RoadTrip1

Comment transformer son inquiétude en souvenir inoubliable

Il y a quelque chose que je remarque assez régulièrement lorsque je parcours le web, et en particulier Kanpai. Que ce soit dans Kotaete ou les commentaires des centaines d’articles du site, on voit régulièrement des passionnés, comme vous et moi, hésitants et inquiets pour leur premier voyage au Japon. A ceux-là j’ai envie de dire … Pas de panique ! Rêvez, voyagez et profitez de l’instant autant que vous le pouvez ! Qui plus est lorsque vous partez seul vers l’inconnu.

Bah ! Qu’importe. Pour rien au monde je ne regrette d’avoir sauté le pas car au bout du compte, vous ferez d’extraordinaires rencontres au détour d’une avenue ou dans d’atypiques restaurants. Je vais vous raconter ma propre expérience, celle d’un gaijin perdu au détour d’une rue d’Asakusa …

Ma première nuit au vient de se passer. Un peu fatigué par le décalage horaire, je sors avec ma valise de mon hôtel réservé pour la nuit à Tokyo, dans le quartier « traditionnel » d’Asakusa. Il est 8 h et, tout émerveillé par ce dimanche, je réalise seulement où je me trouve et m’apprête à rejoindre la station de métro la plus proche pour me diriger vers la gare centrale de Tokyo ; là où m’attends mon Shinkansen pour Kyoto.

Au détour d’une rue, tout juste sorti de l’hôtel, un vieux monsieur d’une soixantaine d’années (peut être soixante-dix ?) me rejoint et fait un petit bout de chemin avec moi. Il me parle sans que je m’y attende, on discute et on échange avec les quelques mots de japonais que je connais. Il me parle des femmes japonaises et me lance un clin d’œil en me disant que j’aurai du succès. Je ris et le salue alors que l’on se sépare à un croisement. C’était ma première rencontre, la première d’une longue liste qui commence avec un drôle de monsieur (je me plais à penser que c’est un vieux tombeur et coureur de jupons).

Malheureusement pour moi, alors que je rêvassais, j’arrive à me perdre. Oui, j’avais pourtant mon plan dans les mains mais que voulez-vous, j’ai un sens de l’orientation assez médiocre.

Peu importe me dis-je, j’ai encore du temps devant moi. « Hey .. ! ». Je regarde mon plan, absorbé dans ma lecture. « Hey … ! » Tiens, c’est à moi qu’on parle ? Je me tourne et vois débarquer un vieil homme (encore!) qui me fait signe et disparait derrière un immeuble. Quelques secondes plus tard, il revient avec une jeune Chinoise (Je ne le saurais que plus tard, elle s’appelait Rita) aussi étonnée que moi. On discute en anglais et ils me proposent de l’aide. Visiblement, le « petit vieux » a très envie de m’aider et très vite, ils m’emmènent un peu plus loin, vers une petite voiture japonaise à 6 places avec laquelle ils comptent m’emmener à Akihabara.

A l’intérieur nous retrouvons deux autres jeunes chinois à peine plus jeunes que moi (mais tout aussi étonnés que leur amie). On discute, on papote et je leur raconte mon périple. Le petit vieux (Tadayoishi-san ; ça aussi je ne le saurais que plus tard) semble tout excité alors que Rita lui traduit mes paroles. Ni une, ni deux, ils me disent qu’ils ne font que passer à Akihabara pour quelques courses dominicales et repartent ensuite à Shizuoka, une petite ville située sur le chemin de Kyoto, relativement loin de Tokyo.

Et me voilà donc embarqué à bord d’une petite voiture japonaise, accompagné de trois étudiants chinois de Shizuoka et de leur tuteur, tout aussi ravis que moi d’avoir de la compagnie. On déjeune, on s’arrête pour contempler l’océan en dégustant des friandises japonaises et on contemple Fuji-san du haut des collines de Shizuoka, noyée d’oranges mûres et de verdure.

Toute cette journée de dimanche ne saurait être fidèlement retranscrite à travers mes mots. Des senteurs, des couleurs et même un pincement au cœur alors que nous nous séparons à la gare de Shizuoka.

Rien ne saurait vraiment retranscrire le sentiment de sécurité qui règne là-bas, la gentillesse des japonais une fois les premiers mots échangés et surtout, les rires.

Sans l’ombre d’un doute, ce fut pour moi l’un de mes plus beaux souvenirs de voyage, si ce n’est le plus beau. Et c’est à travers cette courte anecdote que je tenais à vous dire, vous, qui hésitez encore à voyager au Japon : Allez-y ! Sautez le pas, prenez vos billets, et allez-y ! Car s’il y a bien une chose que je souhaite à tout un chacun, c’est de vivre ce que j’ai vécu là bas,

Sur ce, à très bientôt j’espère !


Cet article est proposé par la communauté des membres Kanpai dans le cadre du module Kakikomi. Il ne reflète pas nécessairement le point de vue de la rédaction de Kanpai.
Par shiroi Dernière mise à jour le 20 novembre 2014