La presse spécialisée dans le jeu vidéo peine à accorder ses violons au sujet d’Otogi. Pour certains testeurs, il s’agit d’un chef-d’œuvre passé inaperçu ; pour d’autres, ce n’est qu’un banal jeu d’action bourré de défauts. Et même si c’est Sega qui s’occupe de l’édition, la patte From Software, et ses problèmes récurrents de rythme et de gameplay, n’a pas de quoi rassurer.

Les premières minutes se sont révélées plus réjouissantes que j’aurais pu le penser. Otogi distille immédiatement une ambiance caractéristique, très mystique et inspirée des théâtres traditionnels japonais. Techniquement, le jeu n’est pas superbe mais use avec intelligence d’effets de lumière, d’ombres et de brume pour offrir un ensemble cohérent, stylé et agréable aux mirettes. L’atmosphère qui se dégage des parties, renforcée par une bande sonore souvent superbe, se présente rapidement comme décalée par rapport à beaucoup de productions récentes, et ce n’est que pour le meilleur. Toutefois, Otogi peine à masquer des défauts importants qui entachent un joli tableau.

La plupart de ces défauts n’étonnent pas de la part de From Software. La jouabilité, principalement, collectionne les poids morts. En effet, a priori axée beat’em all, elle s’avère vite extrêmement castratrice. Les niveaux sont presque plus axés sur la recherche d’artefacts, avec en épée de Damoclès un compte à rebours inexorable, à peine retardé par l’étripage redondant des ennemis. Le gameplay limité devient vite très répétitif. Et si d’aucuns adorent « combotter » à 300 hits, je me lasse vite de bourriner comme un abruti en voyant mon personnage faire tout le temps la même chose, pour ensuite attendre un quart d’heure qu’il veuille bien atterrir.

Avec son gameplay au croisement des Onimusha, des Shinobi dernière génération et de Gun Valkyrie, Otogi n’a pas su réaliser une synthèse efficace de leurs qualités. Outre des combos pour le moins limités, les caméras très lentes s’avèrent vite un enfer pour le plaisir de jeu. D’autant que le système de lock est tout sauf efficace, puisque la caméra suit très mal l’ennemi attrapé, et qu’elle fonctionne sur un axe horizontal mais non vertical. Et lorsque l’on s’aperçoit que les nombreux combats du jeu se déroulent le plus souvent dans les airs, beaucoup d’espoirs, eux, retombent.

Otogi est le type même de jeu qui a tout basé sur l’ambiance. Sur ce plan, indéniablement, c’est réussi. Mais dès que la manette arrive entre les mains du joueur, la catastrophe est palpable. From Software a encore beaucoup de boulot.

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