Wonderful Days

Sky Blue

Récent fer de lance de la nouvelle animation coréenne, Wonderful Days a bénéficié de l'impact de sa sortie du 17 juillet de cette année en Corée pour se forger une rapide et solide réputation. On lui prêtait une animation impeccable et un scénario de qualité ; il ne les a pas volés et mérite amplement les éloges que lui fait régulièrement la presse internationale, bien avant une sortie dans les salles françaises prévue pour le milieu de l'année 2004.

Sur un fond très fort d'intérêts écologiques toujours très chers à l'animation asiatique, Wonderful Days met en scène un triangle amoureux au lourd passé, la jeune femme étant tiraillée par deux hommes ennemis. Rien de très original, il est vrai, mais le brio de la mise en scène, ainsi que l'intensité et la sincérité des émotions traduites relèvent sans problème cette petite lacune de départ. Si le scénario ne révèle, ainsi, aucun thème inédit flagrant, il évite plutôt habilement les clichés et s'engouffre dans des poncifs qu'il traite avec une légèreté touchante. Rien de surfait, de grossier, d'inélégant ou de déplacé, tout est pondéré et distillé avec harmonie. A ce titre, la bande sonore ne viendra perturber la pureté visuelle que lors de rares passages, accompagnant tout en finesse et en délicatesse.

Techniquement, les Coréens de chez Tin House ont frappé très fort avec un mélange très réussi d'animation traditionnelle au celluloïd et de technique numérique grâce à l'utilisation de la 3D. Les onze millions de dollars et les cinq années investis dans l'ouvrage auront mené à un résultat de grande qualité. Fait suffisamment rare pour être souligné et félicité : l'intégration de l'un dans l'autre se fait sans heurts et cela ne tranche que rarement. Ainsi, les personnages peuvent se mouvoir dans cet univers étrangement cohérent et onirique. Toutefois, si le design des trois protagonistes s'avère assez réussi (bien que Jay ressemble étrangement à Mayumi de Ao no Roku Go), les personnages secondaires semblent un peu caricaturaux, et donc vus et revus. De même, l'accent est tellement porté sur l'animation numérique que les passages traditionnels en 2D montrent parfois quelques lacunes, en particulier dans les déplacements des personnages.

Mais Wonderful Days est avant tout l'étalage d'une histoire onirique et de très belles couleurs qui feront rêver le spectateur. Si le film n'a rien de très original ou inédit, il a le mérite de faire passer un bon moment et de flatter la rétine grâce à une mise en scène de qualité, une maîtrise des décors très impressionnante et une piste sonore exceptionnelle.

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