GameFAN : critique du #1

Lorsque les amoureux de la baston 2D annoncent qu'ils vont transformer leur cher et (trop ?) ciblé Arkadia en un magazine de jeu vidéo d'import, on espère plus que du travail d'un porc. Et cela commence par le choix du nom de magazine, Game Fan, repris d'un magazine américain de qualité, publié il y a de cela des années. Leur affaire ne commence pas de la plus belle des manières...

Game Fan n'a, de prime abord, aucun intérêt esthétique. Cela commence par les choix de papier, à l'intérieur (qui rappelle du papier toilette, bien que moins rose) comme à l'extérieur (à peine moins fin). La reliure ? Oubliez ! Deux petites agrafes fatiguées par le poids de pages 23x30cm, malgré seulement une centaine de pages, et l'affaire est dans le sac. C'est à peine si les premiers Player One n'étaient pas plus solides et moins transparents.

Et ce n'est pas la couverture qui va rattraper cette première mauvaise impression, exposant un artwork de fan d'assez mauvais goût, quoique plutôt bien réalisé, entouré d'accroches textuelles non seulement peu attractives (on ne vend pas un premier numéro avec le reportage E3 que toute la concurrence assise propose, et encore moins avec de l'Atomiswave, que seuls les passionnés connaissent) mais aussi très pauvrement réalisées.

En ouvrant Game Fan, les déceptions continuent. La mise en page, d'abord, rappelle furieusement les débuts de Consoles News. Mais si, vous savez, le plus que mauvais magazine des productions FJM qui a contribué à asseoir leur hégémonie destructrice. Alors quand les pages transparentes de Game Fan arborent une maquette d'outre-âge, fond blanc et texte peu lisible et inintéressant, on a comme un malaise à les tourner.

Le fait est que Game Fan a le cul entre deux chaises, comme les interventions de son rédacteur en chef (Guillaume Dorison alias Asenka) le laissent transparaître autant dans son propre magazine que sur un gros forum francophone de jeux vidéo. Game Fan a des questions importantes à se poser s'il ne veut pas, au choix, suivre la voie de Gaming et précédents, ou au contraire celle des magazines FJM. L'une comme l'autre des situations n'ayant rien de bien prestigieux.

En lisant Game Fan, j'ai l'impression de m'embourber dans une série de paradoxes abyssaux : celui de tirer un mag' à soixante mille exemplaires en faisant toujours du fanzine dans sa mise en page et ses textes ; celui de prendre la décision de s'adresser au grand public en accrochant sa couverture sur des titres de rubriques sibyllines comme "Warp Revolution", "Techno Bazar", "Garbage Factory", pour des écrits pas moins abscons et lourds ; etc.

De manière plus pragmatique, le magazine semble assez utopiste voire illusoire. Hormis le démarrage en trombe à un tel nombre d'exemplaires, c'est à dire pas si loin des poids lourds de longue date tels que Consoles+ et Joypad, quoi que l'on puisse en dire, il n'y a que sept pour cent de publicités pour un magazine qui est vendu moins de 4€ en prix disaient-ils définitif, et ce malgré la centaine de pages. Financièrement, est-ce bien viable pour les épaules de "Japan Culture Press" ?

Game Fan a du boulot, beaucoup de boulot pour arriver à réhausser le niveau de la presse jeux vidéo qui n'a cessé de s'embourber depuis des années. Quelques changements notables (notamment dans sa maquette, et son prix...) sont à prévoir pour le deuxième numéro, mais il reste encore un sacré chemin avant d'arriver à quelque chose de lisible, cohérent et peut-être surtout intéressant. Il y a trop du fanzine réalisé entre potes ados pour le considérer comme une relève ou une alternative.

Toutefois, rien que la bonne volonté de ces petits gars remonterait presque le niveau. Alors souhaitons-leur bonne chance pour tous les efforts qui leur reste à fournir, et laissons-leur quelques numéros avant d'arrêter nos avis qui ne sont, vous l'aurez compris, pour l'instant pas des plus approbateurs.

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