Blinx : The Time Sweeper

De lourdes ambitions reposaient sur les frêles épaules du petit chat créé par Artoon. À sa sortie, il devait enfin satisfaire les fanatiques de la plate-forme frustrés par sa cruelle absence sur Xbox, révolutionner le genre et nous faire oublier Mario, Rayman, Sonic, Jak et compagnie. Sans parler du fait qu'en tant que production japonaise, il devait encore susciter de l'intérêt auprès du public nippon pour la machine de Microsoft.

Côté plate-forme, on repassera. Si Blinx se joue comme un jeu de ce genre, force est de constater que de par le level design simpliste et le gameplay, il répondra plus au titre de jeu d'action que vrai jeu de plate-forme. Pour ce qui est de révolutionner le genre, soit, il réussit quelque chose. Son système de gestion du temps façon magnétoscope est une idée tout simplement brillante. Tellement brillante que forcément, quand on constate qu'elle n'est malheureusement pas mise en forme comme il le devrait, ça déçoit plus.

Car le contrôle du temps est limité. Il faut récupérer trois cristaux similaires pour gagner une option de contrôle du temps, et l'on ne peut en stocker qu'un nombre limité également. Du coup, il arrive parfois que l'on se trouve à un stade du niveau où il nous faudrait par exemple un "rec", et qu'on ne trouvepas trois cristaux correspondants. Obligation donc de refaire le niveau, ce qui est franchement très frustrant.

De même, pour valider un niveau, il faut se contenter de tuer tous les ennemis en aspirant des objets et en les rejetant dessus, avant de trouver la sortie. Stimulant, non ? Et le tout dans un temps limité, sinon, là aussi, il faudra tout recommencer.

Quant au fait de nous faire oublier les standards passés et présents de la plate-forme, Blinx échoue une fois encore misérablement. Rien que le héros, ce petit chat aux yeux vert fluo peine à se montrer attachant. Et les ennemis et environnements graphiques sont encore plus pathétiques. Tout est déjà-vu et revu, et au final, le manque flagrant de personnalité enfonce le peu qu'il restait à enfoncer. Alors pour ce qui est de l'intérêt des Japonais, inutile de s'attarder sur ce point-là.

Doté d'une réalisation graphique banale (donc propre, sans impressionner) pour une Xbox, d'une jouabilité confortable et d'une durée de vie honnête, Blinx aurait pu être une bonne surprise si l'essence de son gameplay avait été mieux pensée, et si l'univers mieux travaillé. Premier essai manqué donc, pour Artoon et Microsoft. Et tellement manqué qu'il ne donne guère envie de songer à se lancer dans Blinx 2.

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