L'obsession des Japonaises pour le teint clair

De nombreux voyageurs au Japon l'auront sans doute remarqué lors de séjours en fin de printemps et particulièrement sous le soleil de plomb estival : les Japonaises semblent fuir ses rayons UV comme la peste et n'hésitent pas pour cela à utiliser un arsenal plus ou moins sophistiqué. On découvre ainsi une gamme d'accessoires variés allant des inévitables ombrelles aux gants couvrant parfois jusqu'aux épaules, en passant par de larges casquettes à visière fumées proches du casque de Dark Vador (étonnant apanage des femmes plus âgées) voire des voiles parfois proches du niqab.

L'Europe occidentale a longtemps connu cette crainte au cours de son histoire. Dès le Xe siècle, les aristocrates cherchaient à tout prix à conserver leur peau blanche quitte à forcer le trait avec une gamme cosmétique aux effets néfastes, pour se démarquer de la classe paysanne bronzée par de longues heures de travail sous le soleil. Sous Louis XV, même les hommes se maquillaient le visage de blanc. Sa pâleur est restée souvent signe de noblesse jusqu'à la révolution industrielle où les travailleurs migrèrent des champs aux usines fermées. Le bronzage est alors devenu synonyme de richesse via l'oisiveté et les loisirs de plein air ainsi permis, et s'est d'ailleurs ancré depuis comme tel.

Au Japon et malgré les plaisirs des plages évidents permis par les dizaines de milliers de kilomètres de côtes, la recherche du teint laiteux assise dès l'époque de Nara (VIIIe) est restée prégnante. Pendant les longs siècles qui ont suivi, se maquiller la peau avec un blanc très pur (une méthode que l'on rapproche volontiers des Geisha) montrait le signe d'une appartenance à l'aristocratie. On a pu également le souligner avec un maquillage d'un rouge très marqué sur les lèvres, en plus du contraste fort créé logiquement par la noirceur naturelle (ou renforcée) de la chevelure nipponne.

La tendance porcelaine est peu à peu tombée en désuétude au cours du XXe siècle, en particulier après-guerre avec la prépondérance de styles plus à l'occidentale (déclinaisons des couleurs chair) proposés par une culture de l'image appuyée par les sociétés cosmétiques telles que Shiseido. Hormis une courte parenthèse gyaru, ces jeunes femmes péroxydées au goût parfois douteux, les Japonaises sont donc dans leur ensemble restées fidèles à cette attrait minimaliste tirant vers l'éthéré. On parle ainsi volontiers de 美白 bihaku, littéralement "la beauté blanche". Cela concerne principalement les femmes ; les hommes étant largement moins concernés par cette recherche.

Les dermatologues s'en voient ravis : éviter l'abus de soleil s'avère par nature le meilleur comportement à adopter pour prévenir les dégradation de la peau. Seuls les habitants d'Okinawa, à la pigmentation bronzée par des siècles d'une vie plus tropicale, sauraient faire mentir cette habitude.

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