été parachutée là sans trop savoir pourquoi. Sans doute pour remplacer l'absence de Lulu, clouée au lit par une grossesse qui n'aura toutefois pas justifié l'ajout d'un petit ventre à son modèle 3D.

Le voilà donc, le beau trio. La fille froide, la fofolle au QI d'huître et la fausse timide qui perd bien vite ses inhibitions, en route pour retrouver le boyfriend de la dernière. Quel scénario épique pour un RPG ! Vraiment, Square, tu t'es démené sur ce coup-là. Et dans cette quête pas initiatique du tout, le trio de choc et paraît-il de charme est assisté (ou plutôt assistera) tout une bande d'Al-Bheds toujours autant bizarres, sous le "commandement" de cette grande folle qu'est le frangin de Rikku.

Le casting pathétique ne s'arrête bien sûr pas là, puisque toute une palette de personnages au look parfois des plus étranges fait son entrée dans ce Final Fantasy pour les filles. C'est le cas, entre autre, de la poufiasse Leblanc et sa clique, bande rivale dénuée de charisme de Yuna. Vêtue d'un costume rose que ne renierait pas la plus hystérique des Drag Queen, et accompagnée, pour "gardes du corps" d'un grand méchant asiatique au visage autant tiré que les rides de Cher et d'un petit gros gras laid, ce trio tentera donc de mettre des bâtons des les roues à notre chère héroïne dévergondée, avant de finir inévitablement dans des situations d'échec ridicules. Bref, le genre de rivaux dont tous les héros de grands RPG auraient rêvés…

En dehors de cela, le jeu reprend le moteur de FFX, les lieux de FFX, ce qui engendre ainsi une sensation de déjà vu omniprésente. De plus, le moteur visuel a vieilli. Certes, le jeu n'est pas moche, mais au jour d'aujourd'hui, on pourrait faire plus propre. Parce que qu'est-ce qu'il aliase, le FFX-2.

Je suis méchant, je sais, mais que voulez-vous, l'emballage à tout d'un produit conçu pour les jeunes japonaises pas très fut-fut, genre ce qu'on peut trouver sans trop de difficulté à Shibuya. Et quand ceci porte le nom de Final Fantasy, quelque part, ça fait quand même mal.

Malgré tout, il faut reconnaître que le jeu offre un système de combat intéressant, avec le très kitsch système de vétisphères. Bien sûr, c'est ridicule. Bien sûr, ça n'a aucun sérieux et ça fait tache dans une saga aussi prestigieuse, mais en même temps, c'est frais, et les transformations sont sympathiques.

De plus, le jeu s'articule autour d'un système de mission, ce qui rend le déroulement largement moins dirigiste que celui de Final Fantasy X. Mais en même temps, cette liberté se ressent au niveau du scénario, qui n'a aucune richesse, et parfois pas vraiment de sens.

Bref, ce RPG "soirée cosplay entre filles", comme j'aime l'appeler, n'est pas fondamentalement mauvais. Il n'est pas désagréable visuellement, le système de combat est intéressant et sa non linéarité évite l'ennui du joueur. Toutefois, à côté, il faut reconnaître que l'ambiance est TRES spéciale, orienté adolescente japonaise, et ne sera pas du goût de tout le monde. Parce que la niaiserie ambiante, il faut vraiment aimer pour ne pas s'en lasser rapidement. Et qu'un jeu pareil porte le nom de Final Fantasy fait également mal à ceux qui attendent de cette saga des jeux un peu plus ambitieux que cela. Mais n'oublions pas que chaque Final Fantasy est différent, et en ce sens, ce FFX-2 mérite tout à fait sa place aux côtés de ses prédécesseurs et futurs successeurs. Même s'il est clair que ce X-2 sent l'argent facile à plein nez. Square a entaché sa réputation auprès des joueurs, mais auprès de leur banquier, c'est clairement "Mission : Complete".

La honte de Square

L'avis de Gael

Comme beaucoup de joueurs expérimentés, cela fait plusieurs épisodes de Final Fantasy pour lesquels je n'ai pas beaucoup de sympathie. Mais il faut avouer que ce FFX-2 dépasse les bornes. Hormis le fait que Square réinvente derrière des raisons mercantiles, pour titrer cet opus, la numérotation internationale, il faut se rendre à l'évidence : l'épisode X-2 achève de faire perdre à la série tout son essence. C'est bien simple, le jeu n'aura plus de Final Fantasy que le nom et un système de combat qui peine encore à se renouveler. L'on se retrouve alors devant non plus un manichéisme terrifiant de simplicité, ni devant un soap désopilant de ridicule, mais face à un mélange malhabile entre j-pop "idolisée" et faux esprit John Woo à la dérive. Soyez prévenus : FFX-2 risque une fois encore de casser de l'icône sur un semblant de scénario gribouillé par des auteurs en perte de vitesse, plus occupés à inventer des naïades (qui contribueront par-là même au gros des ventes) qu'à plancher sur un scénario à la hauteur des attentes. Le plus triste dans l'histoire ? Les ventes écoeurantes que réalisera cet épisode, puis l'annonce prochaine d'un FFX-3. Déprimant.

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