Shadow of Memories

Shadow of Memories a toujours été annoncé comme un hit. Nouveau jeu de l'équipe de Silent Hill, il faisait partie des jeux que j'attendais le plus sur PS2. Je l'attendais tellement d'ailleurs que, malgré les critiques négatives à son sujet, je n'ai pu m'empêcher de me plonger dans l'ambiance froide des rues de Lebensbaum. Et force est de constater que je n'ai pas été déçu.

Une fois le jeu lancé, on nous annonce déjà la couleur. Une brève introduction en 3D temps réel agrémentée d'un effet "dessin à la main" et accompagnée d'une musique inquiétante nous plonge directement dans l'atmosphère particulière du titre de Konami.

Après avoir appuyé sur Start, on se retrouve plongé dans une petite ville allemande complètement perdue comme il en existe beaucoup. Le héros, Eike Kusch, sort tranquillement d'un café et marche dans la rue, sans se soucier du triste sort qui l'attend. Car oui, quelques minutes plus tard, Eike sera assassiné d'un coup de couteau dans le dos. Mais alors que le jeu aurait pu s'arrêter là (ça aurait été un peu léger, il faut le reconnaître), Eike va, dans la mort, entendre une voix mystérieuse qui lui proposera de revenir à la vie et faire en sorte d'éviter sa mort. Après une petite réflexion Eike accepte et le jeu peut enfin commencer.

Dès les premières minutes, on est frappé par la beauté du titre. Que ce soit pour la modélisation des personnages ou pour la représentation de la ville, on est presque étonné de voir enfin un jeu techniquement de qualité sur PS2 (chose assez rare pour être soulignée). Malheureusement, on aurait vraiment pu s'y croire si il n'y avait pas ces petits problèmes d'aliasing qui, une fois encore, se font assez présents. Mais bon, on ne va pas se plaindre, car sur PS2, on a vu bien pire. Les intérieurs font aussi partie des plus beaux jamais vus sur console. Le soucis du détail est vraiment très présent du début à la fin du titre. On sent vraiment que l'équipe a fait un énorme travail de recherche. De plus, les couleurs sont différentes à chaque époque. Par exemple, le jeu est en noir et blanc lorsque l'on est en 1902 et dans les dégradés de bruns en 1580. Et dans ces époques là, Eike garde ses couleurs d'origine, ce qui donne un contraste assez amusant.

Eike se déplace avec facilité dans les rues de Lebensbaum. On utilise le stick pour se mouvoir, il y a un bouton d'action, un bouton pour afficher l'inventaire et un bouton pour passer en vue subjective. Rien de plus simple donc. Malheureusement, si la jouabilité est aisée, le résultat sur le personnage à l'écran est parfois étrange. D'une, les mouvement de Eike sont retranscrits de manière trop raide. D'autre part, il y a parfois quelques bugs au niveau de l'environnement. Ainsi, de temps à autre, il butte sur des obstacles invisible. Ce n'est certes pas trop grave, mais ça enlève un peu de réalisme du jeu.

Côté gameplay, bien que le jeu soit le fruit d'une partie de l'équipe de Silent Hill, il ne faut pas s'attendre à un Survival Horror, ni même à un jeu où l'action à une part importante. Comme l'a dit la scénariste, c'est avant tout une "Digital Novel". Ainsi, on passe plus de temps à contempler de longues et belles séquences cinématiques en 3D temps réel, plutôt qu'à explorer les rues de Lebensbaum. Un principe qui ne plaira malheureusement pas à tout le monde. Mais le jeu à au moins le mérite d'être simple à comprendre. On voit une cinématique nous montrant la mort du héros, on revient à la vie, on cherche les causes de la mort et la manière de l'éviter et une cinématique confirme que le pire n'est pas passé loin. Simple, mais efficace.

Le scénario est donc très travaillé. Au début du jeu, Eike reçoit un "Digipad", un objet servant à voyager dans le temps. Si au début du jeu, le fait d'aller en 1580 pour éviter sa mort vous paraîtra un peu floue, au fil des chapitres, en même temps que le scénario se dévoile, ces voyages auront une signification bien précise. Ainsi, on en apprendra plus sur les motivations de l'Humonculus (la voix du début), les origines de Eike, le lien entre lui et les différentes époques visitées et surtout, les causes de se morts répétées.

Lors des cinématiques (toutes en 3D temps réel, pas d'image de synthèse), la mise en scène est vraiment soignée. On se croirait vraiment dans un film. De plus une importance toute particulière est donnée aux expressions des personnages. Ainsi, malgré les couleurs froides de l'ensemble, les personnages sont si expressifs, qu'ils paraissent parfois vivants. Ils ont des attitudes très réalistes et dans ces séquences, les problèmes d'animations que l'on peut retrouver sur Eike lors des phases de recherche ne sont pas présents. Au vu de leur qualité, les cinématiques se laissent regarder avec grand plaisir.

D'un point de vue sonore, Shadow of Memories se défend assez bien. La bande son, bien que discrète, est toujours adaptée à la situation et est agréable à écouter. Les thèmes ne sont certes pas inoubliables, mais ils complètent bien les différentes scènes. Le gros du travail a été fait sur le doublage des personnages. Tous les dialogues sont doublés en anglais, et même si certaines voix manquent un peu de conviction, l'ensemble est de très bonne facture. De plus, les voix parfaitement synchronisées aux mouvements des lèvres, ce qui accentue le réalisme du titre.

Si jusqu'ici le tableau peut sembler idyllique, Shadow of Memories est malheureusement victime d'un gros défaut. Le jeu est beaucoup trop court. Il ne faut que 4 ou 5 heures pour finir le titre. Mais même si en apparence cela peut paraître bien court, le jeu propose cinq fins différentes qui donnent chacune un regard différent sur l'histoire du jeu. Ainsi, si l'on a accroché au titre, on le refait facilement pour en savoir plus sur les différents protagonistes du jeu. De plus, il y a un petit scénario bonus, appelé EX mode et ayant 2 fins différentes qui se débloque une fois que toutes les fins ont été visionnées. Il y a donc tout de même beaucoup à faire, pour peu, une fois encore, que l'on ait accroché au concept.

Pour conclure, je dois dire que Shadow of Memories est un très bon titre avec un scénario bien ficelé, une ambiance soignée et une réalisation de haut niveau. Bien sûr, le concept du titre ne plaira pas à tout le monde et j'en connais beaucoup qui seront déçus par le manque d'action tout au long de la course contre la mort de Eike. Mais pour peu que l'on s'investisse un peu dans le scénario, on prend vite goût au jeu et l'intérêt pour les divers dénouements grandit très vite. Une expérience ludique différente, mais vraiment passionnante.

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